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Le Vœu de la highlander: L’Appel du highlander, #6
Le Vœu de la highlander: L’Appel du highlander, #6
Le Vœu de la highlander: L’Appel du highlander, #6
Livre électronique429 pages5 heuresL’Appel du highlander

Le Vœu de la highlander: L’Appel du highlander, #6

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À propos de ce livre électronique

Meurtre, passion et un amour qui brise tous les serments — pour les fans d'Outlander !

Deux personnes ont disparu au château d'Eilean Donan. Alors qu'il mène l'enquête, l'inspecteur de la police d'Oxford James Murray touche un rocher couvert de runes… et est transporté en 1310.

Quand elle découvre un sassenach dans le château, la highlander Catrìona  Mackenzie le fait prisonnier. Mais lorsque son frère se fait empoisonner, ils  travaillent ensemble pour trouver le meurtrier. James doit retourner au XXIe siècle. Catrìona est sur le point de devenir nonne. Céder à la passion serait un péché. Mais elle a toute sa vie pour se repentir.

Leur amour est défendu.

Un meurtrier les observe.

Seule la foi peut leur sauver la vie et les lier à travers le temps !

 

Tous les livres de la série L'Appel du highlander :

0 - Sìneag (GRATUIT)

1 - La Prisonnière du highlander

2 - Le Secret de la highlander

3 - Le Cœur du highlander

4 - L'Amour du highlander

4.5 - Un miracle de Noël pour un highlander

5 - Le Desir du highlander

6 - Le Vœu de la highlander

7 - La Promesse du highlander

8 - Le Protecteur de la highlander

9 - La Revendication du highlander 

10 - La Destinée du highlander

LangueFrançais
ÉditeurMariah Stone
Date de sortie2 avr. 2023
ISBN9798215972991
Le Vœu de la highlander: L’Appel du highlander, #6

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    Aperçu du livre

    Le Vœu de la highlander - Mariah Stone

    PROLOGUE

    Château d’Eilean Donan, 1301

    Son promis était en route pour la retrouver.

    Catrìona Mackenzie plissa les yeux, se concentrant sur un unique point noir sur l’éclat du clair de lune sur le loch. Ce devait être le bateau.

    Ce devait être Tadhg. Le jeune homme qu’elle aimait. Le jeune homme qui changerait sa vie.

    Le vent froid de la nuit soufflait fort, hurlant dans les fentes de la porte du château derrière elle. Elle redressa les épaules, le ventre noué par la nervosité. Sans oser quitter le point noir des yeux, elle s’élança en courant sur le chemin menant à la jetée, les petits cailloux crissant sous ses pieds. Au diable les gardes, elle voulait que Tadhg voie qu’elle était là, qu’elle l’attendait.

    Elle poussa un soupir tremblant, agrippant la petite croix en bois sous sa cape. Tadhg l’avait faite pour elle.

    « Souvenez-vous, votre mère est avec Dieu, lui avait-il dit. Dieu et elle veillent sur vous. »

    Tadhg… son aimé.

    Il lui faisait penser à un loup doré. Ses yeux verts perçants étaient toujours alertes et observateurs sous ses longs cils blonds comme les blés.

    Il deviendrait son époux ce soir-là…

    Le père de Catrìona, le chef du clan Mackenzie, négociait son mariage à un noble fortuné, Alexander Balliol, depuis presque un an. Tadhg n’était qu’un simple membre du clan sans le sou, le fils d’un guerrier.

    Mais il lui offrirait une vie entière d’amour et l’empêcherait de devenir un simple trophée.

    Cela avait été le destin de sa mère.

    Une telle vie lui serait épargnée si son père ne la trouvait pas ici, en dehors de l’enceinte du château alors qu’il faisait nuit.

    Un frisson la parcourut lorsqu’elle imagina son père courir vers elle, tel un taureau furieux, ses poings rouges prêts à la frapper… et sans personne pour la protéger. Son frère aîné Angus ignorait où elle se trouvait. Et Tadhg…

    Si son père les voyait, il tuerait sans aucun doute Tadhg.

    Elle lâcha sa croix et toucha la dague cachée sous sa ceinture. Angus lui avait appris à s’en servir afin qu’elle puisse se défendre contre leur père s’il n’était pas là pour la protéger.

    Elle sentit des yeux la regarder, et les poils de sa nuque se dressèrent. Elle lança un regard par-dessus son épaule en direction du haut mur noir du château. Elle savait que là-haut, les gardes de nuit étaient blottis dans leur cape.

    Tendue comme un arc, elle attendit, fixant le bateau du regard. Il grossissait à mesure qu’il approchait, et la silhouette de l’homme qui ramait se penchait au rythme du mouvement des rames. Le vent se mit à souffler plus fort, tirant sur sa jupe et faisant battre sa cape. Le froid lui mordit les mains.

    Comme elle l’avait espéré, des nuages noirs du nord venaient avaler la lune et sa lumière pour lui permettre de s’échapper dans l’obscurité.

    Quand le bateau fut plus proche, elle remarqua qu’il y avait deux silhouettes, pas une. L’une d’elles était bien trop imposante pour être Tadhg. L’autre lui ressemblait plus…

    Le sang lui battit les tempes tandis qu’elle regardait les rames fendre l’eau et les violentes vagues ébranler l’embarcation. Alors que les premières gouttes de pluie glaciale tombaient sur son visage, l’homme imposant tourna la tête pour regarder par-dessus son épaule. Elle eut l’impression que les planches en bois de la jetée tremblaient sous ses pieds.

    Le gros visage charnu, gonflé et sombre, les sourcils noirs au-dessus de deux yeux tels des fenêtres donnant sur l’enfer.

    Kenneth Og Mackenzie.

    Son père.

    Un épais nuage avala la lune et le bateau s’évanouit dans le sombre mur de pluie.

    La tête lui tournait tandis qu’elle observait les ténèbres, essayant de voir qui était le deuxième homme.

    Oh Seigneur ! Faites que ce ne soit point Tadhg…

    Le bateau heurta la jetée et elle vit qu’il s’agissait de Laomann, l’aîné de ses frères.

    Leur père se tourna vers elle.

    — Qu’attendez-vous ? aboya-t-il. Attachez le bateau. Il n’y a que vous sur la jetée.

    Laomann lui jeta la corde et elle se précipita pour l’attraper. Tandis qu’elle l’attachait au taquet, elle plissa les yeux pour essayer de voir s’il y avait un autre bateau.

    Elle ne vit que la pluie sombre.

    Laomann et leur père montèrent sur la jetée. Ce dernier lui mit un coup d’épaule en passant devant elle pour rejoindre le château.

    — Venez, vous ne serez d’aucune utilité à votre promis si vous êtes souffrante.

    Elle marcha à leurs côtés, engourdie et gelée.

    — Mon promis ?

    Elle lança un regard vers le lac brumeux. Le ciel était complètement noir à présent. Avait-elle le choix ? Si Tadhg venait la chercher, il trouverait bien un moyen de pénétrer dans le château ou de lui faire transmettre un message. Il faisait partie du clan après tout. Et son père n’avait aucune raison de le soupçonner.

    — Je l’ai enfin convaincu de vous épouser. Alexander arrivera dans une semaine, déclara son père. Leur homme est venu à Dornie pour nous informer de son accord et pour que nous ayons le temps d’effectuer les préparations.

    Le nom d’Alexander était comme une lourde pierre autour de son cou.

    Les yeux de Laomann étaient rivés au sol, ses épaules étaient voûtées, et son visage affligé. Mais pourquoi ?

    Au cours des dernières années, leur père avait refusé toutes les demandes en mariage jusqu’à ce qu’il commence à négocier avec la maison de Balliol.

    — Enfin. Vous rejoindrez une lignée de sang royal. Vos enfants pourront prétendre au trône d’Écosse. Ils pourraient même un jour renverser la ligne de Robert Bruce.

    Des frissons descendirent le long de son échine. Elle pensa à l’homme âgé d’une quarantaine d’années, qui avait déjà cinq enfants adultes, tous plus âgés qu’elle. Lors de sa visite à Eilean Donan, il l’avait fixée d’un regard si froid qu’elle en avait eu des frissons.

    Il était toujours possible que Tadhg vienne. Qu’il la sauve.

    Tapant du poing contre la lourde porte, son père se tourna vers elle.

    — Grâce à ce mariage, j’irai plus loin que tous les Mackenzie auparavant. Votre père n’est-il point le meilleur des marieurs ? ajouta-t-il alors que la porte s’ouvrait.

    Elle ne dit mot.

    Ils passèrent la porte et traversèrent la paisible basse-cour, où seuls le bruit de la boue sous leurs chaussures et le murmure de la pluie se faisaient entendre.

    Son père mit un coup de pied dans un seau près de la maison en bois au toit de chaume.

    — Une lignée de sang royal !

    Éclaboussant leurs pieds d’eau, le seau s’envola, comme les espoirs de Catrìona.

    — Souriez, ma fille, continua son père, la menace palpable dans sa voix.

    Si le sort réservé au seau était une promesse de ce qu’il lui ferait si elle désobéissait, Catrìona avait bien compris le message et elle se força à sourire.

    — Ah ! C’est mieux, dit son père. Votre père n’est-il point le plus intelligent des hommes ? Vous n’avez plus qu’à accomplir votre devoir de femme et à donner un fils à votre époux.

    Lorsqu’ils entrèrent dans le donjon principal, où il faisait chaud et sec, Catrìona frissonnait, mais ce n’était pas à cause du froid. Sous le regard lourd de son père, elle monta les marches menant à sa chambre. Quand elle ferma la porte derrière elle, le bruit lui rappela celui d’une porte de cachot.

    Pantelante, elle courut jusqu’à la fenêtre et observa l’obscurité, essayant de voir un autre bateau. Mais les rideaux de pluie la frappèrent tels des fouets, l’aveuglant.

    Un petit coup à sa porte la fit se retourner, puis elle ferma les volets.

    Sa bonne, Ruth, se tenait sur le seuil avec une bougie de suif. Son doux visage rond était marqué par l’inquiétude.

    — Que s’est-il passé, maîtresse ?

    Catrìona secoua la tête et cligna des yeux pour en chasser les larmes.

    — Pourquoi n’est-il point venu, Ruth ?

    La jeune femme se précipita vers elle. Elle posa la bougie sur le rebord de la fenêtre et prit les mains de Catrìona dans les siennes. Leur chaleur brûla la peau glacée de Catrìona.

    — Lui est-il arrivé quelque chose ? murmura Catrìona. A-t-il été blessé ?

    Ruth lui offrit un sourire empreint de gentillesse et de soutien.

    — Ayez foi. Nous attendrons. Il se pourrait toujours qu’il vienne.

    Catrìona hocha la tête.

    — Aye. Je devrais prier. Je ne puis aller à Dornie pour le trouver, et je ne puis faire quoi que ce soit d’autre.

    Ruth serra ses mains.

    — Mais vous pouvez demander de l’aide à Dieu.

    Catrìona acquiesça d’un signe de la tête, étreignit Ruth, puis la lâcha et s’agenouilla près de son lit. Elle se mit à prier, murmurant passionnément, les mains si fermement jointes qu’elles s’engourdirent bien vite.

    Elle perdit le fil du temps.

    La lueur du matin teinta la pierre brute des murs de sa chambre de rose et d’orange. L’orage était passé, s’aperçut-elle en entendant le chant des oiseaux à travers les volets.

    Une voix la fit sursauter.

    — Maîtresse !

    Elle se tourna vers la porte. Ruth était là, les yeux ronds comme des lunes.

    Elle entra à la hâte, son visage couvert de taches de rousseur blême, et aida Catrìona à se lever. Ses genoux lui faisaient mal après avoir passé la nuit à prier.

    Un pli triste barra le front de Ruth.

    — Vous n’avez point dormi ?

    — Cela n’a guère d’importance. Avez-vous des nouvelles de lui ?

    Ruth baissa les yeux et soupira.

    — Je me suis rendue au village, maîtresse.

    Catrìona saisit Ruth par les coudes et la secoua un peu.

    — Et ?

    — La maison de son père semble abandonnée. La porte était ouverte. Le porcher, leur voisin, dit qu’ils étaient partis hier soir, avant l’orage.

    Le sol trembla sous les pieds de Catrìona.

    Il est parti… sans dire mot.

    L’homme qu’elle aimait n’avait même pas eu la politesse de lui dire qu’il ne voulait plus l’épouser. Elle lâcha Ruth et agrippa la colonne de lit, le cœur brisé, les pieds lourds.

    Et maintenant, elle devait épouser Alexander Balliol. Elle n’était qu’un moyen d’atteindre un but aux yeux de son père, et elle serait la même chose pour Alexander.

    L’orage n’avait pas arrêté Tadhg. Il devait être parti tenter sa chance ailleurs.

    Parce que s’il l’avait réellement aimé, il aurait tout affronté pour être avec elle, pour la secourir.

    Il ne l’aimait pas. Elle n’était utile qu’à la progression politique de son père.

    Sa mère avait eu raison.

    Elle ferait mieux de devenir nonne.

    CHAPITRE 1

    Château d’Eilean Donan, fin juillet 2021

    — Vous savez, ça arrive que les gens disparaissent dans les Highlands.

    L’inspecteur James Murray lança un regard à Leonie Peterson, une gentille femme dodue âgée d’une cinquantaine d’années, qui marchait à côté de lui en direction d’Eilean Donan. Au bout du long pont, le château gris se dressait vers le ciel bleu vif, telle une vision du passé.

    Un pli barra le front de Leonie. Il comprenait son inquiétude.

    Comment deux personnes pouvaient-elles disparaître dans le musée, sous le nez des autres visiteurs et alors qu’il y avait des caméras de surveillance ? Les visiteurs étaient-ils en danger ? Les autres membres du personnel et elle étaient-ils considérés comme suspects ?

    Rogene Wakeley, qui avait récemment obtenu un doctorat à l’université d’Oxford, et son frère âgé de dix-huit ans, David, tous les deux américains, avaient visité le château d’Eilean Donan deux semaines auparavant et n’avaient pas été revus depuis.

    Comme c’était arrivé dans un château médiéval, avec d’épais murs, des coins sombres et de vieux meubles, les gens pensaient facilement qu’il pouvait y avoir des fantômes, des fées et des esprits. Mais son enfance et son adolescence lui avaient appris que la logique et un peu de psychologie étaient la réponse à tout ce qui paraissait étrange, magique, ou qui nécessitait de la foi.

    — Les gens disparaissent partout, dit James, évasif.

    Le calme autour d’eux lui écrasait les oreilles. Le chant des oiseaux résonnait sur la surface bleu saphir du loch parsemée d’algues jaunes, orange et vertes. Quelque part, au loin, des voitures passaient bruyamment sur l’A87. Les collines vert et jaune des Highlands autour d’eux se reflétaient sur l’eau immobile. L’air était si frais, si vif que même l’odeur de poisson et d’algues du loch était rafraîchissante, revigorante.

    Comme si ses poumons se rebellaient face à cet air propre, James eut une forte envie de fumer. Il se dit qu’il avait le temps de tirer quelques bouffées de cigarette avant d’atteindre le château. Il sortit son paquet et son briquet de la poche de sa veste de costume grise.

    Bon sang, il ne lui en restait que deux !

    Leonie secoua la tête.

    — Mais ici, c’est inexplicable…

    Il s’arrêta et alluma sa cigarette, la première bouffée apaisant déjà la tension dans sa poitrine et lui faisant agréablement tourner la tête. Leonie le regarda en fronçant les sourcils, comme le faisaient de nombreux non-fumeurs. Reprenant sa route, il souffla la fumée, regrettant un peu que l’odeur remplace celle de la nature.

    — Il y a toujours une explication. Il faut simplement la trouver.

    — Est-ce que vous avez déjà une idée ? Je veux dire, nous l’avons vu de nos propres yeux sur les vidéos de surveillance, vous et moi. Ils sont entrés dans le château, ils sont descendus au sous-sol — où ils n’étaient pas censés aller ! dit-elle en secouant fermement la tête. Et ils ne sont jamais revenus.

    La vidéo en noir et blanc, que James avait vue au commissariat d’Oxford et encore une fois ce jour-là dans le bâtiment de la direction de l’autre côté du château, montrait Rogene et David Wakeley à la tête de la file d’attente pour acheter leur billet. Ensuite, le frère et la sœur avaient traversé le pont d’un pas décidé, sans regarder autour d’eux ni profiter de la vue comme les touristes normaux.

    Les vêtements de Rogene et son gros sac à dos bien rempli donnaient l’impression qu’elle s’apprêtait à passer plusieurs jours dans la nature. La voiture qu’elle avait louée avait été signalée par la société de location environ une semaine après son arrivée ici avec son frère. Elle aurait une grosse amende à payer — si elle revenait un jour.

    James exhala de la fumée.

    — Je ne peux pas raconter mes idées, malheureusement.

    — D’accord. Je comprends. Seulement, la jeune femme avait déjà disparu avant, le jour du mariage des Fischer, n’est-ce pas ?

    — Oui.

    — Et vous l’aviez cherchée à ce moment-là aussi.

    — Oui. Quand elle est revenue, elle a soutenu qu’elle avait passé tout ce temps avec un homme qu’elle avait rencontré au château ce soir-là. Angus Mackenzie. C’est ce qu’elle a dit à la police.

    Mais aucun des Angus Mackenzie que James avait contactés ne connaissait Rogene.

    Pourtant, compte tenu de ses préparations minutieuses et de son gros sac à dos, on aurait dit que Rogene savait qu’elle partait pour toujours cette fois. Autre fait intéressant : elle était enceinte et la date de conception coïncidait avec sa disparition au mois de mai.

    Elle semblait s’être préparée pour un long voyage, pas pour se suicider, comme la note qu’elle avait écrite le suggérait. Il doutait fortement qu’une femme enceinte prépare son suicide si méticuleusement.

    Même la sœur de James, Emily, qui avait récemment perdu son fiancé, lui avait dit que le bébé qu’elle attendait était devenu la lumière de sa vie.

    Leonie pinça les lèvres.

    — Je ne connais aucun Angus Mackenzie, mais l’île est ouverte au public, même quand le château est loué pour un mariage.

    — OK.

    Tandis qu’ils approchaient de la porterie, James regarda les hauts murs. Une drôle de pensée lui traversa l’esprit : comment cela serait de se tenir sur ce mur, un arc bandé dans les mains, sa flèche visant un ennemi médiéval qui se dirigeait vers le château ? Il n’avait pas touché un arc et une flèche depuis ses quatorze ans, mais l’archerie avait représenté une part importante de sa vie quotidienne quand il vivait avec la secte des Merveilles invisibles. C’était un exutoire à son stress et un moyen de trouver de la nourriture pour sa mère et sa sœur depuis ses huit ans.

    Leonie déverrouilla la porte dans le portail de la porterie et l’ouvrit. Ils entrèrent dans une petite cour paisible et ensoleillée. Des murs gris marron se dressaient autour de lui. Le plus grand bâtiment était le donjon principal, avec un escalier en pierre qui menait à une lourde porte au premier étage.

    James jeta son mégot sur le sol pavé et l’écrasa pour l’éteindre.

    Leonie le foudroya du regard.

    — Ça vous dérangerait de mettre ça à la poubelle, s’il vous plaît ?

    Se maudissant intérieurement, James se pencha et ramassa son mégot.

    — Désolé. La nuit a été courte. Je n’avais pas l’intention de manquer de respect à l’Histoire.

    Il mit le mégot à la poubelle.

    Leonie soupira et désigna le donjon.

    — C’est là que sont allés Rogene et David. Dans le donjon principal.

    — Super.

    Ils traversèrent la cour en direction du bâtiment, et Leonie déverrouilla la porte en forme d’arche.

    À l’intérieur, un petit couloir s’étirait devant eux. Leonie désigna un court escalier sur la gauche, en bas duquel se trouvait une autre grande porte.

    — Elle mène à la caserne, où ont lieu les mariages.

    Elle l’emmena dans le petit couloir et ils arrivèrent devant la barrière avec le panneau « Réservé au personnel » qu’il avait vue sur les vidéos de surveillance. Leonie désigna une aquarelle sur le mur à côté d’eux. Elle représentait un château médiéval sur une île, avec quatre énormes murs et quatre tours.

    — Cela montre à quoi pouvait ressembler le château au XIV e siècle, à l’époque de Robert Bruce.

    — Intéressant…, marmonna James. Et cette tour dans laquelle nous nous trouvons serait l’une de celles-ci ?

    Elle pointa du doigt la plus large des quatre.

    — Aye ¹, celle-ci a toujours été le donjon principal.

    Il désigna la porte.

    — J’aimerais voir où sont allés Rogene et David.

    Elle avança dans le couloir.

    — Oh, aye, bien sûr.

    — Vous savez pourquoi quelqu’un pourrait vouloir aller là ?

    — Elle est historienne, alors je suppose qu’elle se sentait très curieuse. Ses collègues et elle ont trouvé la lettre de Robert Bruce cachée dans le mur, après tout.

    C’est vrai, Rogene et ses amies Karin et Anusua avaient trouvé une lettre que Robert Bruce avait écrite au roi Édouard I, dans laquelle il déclarait son intention d’abandonner le combat et le trône. La lettre avait été un choc pour la communauté historienne et avait rendu Rogene célèbre. Sa carrière était prospère. Raison de plus de ne pas disparaître ni mettre fin à ses jours.

    Leonie ouvrit la barrière et déverrouilla la porte. Lorsqu’elle appuya sur l’interrupteur, de la lumière éclaira un escalier en pierre étroit, qui descendait. James la suivit, respirant l’air froid, humide et moisi.

    Un étrange sentiment de malaise le saisit en descendant. Ça lui rappela quelque chose, quelque chose qu’il avait désespérément cherché à oublier. Une ferme privée, un vieux cottage victorien au milieu des bois et des champs d’avoine abandonnés. L’odeur de poussière humide, de fumée, et la chaleur du feu qui essayait éperdument de chasser le froid constant. Sa mère qui pleurait une fois de plus, blottie dans le coin d’un vieux cottage.

    Ce n’est qu’un vieux château, c’est tout. Juste une autre affaire à résoudre, un peu de chaos à mettre en ordre. Un autre mystère présumé à élucider.

    Tandis que l’escalier prenait fin dans un long et large couloir avec des meubles recouverts de draps protecteurs blancs le long des murs en pierre, le téléphone de James sonna.

    C’était un SMS d’Emily.

    Le médecin m’a dit qu’il pouvait me faire passer une écho entre deux rendez-vous aujourd’hui.

    Il poussa un petit soupir soulagé. Il avait insisté pour qu’elle passe une échographie, parce que le bébé bougeait moins depuis quelques jours. Elle en était à sa trente-neuvième semaine et lui avait dit qu’elle ne s’inquiétait pas. Mais James était inquiet, lui. Elle était presque à terme. Il ne pouvait pas la laisser perdre son bébé par-dessus le marché.

    Il répondit : Super. Appelle-moi. Que ce soit une bonne ou une mauvaise nouvelle. Je rentrerai directement à Oxford si tu as besoin de moi.

    Son fiancé, Harry, un pompier, était mort en service six mois plus tôt, et James était le seul soutien qu’elle avait. Il l’avait étreinte ce jour-là pendant qu’elle sanglotait dans ses bras, et il avait juré qu’il ne la laisserait pas endurer la vie de mère célibataire seule. Il serait présent pour elle, comme il l’avait toujours été.

    Il rangea son téléphone et regarda autour de lui. Une odeur de moisissure et de terre humide régnait, ainsi qu’un parfum floral… de la lavande ?

    Des lampes éclairaient faiblement l’endroit, et le froid s’immisçait jusque dans ses os. James s’avança au milieu de la pièce et s’arrêta. Des meubles couverts et quelques placards se trouvaient dans les alcôves le long du mur. Il y avait deux portes.

    James parcourut les alentours du regard.

    — Qu’est-ce qui pourrait être intéressant pour une historienne ?

    Leonie désigna la porte au bout du couloir.

    — Là-bas, il y a un rocher ancien avec une gravure picte. Pour la plupart des gens, ce n’est pas très intéressant, mais c’est une rare trouvaille pour un véritable historien.

    — Commençons par là, dans ce cas.

    Le sentiment de malaise de James s’intensifia alors qu’ils s’approchaient de la vieille porte à la poignée en fonte. Le grincement rouillé et métallique de la clé dans le trou résonna dans la pièce, et James ressentit la forte envie d’arrêter Leonie. Lorsque la porte s’ouvrit, les ténèbres lui soufflèrent un air froid chargé d’une odeur de terre au visage. Mais grâce à l’interrupteur, James vit un grand espace au plafond voûté avec des murs en pierre brute. Un tas de gravats et de rochers se trouvaient à sa droite.

    Un téléphone se mit à sonner, perturbant le silence de mort et chassant le malaise de James.

    — Désolée, marmonna Leonie. Mon fils m’appelle. Vous pouvez rester tout seul ici ?

    — Bien sûr. Y a pas de soucis.

    — Ne vous approchez pas du site en rénovation, s’il vous plaît.

    L’équipe de recherche avait fouillé les décombres à la recherche de corps, ils devaient donc avoir renforcé le plafond pour éviter qu’il s’effondre encore plus.

    — Merci.

    Alors que la porte se refermait derrière lui, James fut content de pouvoir examiner la pièce sans que Leonie ne l’observe. Il chercha des cheveux, une trace sombre indiquant du sang, un morceau de papier… n’importe quel signe indiquant que les deux disparus étaient venus ici. Rogene devait être allée voir le rocher picte.

    Il s’en approcha et s’accroupit pour le regarder de plus près. Il y avait trois lignes ondulées, une ligne droite et une empreinte de main. Il n’en connaissait pas la signification, mais il pouvait imaginer qu’il devait peut-être y avoir des connotations religieuses. Peut-être qu’un chaman picte avait fait cette gravure pour vénérer une sorte de dieu imaginaire.

    De la colère et de la répulsion submergèrent James. Emily et lui étaient les produits d’une telle illusion.

    Et sa mère en avait été la victime. C’était dangereux, le fanatisme. Croire qu’il existait des choses « miraculeuses » et qui « allaient au-delà de notre compréhension » était dangereux. La descente aux enfers de sa mère, alcoolique et désespérée, en était la preuve. La psyché abîmée de James en était la preuve. Les millions de livres sterling que des gens avaient payés au leader des Merveilles invisibles, Brody Guthenberg, en étaient la preuve.

    Une odeur de lavande et d’herbe fraîchement coupée chatouilla le nez de James. Leonie devait être revenue. Il regarda par-dessus son épaule, mais la porte était toujours fermée.

    Pourtant, il y avait une ombre sur le sol, à environ un mètre de lui. En se tournant, il vit une femme vêtue d’une cape vert foncé qui se tenait à quelques pas de lui. Elle lui souriait, ses yeux pétillant.

    Comment n’avait-il pas entendu la porte s’ouvrir et se refermer ?

    Il se releva, se tendant.

    — Êtes-vous avec Leonie ?

    — Nenni, répondit-elle, penchant la tête sur le côté et l’étudiant.

    — Dans ce cas, j’aimerais que vous partiez, s’il vous plaît. C’est une enquête policière.

    — Il se peut que j’aie des informations que vous cherchez, comme vous dites de nos jours, vous les humains, répondit-elle d’une douce voix agréable.

    Elle avait un joli visage, avec des lèvres pulpeuses et des taches de rousseur.

    Ignorant son étrange « vous les humains », il fronça les sourcils.

    — Quelles informations ?

    — Je sais où se trouvent les gens que vous cherchez.

    Stupéfait, il pencha la tête sur le côté.

    — Et qui êtes-vous ?

    — Je m’appelle Sìneag.

    — Inspecteur Murray. Police judiciaire.

    Il attendit qu’elle révèle ses informations, mais elle se contenta de se mordre la lèvre comme si elle essayait de dissimuler un sourire. L’unique ampoule bourdonnait doucement au-dessus de leur tête.

    Il cligna des yeux.

    — Eh bien ? Où sont-ils ?

    Elle désigna le rocher picte.

    — Ils sont allés dans le passé grâce à ce rocher.

    C’est ça !

    James soupira.

    — C’est censé être drôle ?

    Elle le contourna, mais ses pieds ne firent aucun bruit en touchant le sol en terre. Elle portait le plus étrange des parfums, qui amenait l’image de quelqu’un fauchant de la lavande sur une colline. Comme c’était bizarre qu’il ait pu la sentir avant qu’elle apparaisse ! Peut-être était-elle cachée ici avant leur arrivée, à Leonie et lui.

    — Je savais que vous ne me croiriez point. Vous êtes l’un des plus compliqués.

    — Je ne veux pas être grossier, mais si vous n’avez rien qui puisse contribuer à l’enquête…

    Elle s’arrêta et la lumière de l’ampoule tomba sur sa peau, qui semblait aussi lisse que de la pierre polie.

    — J’ai quelque chose. Le rocher a été gravé par les Pictes pour ouvrir un passage dans la rivière du temps.

    James regarda le rocher par-dessus son épaule. Il n’y avait pas assez de lumière pour voir les détails. Les pierres et les gravats projetaient des ombres dans la pièce.

    — C’est ça !

    — Je l’ai dit à Rogene.

    Il tourna si brusquement la tête vers Sìneag que son cou craqua. Elle rayonnait presque.

    — Vous l’avez vue ici ?

    — Aye. Deux fois. Le soir du mariage. Et il y a deux semaines.

    Il cligna des yeux et fit un pas vers elle, essayant de voir les

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