Penser le travail avec Karl Marx: Comprendre le monde
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À propos de ce livre électronique
Dans une économie obsédée par le rendement du capital et la finance, peut-on ignorer les critiques que Marx fit du capitalisme, et dont la plupart conservent une troublante validité ? Il met le travail humain au cœur de la vie économique et sociale, ce qui rend ses analyses éclairantes pour sortir de la crise que nous connaissons aujourd’hui. Mais Marx est aussi le prometteur d’une transformation de la société dont la mise en œuvre fut un désastre. Est-ce à dire que ses critiques ne mènent à rien qu’à un fatalisme désespérant ?
Dans Penser le travail avec Karl Marx, Pierre-Yves Gomez, spécialiste de la relation entre l’entreprise et la société et du rôle politique de l’entreprise, explique dans un langage simple et accessible la logique de la pensée de Marx. Il montre que le matérialisme de Marx l’enferme dans la certitude absolue que la transformation de la société se fera de manière automatique et mécaniste – ce qui s’est avéré une tragique impasse. Penser le travail avec Karl Marx invite ainsi à relire Marx pour renouveler notre regard sur le présent mais aussi pour refonder, de manière différente, notre espérance en une société plus juste, où le travail manifeste la dignité de la personne humaine.
Un grand thème associé à un auteur incontournable pour mieux comprendre notre monde moderne.
EXTRAIT
Marx est mort ! Pour la plupart de nos contemporains, notamment pour les jeunes générations, ce cri n’a même pas retenti. Ils n’ont pas entendu parler de Marx sinon comme d’un penseur d’un autre âge vaguement associé à l’empire soviétique, à ses crimes et à son effondrement – qui appartiennent eux-mêmes au passé.
Pour une petite minorité, Marx est encore le prophète immortel trahi par les hommes, dont l’œuvre reste un horizon indépassable. Ils en reprennent les éléments de langage et les concepts, isolant soigneusement sa pensée de sa mise en œuvre par des disciples infidèles au premier rang desquels Lénine est désormais inscrit.
CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
À lire si on veut comprendre une des pensées les plus influentes sur le 20e siècle. - Écologie humaine
À PROPOS DE L'AUTEUR
Pierre-Yves Gomez, économiste, docteur en gestion, professeur à EMLYON Business School, conférencier et homme de médias, notamment chroniqueur au Monde, est un spécialiste de la relation entre l’entreprise et la société et du rôle politique des entreprises, sujets aux-quels il consacre ses travaux depuis 25 ans.
À PROPOS DE LA COLLECTION
La collection Penser avec propose de renouveler la réflexion sur les grands thèmes de l’économie et du management, en invitant à la lecture d’un auteur de référence. L’œuvre de l’auteur est exposée de manière à éclairer son contenu, ses apports et aussi ses limites pour appréhender la réalité du monde économique contemporain. La collection permet de se forger une culture critique en revenant aux auteurs classiques et en pensant avec eux.
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Aperçu du livre
Penser le travail avec Karl Marx - Pierre-Yves Gomez
Chapitre 1
LE TRAVAIL, SOURCE DE VIE
Un matérialisme historique
Au commencement, il y a un fait matériel objectif qui est antérieur à toute science sociale, un fait brut qui s’impose à tout observateur de la société : l’être humain vit dans le monde. Pour Marx, il est vain de penser l’humain « en soi », comme un homme métaphysique idéal. On ne peut connaître l’homme que tel qu’il existe concrètement, dans sa société et dans son temps, tel qu’on le voit agir et vivre. Si nous voulons le comprendre pour ce qu’il est, c’est-à-dire un être vivant et non la figure de style abstraite des métaphysiciens, il faut le saisir dans le milieu social, économique, politique et culturel qu’il produit et qui le définit. Pour Marx, il n’y a pas deux types de connaissance séparés, d’un côté la philosophie de l’homme (disons une anthropologie fondamentale) et de l’autre la science sociale (disons l’économie politique). L’homme est de la matière pensante située dans la matière et les deux évoluent ensemble.
Si l’homme est indéfectiblement lié à la société qu’il crée et qu’il habite, ce n’est pas parce qu’il serait soumis à elle, mais parce qu’il ne peut pas se reconnaître concrètement en tant qu’homme en dehors du cadre social, culturel, économique et politique dans lequel il vit. « Ce n’est pas la conscience qui détermine la vie, c’est la vie qui détermine la conscience » (IA p. 17), écrit-il dans une formule célèbre et décisive. Ce qui signifie que les conditions matérielles de la vie, son « langage », ses représentations mais aussi ses réalités physiques, bornent les représentations par lesquelles un être humain peut avoir conscience de sa condition humaine. Ainsi, un homme qui vit au Moyen-Âge se conçoit lui-même dans son milieu économique ou culturel qui est différent de celui de l’homme antique ou de l’homme moderne. Il n’y a pas d’humain qui se pense « en soi », il n’y a que des humains incarnés dans un temps et un lieu.
« La production des idées, des représentations et de la conscience est d’abord directement et intimement mêlée à l’activité matérielle et au commerce matériel des hommes, elle est le langage de la vie réelle. Les représentations, la pensée, le commerce intellectuel des hommes apparaissent ici encore comme l’émanation directe de leur comportement matériel. Il en va de même de la production intellectuelle telle qu’elle se présente dans la langue de la politique, celle des lois, de la morale, de la religion, de la métaphysique, etc. de tout un peuple. Ce sont les hommes qui sont les producteurs de leurs représentations, de leurs idées, etc., mais les hommes réels, agissants, tels qu’ils sont conditionnés par un développement déterminé de leurs forces productives et des rapports qui y correspondent, y compris les formes les plus larges que ceux-ci peuvent prendre. La conscience ne peut jamais être autre chose que l’être conscient et l’être des hommes est leur processus de vie réel » (IA p. 17).
Le décor est planté : « C’est là où cesse la spéculation, c’est dans la vie réelle que commence donc la science réelle, positive, l’analyse de l’activité pratique, du processus de développement pratique des hommes » (IA p. 17). Si nous ne prenons pas en compte cette matérialité de la vie, nous tombons dans l’idéalisme abstrait et illusoire que Marx ne cessera de dénoncer et de railler. Car il est radicalement matérialiste et son effort consistera à penser la société humaine et son développement à partir de la vie pratique, une vie qui évolue avec le temps pour composer l’Histoire des hommes. Loin d’être figé dans des lois immuables, son matérialisme est historique.
Mais si l’homme se définit par rapport à la société et que cette société est construite par les hommes, comment appréhender cette double détermination sans tomber dans le dilemme élémentaire de l’œuf et de la poule ? Nous allons voir que l’enjeu de l’œuvre de Marx est de pouvoir affirmer que l’homme ne se conçoit que dans un milieu social matériel, mais qu’il ne devient pas pour autant le jouet passif de ce milieu.
C’est ici qu’intervient le rôle fondamental du travail.
Bâtisseur de son milieu
L’homme vit certes dans un milieu naturel et social, mais il est davantage qu’un animal. Il ne se contente pas d’habiter son milieu. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer son activité. Dans une célèbre métaphore, Marx compare une abeille et un architecte :
« Notre point de départ c’est le travail sous une forme qui appartient exclusivement à l’homme. Une araignée fait des opérations qui ressemblent à celles du tisserand, et l’abeille confond par la structure de ses cellules de cire l’habileté de plus d’un architecte. Mais ce qui distingue dès l’abord le plus mauvais architecte de l’abeille la plus experte, c’est qu’il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche. […]. L’œuvre exige pendant toute sa durée, outre l’effort des organes qui agissent, une attention soutenue, laquelle ne peut elle-même résulter que d’une tension constante de la volonté » (KA, livre I, section 3, ch. 7, p. 139).
L’intelligence humaine et la conscience de cette intelligence poussent à travailler pour rendre le milieu naturel plus vivable et plus sûr. Travailler ce n’est donc pas simplement réagir aux contraintes de la nature : c’est agir sur ces contraintes.
L’origine et la nécessité du travail sont inscrites dans les conditions matérielles élémentaires de la vie :
« Mais pour vivre, il faut avant tout boire, manger, se loger, s’habiller et quelques autres choses encore. Le premier fait historique est donc la production des moyens permettant de satisfaire ces besoins, la production de la vie matérielle elle-même, et c’est même là un fait historique, une condition fondamentale de toute histoire que l’on doit, aujourd’hui encore comme il y a des milliers d’années, remplir jour par jour, heure par heure, simplement pour maintenir les hommes en vie » (IA
