Le conteur du Sahel
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À propos de ce livre électronique
Jean Y.S. Toguyeni
Jean Y.S. Toguyeni est Franco-Burkinabé, vivant en France. Il est né le 29 décembre à Niamey. L'auteur est marié, père de deux enfants. Il est Dr-Ingénieur des BTP à la retraite.
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Avis sur Le conteur du Sahel
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Aperçu du livre
Le conteur du Sahel - Jean Y.S. Toguyeni
Les évènements et les personnages de ce
roman sont fictifs.
Cependant, le personnage principal est
une composition à partir de plusieurs
personnages qui ont été proches de
l’auteur.
Peinture d’une rue de Nungu — Paulette de Jésus
SOMMAIRE
1 L’enfance perturbée
2 Les rêves du jeune sahélien
3 L’éveil désenchanté
4 Je serai conteur et artiste
5 On se reverra, si Dieu le veut
6 Annexes : Scènes d’Afrique
7 Cartes
Citations
Proverbes africains
- « Un homme sans culture ressemble à un zèbre sans rayures »
- « Assieds-toi au pied d’un arbre, et avec le temps, tu verras l’univers défiler devant toi »
- « Le bonheur ne s’acquiert pas, il ne réside pas dans les apparences. Chacun d’entre nous le construit à chaque instant de sa vie avec son cœur »
A. de St-Exupéry.
- « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux » — « Le Petit Prince ».
Photo JYST-Le berger flûtiste
1 L’enfance perturbée
Né dans une famille pauvre d’agriculteurs — Le père meurt à la cinquantaine — confié à son oncle maternel.
Photos JYST — joueuse de Kora
« … Ainsi, disait Diargogne l’araignée à Leuk-le-Lièvre, tu feras la connaissance de l’Homme. C’est un animal dangereux, qui se tient droit comme un filao et qui se déplace sur deux pattes seulement. Méfie-toi surtout de son air bon enfant… »¹.
Les enfants écoutent émerveillés le vieux conteur du village de Pandiagou. Il alterne paroles et musique de Kora, en cette belle nuit de clair de lune. Et même les moustiques qui les piquent régulièrement ne peuvent interrompre l’émerveillement de ces petits garçons, qui « boivent » sans modération les narrations du vieux Mandja. C’est un de ces vieux sages de village, fatigué par une longue vie de labeur, qui n’a plus que la « transmission » comme rôle social. Le visage marqué par les scarifications ethniques, la dentition parsemée de trous, la barbe laineuse et d’un blanc immaculé, Mandja est assis sur une natte tressée avec les roseaux cueillis au bord du marigot.
Lardja, un petit enfant d’une dizaine d’années, est de la partie. Le conte est de Senghor, un savant poète d’un lointain pays appelé Sénégal. Celui-ci a beaucoup voyagé en Afrique, mais aussi chez les blancs en Europe. C’est donc une histoire digne d’intérêt, a dit le vieux conteur en début de soirée. Ah ! pense le petit Lardja : si même les savants font des contes… alors…
Lardja est l’un des quatre enfants de l’agriculteur Tandja. La famille habite Pandiagou depuis toujours ; depuis au moins quatre générations. C’est une famille très pauvre qui vit de peu. Le père a néanmoins réussi à bâtir en lisière du village, trois cases regroupées autour d’une cour ; au milieu trônent le grenier de mil et un poulailler. Pour assurer un peu d’intimité, une clôture en nattes de pailles tressées et de piquets de bois d’acacias, délimite la cour familiale. La mère Poniagou occupe avec ses deux filles, Tompoia et Bapoia, l’une des cases de la famille. La seconde case est occupée par le père Tandja. La troisième abrite les deux garçons de la famille, Lardja et son grand frère Canfidini.
Lardja est un garçon plein d’énergie et très robuste, malgré sa petite taille. Dans le groupe de garçons de son âge, il fait figure de « leader » pour tout ; pour jouer, se battre et embêter les jeunes filles. C’est lui qui bat généralement le rappel, les nuits de pleine lune, pour solliciter Mandja, pour des veillées de contes. Le vieil homme habite au centre du village ; ce qui rassure les parents des petits garçons, qui vont en bande chez le conteur. « Toc, toc, toc », de petits coups à la porte du vieux Mandja. « Grand-père, peux-tu sortir de ta case pour nous conter des histoires ? » disent en cœurs les garçons.
Dans la journée les hommes de la famille de Lardja vont aux champs, situés dans les bas-fonds ; là où la terre est la plus fertile grâce au marigot qui y serpente. Les femmes sont occupées aux tâches ménagères et à l’approvisionnement en eau du foyer. À Pandiagou, l’eau est une denrée rare et précieuse, que toutes les femmes du village se disputent tôt le matin, aux rares puits qui en fournissent. Les sœurs de Lardja veillent jalousement sur les quelques poules et pintades qui leur permettent de varier de temps à autre les repas de la famille. À l’arrière des cases, Poniagou et ses filles font un peu de maraîchage, pour avoir des gombos, des tomates, des feuilles d’épinard et d’oseille.
La nuit tombée, la petite famille de Lardja se retrouve autour du repas de pâte de mil accompagnée de sauce de fleurs et de feuilles de baobab. Parfois la sauce est enrichie de gombos, et plus rarement de « viande de brousse » ou de poulet.
En fin de matinée, après les durs labeurs des champs, ce sont les restes de nourriture de la veille qui servent de déjeuner. Et quand il n’y en a pas assez, les tubercules et les fruits sauvages glanés dans les bois environnants sont les bienvenues.
À cinquante ans, le père Tondja a une santé fragile. Il est usé par le travail et les maladies qui ont jalonné sa vie depuis l’enfance. L’homme était costaud à l’adolescence. Mais aujourd’hui, il passe rarement une journée sans douleur, sans fièvre ou migraine. C’est le lot des pauvres gens comme lui, qui affrontent les rigueurs du sahel, les sécheresses et les famines. Heureusement, Lardja et son frère Canfidini sont là pour assurer la continuité des travaux des champs.
Tondja a consulté la plupart des guérisseurs et charlatans de la région pour sa santé. Il n’a pas les moyens d’aller, ni aux dispensaires de Nungu, chef-lieu de la région, ni à ceux de Wagdogo, capitale du pays des « hommes intègres ». Il se contente des breuvages et des sacrifices que lui recommandent les guérisseurs. Pour expliquer ses maladies chroniques non identifiées, on a parlé de « génies » qui lui veulent du mal. Tondja consulte régulièrement un ami « joueur de sable² » ; et les nouvelles ne sont pas bonnes. Le désespoir le gagne de jour en jour et toute la famille le ressent.
La mère de famille Poniagou est une bonne femme qui aime énormément ses enfants ; ses seules richesses ! Elle a été mariée très jeune, à quinze ans, et n’a connu d’homme que Tondja. Son père l’avait « donnée » à ce dernier, en reconnaissance d’une longue amitié entre le père de Tondja et le sien. N’eût été le handicap mental de sa fille cadette Bapoia, elle se considérerait comme une mère comblée. En effet, elle est comme la plupart de ces mères sahéliennes, résignée à la pauvreté matérielle, mais heureuse d’être « reine-mère ». Elle a un demi-frère, Nidja, qui habite Nungu et qu’elle aime bien. Il lui arrive souvent de lui rendre visite durant deux ou trois jours, avec sa fille aînée Tompoia. Les femmes de son demi-frère la respectent beaucoup, et la mettent presque au « même rang » que leur mari Nidja. D’ailleurs, elles la nomment « mon mari ». Poniagou en profite pendant ses séjours, pour se reposer, se faire « bichonner » par les femmes de ce demi-frère plutôt riche. Les repas chez Nidja sont bien plus copieux que ceux qu’elle prépare pour sa famille de Pandiagou. Les sauces sont garnies de bonnes viandes bien grasses, et les plats de riz des femmes rivalisent d’excellence. Quand Poniagou et sa fille reviennent au village, à Pandiagou, le reste de la famille ne manque pas de constater les bienfaits du séjour à Nungu, sur leur moral et leur santé.
Canfidini, l’aîné des deux garçons, est travailleur et courageux. Il a trois ans de plus que Lardja et fait office de « chef de famille adjoint ». Toutes les tâches difficiles que le père n’est plus à même de réaliser lui échoient. Il est très précieux. En plus des travaux champêtres, Canfidini travaille souvent avec le forgeron du village, qui lui a appris à fabriquer des houes et des coupe-coupe. Il les vend les jours de marché, pour arrondir les fins de mois de la famille. Canfidini, à
