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Contes et légendes du Japon
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Contes et légendes du Japon
Livre électronique272 pages2 heuresAux origines du monde

Contes et légendes du Japon

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À propos de ce livre électronique

Un florilège de mythes, de contes et de légendes permet de pénétrer dans l'imaginaire du Japon

Ce florilège de mythes, de contes et de légendes permet de pénétrer dans l'univers poétique de l'Empire du Soleil Levant. Les uns nous traitent de sujets fondamentaux telles que l'origine du Japon et de ses dieux, des temples et des fêtes, tandis que d'autres s'intéressent aux questions plus futiles : pourquoi la langouste est pliée en deux, la méduse est molle et la tortue a des marques. A la fin du livre, dans la postface, l'auteur cherche à répondre à la question que se poseront nombre de lecteurs : quelle est la spécificité du conte japonais. La presse a salué les trois premières éditions vite épuisée en quelques mois : " Un petit bijou ", " Un beau livre ", " Une introduction colorée à la culture populaire japonaise ".

EXTRAIT

Mortier soufflant du sel

Jadis, quelque part, vivaient deux frères. L’aîné se fait devancer par son cadet pour le mariage. Le cadet, plus malin, est le premier à prendre femme. Le couple loge dans une cabane proche de la maison principale. L’hiver vient. Le couple a du mal à trouver à manger. C’est la fin de l’année. Le coffre à riz est au niveau le plus bas. Le cadet va demander du riz au noble aîné, qui refuse en disant :
– Vas-en demander à ta femme, et chasse le cadet.
Celui-ci s’en va en montagne, tout triste, shioshio. Il parvient à un col, rencontre un vieillard à barbe blanche, occupé à ramasser du bois mort :
– Toi, où diriges-tu tes pas ?
– Ce soir, c’est la fin de l’an. Je n’ai même pas de riz à offrir à Toshigami (le dieu de la fin de l’an). J’erre par ici, à bout de ressources.
– C’est ennuyeux. Tiens, prends ça !
Le vieux lui donne un manjû, pâté de blé, et ajoute :
– Va dans le sanctuaire du dieu de la forêt que tu vois là, derrière le temple. Il y a là un trou avec des nains. Ils auront très envie de ton pâté. Donne-le-leur. Échange-le, non pas contre de l’or, mais contre un mortier à roue (hiki usu) que l’on entraîne avec une cordelette.

À PROPOS DE LA COLLECTION

« Aux origines du monde » (à partir de 12 ans) permet de découvrir des contes et légendes variés qui permettent de comprendre comment chaque culture explique la création du monde et les phénomènes les plus quotidiens. L’objectif de cette collection est de faire découvrir au plus grand nombre des contes traditionnels du monde entier, inédits ou peu connus en France. Et par le biais du conte, s’amuser, frissonner, s’évader… mais aussi apprendre, approcher de nouvelles cultures, s’émerveiller de la sagesse (ou de la malice !) populaire.

DANS LA MÊME COLLECTION

• Contes et légendes de France
• Contes et légendes de la Chine
• Contes et légendes du Burkina-Faso
• Contes et légendes d'Allemagne, de Suisse et d'Autriche
• Contes et récits des Mayas
LangueFrançais
ÉditeurFlies France Éditions
Date de sortie30 avr. 2015
ISBN9782373800036
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    Aperçu du livre

    Contes et légendes du Japon - Maurice Coyaud

    La mer, les astres, le pays et le calendrier

    1.

    Mortier soufflant du sel

    Jadis, quelque part, vivaient deux frères. L’aîné se fait devancer par son cadet pour le mariage. Le cadet, plus malin, est le premier à prendre femme. Le couple loge dans une cabane proche de la maison principale. L’hiver vient. Le couple a du mal à trouver à manger. C’est la fin de l’année. Le coffre à riz est au niveau le plus bas. Le cadet va demander du riz au noble aîné, qui refuse en disant :

    – Vas-en demander à ta femme, et chasse le cadet.

    Celui-ci s’en va en montagne, tout triste, shioshio. Il parvient à un col, rencontre un vieillard à barbe blanche, occupé à ramasser du bois mort :

    – Toi, où diriges-tu tes pas ?

    – Ce soir, c’est la fin de l’an. Je n’ai même pas de riz à offrir à Toshigami (le dieu de la fin de l’an). J’erre par ici, à bout de ressources.

    – C’est ennuyeux. Tiens, prends ça !

    Le vieux lui donne un manjû, pâté de blé, et ajoute :

    – Va dans le sanctuaire du dieu de la forêt que tu vois là, derrière le temple. Il y a là un trou avec des nains. Ils auront très envie de ton pâté. Donne-le-leur. Échange-le, non pas contre de l’or, mais contre un mortier à roue (hiki usu) que l’on entraîne avec une cordelette.

    Le cadet remercie, va derrière le temple, selon les instructions du vieillard. Là, en effet, il trouve un trou, y pénètre. La grotte est pleine de nains qui s’agitent, gayagaya, avec animation, s’affairant avec des brins de paille. Ils s’extasient devant la taille et la force du cadet, découvrent le pâté :

    – Tu as là une chose merveilleuse, donne-la-nous !

    Ils placent de l’or devant le cadet, qui le refuse, et demande plutôt le mortier hiki usu, qui n’a pas son égal.

    L’échange se fait. Le cadet sort du trou. Il entend une voix de moustique crier :

    – À l’assassin !

    Il s’aperçoit qu’un nain est coincé entre deux de ses dents, l’extrait avec force excuses de cette position désagréable, le remet dans la grotte, s’en va, rencontre le vieux du col :

    – Ah bien ! ah bien ! Tu as pris le mortier. Si tu le tournes vers la droite, tout ce que tu désires apparaîtra en abondance. Pour arrêter le flot, tourne-le vers la gauche.

    Le cadet, tout heureux, rentre à la maison.

    Son épouse l’interroge :

    – As-tu obtenu de ton noble frère quelque chose pour le réveillon ?

    Le mari répond :

    – D’abord, étale un beau coussin !

    Il étale le mortier sur le coussin et dit :

    – Riz, sors ! en faisant tourner le moulin vers la droite.

    Un, deux boisseaux de riz sortent avec ce bruit : nishin nishin ! Alors, il dit :

    – Saumons, sortez !

    Deux, trois saumons sortent du mortier. Les époux passent le réveillon dans l’abondance. À l’aube du Nouvel An, le cadet, regardant autour de lui, se dit :

    – Je suis devenu riche !

    À la place de la masure où il gîte, il veut une belle maison. Il dit :

    – Maison, apparais ! en tournant le mortier vers la droite.

    Une superbe demeure surgit, avec cinq pièces et trois autres chambres, et de plus sept chevaux apparaissent.

    Il crie encore :

    – Gâteaux, sortez ! Saké, sors !

    Tout cela s’amoncelle. Parents et proches rappliquent, s’extasient :

    – Cela, c’est étonnant !

    L’aîné devient pâle de jalousie.

    – Ce salaud de cadet ! Que se passe-t-il ? Bizarre, bizarre !

    Il ouvre de grands yeux, épie. Quand le cadet et sa femme sont endormis, il va dérober le mortier, et avec, vole divers gâteaux.

    Il s’enfuit jusqu’au bord de la mer avec son butin, monte sur une nacelle qui était amarrée là, démarre, fonce vers le large, pense, à l’aide du mortier, devenir fabuleusement riche. Après avoir dévoré tant de sucreries, il a envie de quelque chose de salé.

    Alors il crie :

    – Sel, sors ! en tirant la cordelette du mortier.

    Du sel sort en quantité. Mais le gredin ignore comment arrêter le mortier.

    Le sel en sort toujours, envahit la nacelle. Celle-ci coule, sombre ; le sel continue toujours de jaillir du mortier.

    C’est pourquoi de nos jours la mer est salée.

    2.

    La lune et une étoile

    Jadis, vivaient un homme, sa femme et leurs trois enfants. Le père mourut. Sept ans après sa mort, la mère alla prier sur sa tombe, laissant les trois fils à la maison. Elle leur dit avant de partir :

    – Dans ces montagnes habite une horrible ogresse, yama-uba. Si quelqu’un vient, n’ouvrez surtout pas la porte !

    Peu de temps après, l’ogresse se présenta :

    – Votre maman est revenue, fit-elle.

    – Montrez votre main voir ! dirent les enfants.

    Elle tendit la patte. Ils virent qu’elle était très poilue.

    – La main de maman est lisse. Tu es une ogresse ! dirent-ils.

    L’ogresse s’en alla, emprunta un rasoir, se rasa les poils. Elle prit de la farine, se polit les mains, revint à la maison :

    – Votre mère est revenue, dit-elle.

    – Montrez-nous vos mains !

    L’ogresse montra sa main. Les enfants la tâtèrent. Elle était bien lisse et belle, mais l’haleine de l’ogresse était forte ; sa voix résonnait comme des bouilloires roulant dans un ravin.

    – Notre mère a une voix plus douce, dirent les enfants.

    L’ogresse s’en alla, but une eau où avaient mariné des haricots rouges. Elle revint, frappa, tonton, et dit :

    – Votre mère est enfin arrivée, en retard mais…

    Cette fois, la voix de l’ogresse semblait bien celle de la mère. Ils ouvrirent la porte. L’ogresse, déguisée comme leur mère, entra.

    Ils allèrent se coucher : les deux aînés dans une chambre séparée, le cadet avec l’ogresse dans le même lit. Au milieu de la nuit, les deux aînés entendirent un bruit, korikori, sorte de grincement venant de la pièce voisine.

    – Mère, que manges-tu ? demandèrent-ils.

    – Je mange des tsukemono, cornichons, navets et radis fermentés, répondit l’ogresse.

    – S’il te plaît, donnes-en-nous ! implorèrent les enfants.

    Elle arracha les doigts du cadet, et les leur lança. Ils les ramassèrent, et virent que c’étaient les doigts de leur petit frangin.

    Alors, ils comprirent que c’était l’ogresse et non pas leur mère. Sans faire de bruit, les deux garçons se levèrent, prirent un pot d’huile, et s’enfuirent. Ils grimpèrent à l’arbre du jardin, en enduisirent le tronc avec de l’huile.

    Dès que l’ogresse découvrit que les deux garçons avaient filé, elle partit à leur recherche. Arrivée à la mare près du portail, elle vit leur reflet dans l’eau. Elle alla prendre un filet, et tenta de les pêcher dans la mare. En vain. Elle jeta un coup d’œil en l’air, et vit les garçons perchés dans l’arbre. Elle tenta de grimper à l’arbre, glissait toujours.

    – Comment parviendrai-je à grimper à cet arbre ? hurlait-elle.

    Les garçons avaient si peur, qu’ils lui dirent de se ménager des entailles dans le tronc pour se faire des marches. L’ogresse alla dans la remise, prit une faucille, fit des entailles au tronc, et y grimpa.

    Les deux garçons épouvantés, prièrent :

    – Dieu du ciel, laissez descendre une chaîne de fer, ou quelque chose !

    Aussitôt, du ciel tomba doucement, surusuru, une chaîne d’or, auprès d’eux. Ils la saisirent et grimpèrent.

    Voyant cela, l’ogresse pria :

    – Dieu du ciel, laissez descendre une chaîne ou une corde !

    Aussitôt, une corde pourrie tomba près d’elle. Elle saisit la corde pourrie et se mit à grimper. La corde cassa. Elle tomba à terre. En tombant, son sang jaillit, et coula sur un plant de sarrasin. C’est pourquoi de nos jours, les racines de sarrasin sont rouges.

    Les frères montèrent au ciel. L’aîné devint la lune et le puîné une étoile.

    3.

    Origine de la Voie lactée, de Véga et Altaïr

    Jadis vivait quelque part un jeune homme nommé Mikeran. Chaque jour, il allait au travail dans les champs ou en montagne couper du bois de chauffage. Un jour, il était à la corvée de bois en forêt avec les autres villageois. Ils allaient se rafraîchir au ruisseau qui coulait en contre-bas : boire ou laver leur sueur. Ce jour-là, Mikeran avait fini son travail plus tôt que les autres. Il alla au ruisseau, et le remonta en amont. Il parvint à une sorte de marais où personne n’était allé.

    Mikeran ôta ses habits trempés de sueur. Il était sur le point de plonger dans l’eau quand il eut le regard attiré par un pin qui poussait au bord. Il vit une superbe robe pendue à une branche de ce pin.

    – Ah ! le beau kimono ! s’écria-t-il, et aussitôt, il le détacha de la branche.

    À ce moment, une créature de rêve sortit du bassin. Joignant les mains d’un air suppliant, elle implora :

    – C’est ma robe volante. C’est une robe de plumes, d’aucun intérêt pour les êtres humains. Rendez-la-moi, je vous en prie !

    Mikeran restait sans répondre, fasciné par l’être céleste qui sortait de l’eau.

    – Mikeran, ne comprenez-vous donc pas ma requête ? Ce kimono est à moi. Sans lui, je ne puis pas m’envoler au ciel. Vous n’êtes qu’un humain. Cette robe ne vous est d’aucune utilité. Je vous demande de me la rendre.

    Mikeran refusait de la rendre, et interrogea :

    – Que fais-tu là ?

    La femme pensa que si elle lui disait la vraie raison de sa présence ici, il lui rendrait sa robe sans la trouver étrange. Les larmes se mirent à couler sur ses joues, et elle commença ainsi :

    – De temps à autre, je descends du ciel pour me baigner ici. Je suis un être céleste et non pas terrestre. Si vous ne me croyez pas, rendez-moi la robe, et vous verrez !

    Mikeran refusait d’accéder à son désir. Il dit :

    – Retournez à l’île avec moi. Nous serons mari et femme. Plus la peine de descendre du ciel pour prendre un bain ici. Je vous emmènerai où vous voudrez.

    – Mikeran, ne dites pas une chose pareille ! J’appartiens au ciel. Je ne puis pas vivre avec des terriens. Rendez-moi ma robe, je vous en supplie !

    – Pas question, répliqua Mikeran. Si je vous rendais la robe, vous retourneriez aussitôt au ciel. Venez chez moi, et soyons amis.

    La femme était folle de chagrin. Mais comme Mikeran ne voulait pas lui rendre sa robe, rien à faire, elle devait le suivre. Rendue au village, elle devint sa femme.

    Sept années passèrent. Trois enfants naquirent. La femme avait toujours la nostalgie du ciel. Elle ne savait pas où sa robe de plumes était cachée. Elle ne songeait qu’à la retrouver.

    Un jour que son mari était parti pêcher, elle accrocha le bébé sur le dos de son aîné, qui avait sept ans. Elle demanda au puîné, de cinq ans, de tapoter le dos du bébé. Ayant confié le bébé à l’aîné, elle alla chercher de l’eau au ruisseau. Elle revint bientôt, et à quelque distance de la maison, elle entendit les enfants derrière la maison chanter une berceuse au bébé :

    Bébé, ne pleure pas !

    Au retour de papa,

    Tu auras une surprise

    Il ouvrira la remise

    La remise à quatre et six piliers

    Et derrière les sacs de millet

    En dessous des sacs de riz

    Se trouve cachée la robe emplumée

    La robe pour danser

    Il la prendra pour nous.

    Entendant ses enfants, l’épouse comprit finalement que son kimono de plumes, qu’elle cherchait depuis sept ans, était planqué sous les sacs de millet et de riz du grenier. Avant le retour de son mari, elle prit une échelle, escalada le grenier jusqu’à ses doubles portes, les ouvrit, entra. Elle fouilla parmi les sacs de millet et de riz, et trouva sa robe.

    Avant que son mari ne soit revenu, elle eut le temps de prendre son aîné sur le dos, son puîné dans son giron, et le dernier sous son bras droit. Ayant revêtu la robe de plumes, elle agita les bras une fois, et hop ! elle s’envola au-dessus du pin du jardin. Elle battit des ailes encore une fois, et se trouva au-dessus des nuages les plus hauts. Un troisième battement d’ailes, elle acielit dans le ciel. Mais un peu triste, car, lors de son dernier essor, le bébé qu’elle avait sous le bras avait glissé et était tombé à terre.

    Quand Mikeran rentra de sa pêche, il fut bien surpris de ne trouver personne chez lui. Non seulement la maison était vide, mais la porte du grenier était restée ouverte. Il pensa : « La robe de plumes a été volée ! »

    Il s’assit, plongé dans ses pensées. Il eut faim. Il se dirigea vers le foyer, commença à faire du feu. Il prit un soufflet en bambou hifukidake, et tenta d’attiser le feu, mais l’air ne passait pas par le tuyau. Il examina le tuyau, et y trouva un bout de papier plié et collé dedans. Il extirpa le papier, le déplia et lut :

    « Rassemble mille paires de geta (socques de bois) et mille paires de sandales de paille. Enterre-les et plante un bambou dessus. Attends deux ou trois ans, que le bambou ait poussé jusqu’au ciel. Alors, tu seras en mesure de grimper au ciel sans difficulté. »

    Mikeran se mit aussitôt en peine de rassembler les geta et les sandales de paille. Il put en rassembler 999 paires de chaque. Pas une de plus. Néanmoins, il les enterra et planta un bambou dessus. Le bambou se mit à croître.

    Trois ans passèrent. On aurait dit que le bambou atteignait le ciel. Mikeran, tout heureux, se mit à grimper le long du bambou. Il grimpait, grimpait. Arrivé en vue du ciel, il ne lui manquait plus grand-chose pour y toucher. Mais il était coincé à la cime du bambou, qui n’atteignait pas tout à fait le ciel. Il resta là en rade, se balançant à la brise. Sa femme était revenue à sa

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