Le G.I. Face à la 6e armée Panzer: Ouvrage de référence sur la Deuxième Guerre Mondiale
Par Henri Castor
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À propos de ce livre électronique
Si la ville de Bastogne et le fameux Nuts de McAuliffe symbolisent la résistance américaine lors de l’offensive allemande dans les Ardennes en décembre 1944, on ne peut oublier les combats acharnés livrés par les troupes américaines à Stavelot et dans la vallée de l’Amblève contre la fameuse 1re SS Panzer Division Leibstandarte Adolf Hitler (LAH) qui s’était vu confier la mission d’atteindre la première la Meuse. L’ouvrage relate les événements survenus tout au long de la progression de la division blindée de Stadtkyll en Allemagne jusqu’à Stoumont dans la vallée de l’Amblève. Il s’attache à décrire et à essayer d’expliquer les manquements et les erreurs commises lors de la conduite des opérations par certains états-majors et commandants d’unités tant du côté américain que du côté allemand. Il rappelle aussi les crimes horribles commis par les hommes de la LAH.
L'auteur nous livre dans cet ouvrage de référence, un travail richement documenté sur l'histoire militaire belge de la Seconde Guerre mondiale.
A PROPOS DE L'AUTEUR
Henri Castor fut officier de renseignements de l'armée belge à la fin des années 1940 et au début des années 1950. Sa carrière militaire l'amène à devenir en 1991 attaché du cabinet du Ministère de la Défense nationale. Henri Castor a un intérêt prononcé pour la Seconde Guerre mondiale, et en particulier pour la bataille des Ardennes.
EXTRAIT
Si, sur la ligne de front, les lignes téléphoniques et les radios souffrirent énormément des bombardements allemands à l'aube du 16 décembre, les unités se trouvant légèrement à l'arrière disposaient encore de leurs moyens de communication, de téléphones civils, de radios, d'estafettes ; de plus, il devait leur sembler, au vu des troupes qui se repliaient, des réfugiés qui s'enfuyaient, que des événements graves se déroulaient sur la ligne de front.
La lenteur de la réaction de l'état-major de la Ière armée du général Hodges, installé à Spa, à quelques kilomètres des villes de Malmedy et de Stavelot, reste inexplicable alors qu'on y avait déjà appris le massacre des prisonniers américains à Baugné le 17 décembre à 14 heures et, quelques minutes plus tard, la fuite du général Timberlake de Ligneuville devant les blindés allemands.
Malgré cela, c'est dans la nuit du 17 au 18 décembre, à la veille du troisième jour d'offensive, qu'une faible force américaine fut enfin dirigée sur Stavelot qu'elle atteignit à 4 heures. En pleine obscurité et méconnaissant la région, une partie de cette troupe sera expédiée sur la rive sud de l'Amblève déjà occupée par les Allemands : preuve de l'ignorance de la situation au niveau supérieur de la Ière armée.
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Aperçu du livre
Le G.I. Face à la 6e armée Panzer - Henri Castor
Considérations générales
Si la ville de Bastogne et le fameux Nuts de McAuliffe symbolisent la résistance américaine lors de l’offensive allemande dans les Ardennes en décembre 1944, on ne peut oublier les combats acharnés livrés par les troupes américaines à Stavelot et dans la vallée de l’Amblève contre la fameuse 1re SS Panzer Division Leibstandarte Adolf Hitler (LAH) qui s’était vu confier la mission d’atteindre la première la Meuse.
L’ouvrage relate les événements survenus tout au long de la progression de la division blindée de Stadtkyll en Allemagne jusqu’à Stoumont dans la vallée de l’Amblève. Il s’attache à décrire et à essayer d’expliquer les manquements et les erreurs commises lors de la conduite des opérations par certains états-majors et commandants d’unités tant du côté américain que du côté allemand. Il rappelle aussi les crimes horribles commis par les hommes de la LAH.
1. La tragique faillite des transmissions américaines
Si, sur la ligne de front, les lignes téléphoniques et les radios souffrirent énormément des bombardements allemands à l’aube du 16 décembre, les unités se trouvant légèrement à l’arrière disposaient encore de leurs moyens de communication, de téléphones civils, de radios, d’estafettes ; de plus il devait leur sembler, au vu des troupes qui se repliaient, des réfugiés qui s’enfuyaient, que des événements graves se déroulaient sur la ligne de front.
La lenteur de la réaction de l’état-major de la Ire armée du général Hodges, installé à Spa, à quelques kilomètres des villes de Malmedy et de Stavelot, reste inexplicable alors qu’on y avait déjà appris le massacre des prisonniers américains à Baugné le 17 décembre à 14 heures et, quelques minutes plus tard, la fuite du général Timberlake de Ligneuville devant les blindés allemands.
Malgré cela, c’est dans la nuit du 17 au 18 décembre, à la veille du troisième jour d’offensive, qu’une faible force américaine fut enfin dirigée sur Stavelot qu’elle atteignit à 4 heures. En pleine obscurité et méconnaissant la région, une partie de cette troupe sera expédiée sur la rive sud de l’Amblève déjà occupée par les Allemands : preuve de l’ignorance de la situation au niveau supérieur de la Ire armée.
Heureusement, au Haut Commandement allié – Supreme allied Commander – installé à Fontainebleau, les généraux Eisenhower et Bradley, mis au fait d’infiltrations dans le front, réagirent déjà le 16 décembre en fin d’après-midi, enjoignant à la 7e division blindée du général Hasbrouck de faire mouvement pour aller prendre position à Saint-Vith. Sans oublier un éventail de décisions immédiates prises par certains commandants de division dans le secteur nord du front pour renforcer la plate-forme d’Elsenborn.
2. L’importance capitale du pont de la ville de Stavelot
Seul pont de la région capable de supporter la charge des chars lourds allemands, personne n’envisagea sa démolition alors que le 17 décembre tous les moyens logistiques du génie étaient sur place. Rien ne démontre que Peiper eût jamais franchi l’Amblève si le pont avait sauté et que de vies civiles et militaires auraient pu ainsi être épargnées.
Dès que les tirs des fantassins américains en interdirent l’accès dans la soirée du 18 décembre et, a fortiori, lorsqu’il fut détruit le soir du 19, il devenait évident que le Kampfgruppe (KG) Peiper, fer de lance de la 1re SS Panzer Division n’irait plus très loin, privé comme il l’était de carburant, de munitions et de tout renfort de chars.
Une fois les sorties de Werbomont, de Stoumont et de Spa bloquées le 19 décembre par la 30e division d’infanterie, fallait-il provoquer les combats féroces pour annihiler la poche allemande de La Gleize-Stoumont alors que l’artillerie et l’aviation pouvaient se charger de la réduire ? Ayant compris la précarité de sa position, Peiper ne s’est pas laissé enfermer très longtemps puisque la veille du jour de Noël, il s’échappait avec ses hommes de la fournaise de La Gleize et parvenait à rejoindre ses lignes.
3. La lenteur d’exécution du plan d’Hitler
Basé sur la vitesse d’exécution des unités panzers, le plan du Führer visant à atteindre, à n’importe quel prix, la Meuse entre Huy et Liège, ne fut pas respecté. Dès le début de l’offensive allemande, de graves lacunes étaient apparues dans son élaboration. Elles devaient conduire inévitablement au ralentissement général de l’offensive. De leur côté, Peiper et le commandement allemand commirent également des erreurs dans la conduite des opérations.
4. La sous-estimation du bombardement allié du 18 décembre
Les conséquences du bombardement aérien allié du lundi 18 décembre furent largement sous-estimées. En effet, de 15 à 17 heures, les chasseurs-bombardiers P-47 Thunderbolt immobilisèrent la colonne allemande, permettant aux sapeurs du génie de faire sauter le pont sur La Lienne à Neufmoulin dans la montée vers Werbomont, interdisant la progression vers l’ouest. Sur la route de Stavelot à Trois-Ponts, les bombes creusèrent un profond cratère qui empêcha les Tiger du major von Westernhagen et les véhicules légers du major Knittel d’atteindre La Gleize avant le milieu de la nuit du 18 au 19 décembre. Le bombardement de la route à Lodomez généra un trou énorme dans la colonne. Cet arrêt, avant le passage du pont, permit aux fantassins américains du 117e régiment de prendre position dans la ville.
5. Les crimes atroces commis sur les prisonniers américains et les civils
La VIe armée SS fut constituée à Paderborn durant l’automne 1944 au moyen de cadres fournis par des unités aguerries au combat, la plupart des hommes qui constituaient les unités de pointe de la 1re SS Panzer Division avaient de 16 à 20 ans et leurs officiers étaient à peine plus âgés qu’eux car on y trouvait des commandants de compagnie de moins de 25 ans. Ces jeunes ayant appartenu à la Hitlerjugend, furent éduqués dans un esprit de discipline et de dévouement total à leur chef. Dépourvus du sens des valeurs morales, du respect des biens et de la vie, ils partaient pour la grande aventure, à la conquête du monde avec un cœur empli de haine, d’esprit de revanche.
Ces jeunes soldats s’engageaient dans une guerre d’audace et de ruse en appliquant l’ordre de répandre la terreur sur leur passage ce qu’ils firent d’ailleurs avec une cruauté et une brutalité épouvantables comme s’ils en éprouvaient du plaisir. Les chefs, dépassés ou complices ont laissé faire.
Le fait d’évoquer les crimes odieux commis sur des civils innocents et de citer leurs noms dans le corps de ce volume risque de ressusciter de pénibles souvenirs chez nombre de familles concernées. Je les prie de m’en excuser mais se souvenir d’eux est une sorte d’hommage et de devoir à leur mémoire. Si j’ai cru bon de rappeler ces faits horribles, c’est pour qu’ils ne puissent être oubliés et que soient portés à la connaissance des générations actuelles et futures les actes odieux que des hommes sont capables de commettre.
*
Bref rappel des événements du 6 juin au 16 décembre 1944
Fin août, soit deux mois et demi après le débarquement des Alliés à l’aube du 6 juin (opération Overlord), on peut considérer qu’il n’y a plus de troupes allemandes en Normandie. Toutefois, de solides garnisons, retranchées dans quelques ports français, empêchent toujours l’utilisation de ces derniers, état de choses qui disperse les efforts des Alliés.
Le 13 septembre, le territoire de la Belgique est libéré.
À bout de souffle, les troupes alliées s’arrêtent sur les canaux du nord et au pied du West Wall ou ligne Siegfried à l’est.
Il faut réorganiser les unités, pourvoir au ravitaillement en essence et compléter les effectifs. Les lignes de communications étant devenues démesurées depuis la Normandie, il faut dégager au plus vite le port d’Anvers dont les installations portuaires sont tombées intactes le 4 septembre aux mains des Alliés. L’opération de dégagement des bouches de l’Escaut commence le 6 octobre et est menée par les Britanniques et les Canadiens. Après des combats meurtriers, le premier bateau entre à Anvers le 27 novembre. Les unités ravitaillées sont maintenant à même d’attaquer en direction de Cologne et du Rhin.
Suite à la terrible défaite subie en Normandie, des fortes pertes en hommes, de la destruction des usines de production, les Alliés estiment l’ennemi incapable de bouger actuellement et de s’opposer à la puissance alliée. Les Américains sont tellement persuadés que l’Allemagne est vaincue et la capitulation imminente qu’Eisenhower, pour renforcer ses divisions prêtes à envahir l’Allemagne, assume le risque de faire garder le front d’Ardenne et du Luxembourg (de Montjoie à Echternach), soit une distance de 120 à 135 km, par six divisions. Trois d’entre-elles (les 2e, 4e et 28e divisions d’infanterie) sont des troupes aguerries mais les trois autres (la 9e division blindée et les 99e et 106e divisions d’infanterie) sont novices et viennent d’arriver en Europe. Toutes ces grandes unités appartiennent à la Ire armée du général Hodges dont le QG (Quartier général) se trouve à Spa, ville d’eau qui est également le principal centre de repos et de détente des troupes américaines de ce front.
Pourtant, en face, si les Allemands semblent ne montrer aucun signe de grande activité depuis deux mois, que tout paraît calme et paisible, quelques sérieux avertissements ont déjà été donnés aux Alliés. Pendant cet automne 1944, les soldats allemands se sont défendus avec opiniâtreté sur tout le front. Il est patent qu’ils tiennent à défendre chèrement leur peau et ils l’ont prouvé lors du dégagement des bouches de l’Escaut, durant l’opération Market Garden en Hollande, soldée par un cuisant échec des troupes aéroportées alliées, et enfin lors des combats sanglants de la forêt de Huertgen, au sud d’Aix-la-Chapelle qui ont éreinté plusieurs divisions d’infanterie américaine.
*
Préparation de l’opération Wacht Am Rhein – (Garde sur le Rhin)
Dès le 16 septembre, Hitler manifeste son intention de frapper fort dans les Ardennes et les préparatifs du plan commencent le jour même. Il croit qu’en obtenant un succès rapide sur le front occidental en cette fin d’année 1944, l’alliance des Alliés volera en éclats. Tout doit être subordonné à la surprise et à la vitesse d’exécution qui engendreront la panique et provoqueront l’effondrement de la défense américaine.
De son côté, Goebbels développe un sentiment de haine farouche chez les jeunes qui ont été élevés dans le national-socialisme et qui en sont intoxiqués en leur rappelant qu’ils doivent venger leurs familles écrasées sous les bombes alliées. Ils savent qu’Anglais et Américains veulent démanteler tout l’équipement industriel pour réduire les Allemands en un peuple pastoral et agricole.
À Bad-Nauheim, le 12 décembre 1944, s’adressant à ses généraux, Hitler parle d’une guerre sans vergogne et sans pitié dans laquelle l’Allemagne joue son existence ; une vague d’épouvante doit précéder l’offensive ; toute résistance doit être brisée par la terreur. Le jour précédant l’attaque, ces paroles sont rapportées à la troupe que chaque commandant d’unité commentera à sa façon. Ces jeunes combattront de façon farouche et sans pitié aucune. Le plan de base et les buts de l’attaque qui sont l’œuvre de Hitler en personne consistent à percer le front américain dans les Ardennes belges et le Luxembourg avec trois armées (5e, 6e et 7e), de traverser la Meuse aux environs de Huy–Amay en enveloppant le 21e groupe d’armées britannique et canadien ainsi que la IXe armée américaine et filer vers le nord pour capturer le port d’Anvers.
L’effort principal en revient à la VIe armée Panzer de Dietrich et particulièrement à la 1re SS Panzer Division, la Leibstandarte Adolf Hitler (LAH), du général Mohnke, qui appartient au 1er SS Pz Korps du général Priess. La LAH couvre le secteur sud de la VIe armée Panzer et borde donc celui de la Ve armée Panzer de von Manteuffel.
Le 1er SS Pz Korps se compose également de la 12e SS Pz Div, la Hitlerjugend du général Kraas, qui attaquera au nord de la 1re SS Pz et avancera sur l’axe général : Mürringen–Büllingen– Bütgenbach–Malmedy–Spa-Remouchamps-Esneux– La Meuse à l’est de Huy.
Le 1er SS Pz Korps compte en plus de ces unités la 12e division Volksgrenadier du général Engel et la 3e division parachutiste du général Wedehn qui ont pour mission d’ouvrir la voie aux deux divisions Panzer SS dans la région de Losheimergraben–Manderfeld.
Pour augmenter l’effet de surprise, Hitler a conçu deux opérations spéciales parallèles. La première du nom code Stösser est commandée par le colonel von der Heydte. Avec une force aéroportée de huit cents hommes partant de Paderborn, le colonel doit sauter de nuit dans les Fagnes pour s’emparer du carrefour de la Baraque Michel et couper les voies aux renforts qui descendraient du nord.
La deuxième opération spéciale appelée Greif (Griffon) est commandée par le lieutenant-colonel Skorzeny, à la tête de la 150e Panzer brigade forte de 3 300 hommes, tous volontaires. Cette brigade se compose de deux groupes distincts ayant des missions différentes :
• Le premier, constitué d’équipes de 3 à 4 hommes montés à bord de jeeps, revêtus d’uniformes américains, parlant anglais et utilisant du matériel et de l’équipement américains, doit s’infiltrer au plus vite derrière les lignes ennemies pour y semer le trouble, la confusion sous forme de coupure de lignes téléphoniques, de diffusion de faux ordres, de changement de tableaux de signalisation pour les unités de soutien logistique mais aussi pour recueillir des renseignements. Ces équipes ne doivent utiliser leurs armes qu’en cas d’absolue nécessité et encore à condition d’être revêtus, à ce moment-là, du seul uniforme allemand.
• Le second groupe, beaucoup plus puissant, constitué de trois Kampfgruppen équipés de véhicules blindés capturés ou maquillés, profitera de la trouée créée par les deux divisions SS Pz pour pénétrer dans le dispositif ennemi. Il filera alors, en fer de lance, et s’emparera des ponts de Huy, Amay et Engis sur la Meuse, les conservant intacts jusqu’à l’arrivée des blindés qui fonceront ensuite sur Anvers. Jusqu’à la Meuse, officiers et soldats porteront l’uniforme américain ; mais une fois sur la Meuse, ils combattront sous l’uniforme allemand.
La préparation de la 150e brigade ne s’effectue pas telle qu’elle a été conçue car parmi les volontaires, dix seulement parlent couramment l’anglais, quarante assez bien, cent cinquante sont capables de se faire comprendre, deux cents baragouinent et deux cents peuvent tout juste répondre Yes ou No.
La 150e brigade comprend finalement 2 000 hommes. Les meilleurs anglophones sont retenus pour la compagnie commando du capitaine Stielau. Les trois puissants groupes de combat X, Y, Z sont commandés respectivement par le capitaine Scherff, le lieutenant-colonel Wolf de l’armée et le lieutenant-colonel SS Hardieck. Du 15 au 16 décembre, le PC de la brigade est à Schmidtheim.
*
Étude du plan allemand à la veille du 16 décembre 1944
• Les déplacements et la mise en place des unités des trois armées allemandes en face des Américains se sont faits dans le plus grand secret. Au vu des circonstances dans lesquelles elles ont été accomplies, c’est une réussite complète pour l’état-major allemand.
• L’offensive qui doit être menée dans une vague de terreur et d’épouvante surprendra les faibles unités américaines établies sur un front de papier de soie (dixit le général Omar Bradley dans son livre Histoire d’un soldat) et l’exécution d’une pénétration rapide ne permettra pas l’envoi de renforts alliés avant que les troupes n’atteignent la Meuse.
• L’effet psychologique d’une attaque de grande envergure remontera le moral des militaires et du peuple allemand dont les villes sont ravagées par l’aviation alliée.
• L’espoir d’une désorganisation et d’un retournement stratégique chez les Alliés demeure toujours vif chez les Allemands.
*
Quels sont les divers facteurs et éléments pouvant enrayer l’offensive allemande ?
1 – La lenteur de la formation de la colonne de la 1re SS Panzer Division dont les Kampfgruppen sont cantonnés dans les petits villages à l’est de Stadtkyll.
2 – Un
