Impératrice d'un jour
Par Barbara Cartland
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À propos de ce livre électronique
Les deux femmes sympathisent et se rendent compte qu'elles sont parentes, ce qui expliquerait leur ressemblance physique. Sissi ne tarde pas à profiter de la coïncidence.
— Si vous alliez à ma place chez le vieux lord Quenby ? Il est à moitié aveugle, il ne se rendra compte de rien. Je pourrai continuer à chasser dans la région.
Comment décevoir une si charmante personne ?
Mais ô surprise ! Le vieux lord est mort, et c'est face à son héritier que Gisela se retrouve. Hugo Quenby est beau, cynique, arrogant... et il accueille « l'impératrice » d'une pluie de reproches !
© Barbara Cartland, 2022, Saga Egmont
Pour la traduction française :
Impératrice d'un jour © Éditions J'ai lu, 2004
Barbara Cartland
Barbara Cartland war die produktivste Schriftstellerin der Welt. Sie schrieb zu Lebzeiten 723 Bücher, von denen nicht weniger als 644 Liebesromane waren, die sich weltweit über eine Milliarde Mal verkauften und in 36 Sprachen übersetzt wurden. Neben Liebesromanen schrieb sie außerdem historische Biografien, Theaterstücke und Ratgeber. Ihr erstes Buch schrieb sie im Alter von 21 Jahren – es wurde auf Anhieb ein Bestseller. Ihr letztes Buch schrieb sie im Alter von 97 Jahren und es trug den vielleicht prophetischen Titel »Der Weg zum Himmel«. Zwischen den 1970er und 1990er Jahren wurde Barbara Cartland dank zahlreicher Fernsehauftritte und ihrer Beziehung mit der jungen Lady Diana zu einer Medienikone, doch ihr großes Vermächtnis werden ihre vielen inspirierenden Liebesromane bleiben. Barbara Cartlands offizielle Website: www.barbaracartland.com Bei dotbooks erscheinen von Barbara Cartland mehrere historische Liebesromane in der der HIGHLAND SKY-Reihe sowie in der REGENCY SCANDALS-Serie und Exotikromane in der Reihe TRÄUME UNTER FERNER SONNE.
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Aperçu du livre
Impératrice d'un jour - Barbara Cartland
Barbara Cartland
Impératrice d'un jour
SAGA Egmont
Impératrice d'un jour
Traduit par Marie-Noëlle Tranchart
Titre Original Stars in My Heart
Langue Originale : Anglais
Cover image : Shutterstock
Cover layout : Grafiskstue.dk
Copyright © 2004, 2022 Barbara Cartland et SAGA Egmont
Tous droits réservés
ISBN : 9788728394748
1e édition ebook
Format : EPUB 3.0
Aucune partie de cette publication ne peut être reproduite, stockée/archivée dans un système de récupération, ou transmise, sous quelque forme ou par quelque moyen que ce soit, sans l’accord écrit préalable de l’éditeur, ni être autrement diffusée sous une forme de reliure ou de couverture autre que dans laquelle il est publié et sans qu’une condition similaire ne soit imposée à l’acheteur ultérieur.
www.sagaegmont.com
Saga est une filiale d’Egmont. Egmont est la plus grande entreprise médiatique du Danemark et appartient exclusivement à la Fondation Egmont, qui fait un don annuel de près de 13,4 millions d’euros aux enfants en difficulté.
1
1876
Il y avait du monde dans la boutique du sellier et Gisela, arrivée bonne dernière, ne put faire autrement que d’attendre patiemment son tour.
Chaque fois qu’elle se rendait dans la petite ville de Towcester, son père avait quelque chose à lui confier à réparer : une bride, une étrivière, une sangle…
La boutique du vieux Fred Tyler ne désemplissait pas. Ses clients aimaient s’y attarder pour commenter les derniers événements du comté ou parler de chevaux.
« On dit que les femmes sont bavardes, pensa Gisela. Mais les hommes les valent bien. »
Cet après-midi-là, ils étaient bien une douzaine à discuter près du grand feu, en buvant de la bière dans les chopes d’étain qu’allait chercher l’apprenti du sellier à l’auberge voisine. Il s’agissait, bien entendu, de cavaliers passionnés de chasse à courre. La plupart portaient des bottes éclaboussées de boue et des vestes rouges ou rose vif dont la couleur des parements indiquait s’ils faisaient partie de l’équipage des Pytchley, des Bicester ou du duc de Grafton.
À l’entrée de la jeune fille, il y avait eu un moment de silence. Elle avait eu envie de se cacher dans un trou de souris lorsque tous les regards s’étaient tournés vers elle. Puis les conversations avaient repris, entrecoupées de rires.
Gisela était sûre que, dès qu’elle quitterait la boutique, quelqu’un demanderait à Fred Tyler :
— Qui est-ce ?
Que répondait alors le sellier ? Se contentait-il de déclarer :
— C’est la fille du commandant George Musgrave, le propriétaire du manoir de Musgrave.
Ou bien donnerait-il des détails :
— C’est la fille que George Musgrave a eue de cette étrangère excentrique qui est morte il y a une dizaine d’années, avant qu’il n’épouse lady Harriet.
— Seigneur ! Lady Harriet a une belle-fille ?
— Cela ne doit guère plaire à la sorcière du manoir de Musgrave, elle qui considère toutes les femmes comme des rivales.
Et les rires devaient retentir de plus belle.
Mais pourquoi Gisela s’imaginait-elle que ces hommes s’intéressaient à elle ? Elle avait l’air tellement insignifiante dans sa robe marron rapiécée par endroits, son petit châle gris et sa charlotte démodée !
En revanche, lorsqu’elle était à cheval, et même si son amazone était usée jusqu’à la corde, elle se sentait l’égale de ces messieurs. Et peut-être même supérieure, car personne ne montait aussi bien qu’elle dans le comté.
Derrière Gisela, la porte s’ouvrit brusquement.
— Sellier ! fit le nouveau venu d’un ton péremptoire.
Tout le monde se retourna. C’était un laquais qui se tenait là. Un laquais en livrée vert bouteille ornée de boutons dorés. Sa culotte de cheval était du même vert que celui de sa livrée, et ses hautes bottes noires brillaient comme des miroirs.
Comme Fred Tyler n’avait pas bougé, le domestique l’interpella de nouveau :
— Hé, sellier !
Fred Tyler s’essuya les mains à son tablier de cuir avant de s’avancer.
— Oui ? Que voulez-vous ?
— Milord vous demande. Il est dehors, dans la voiture. Dépêchez-vous un peu ! Si vous croyez qu’on va passer toute la journée dans ce trou perdu !
Un grand silence régnait dans la boutique. Les hommes qui discutaient près du feu semblaient sidérés par la désinvolture de ce domestique. Quant à Fred Tyler, qui avait l’habitude d’être traité avec courtoisie, il hésitait.
Puis il haussa les épaules.
— Bon ! fit-il avec résignation. Allons voir ce que me veut milord !
Il sortit. Comme le laquais avait laissé la porte ouverte longtemps, un courant d’air glacial avait envahi la boutique. L’année 1876 avait commencé sous la neige. En février, il n’avait pas cessé de pleuvoir. Et maintenant qu’on était en mars, il faisait si froid qu’on aurait pu se croire en janvier.
Gisela frissonna en resserrant autour d’elle les pans de son châle. Ce terrible hiver ne se terminerait donc jamais ? Quand donc viendrait le printemps, avec les premières jonquilles et les primevères ?
Les hommes se remirent à bavarder, tandis que la jeune fille attendait toujours patiemment en rêvant du jour où les bourgeons éclateraient enfin, libérant leurs premières feuilles d’un vert si tendre. Elle n’écoutait les conversations que d’une oreille, quand, soudain, une phrase la frappa :
— Quand elle a sauté la haie, elle a semblé voler au-dessus. Je n’ai jamais vu une pareille cavalière.
— Moi non plus, renchérit un autre.
— Et pourtant, les invitées du duc savent tenir en selle.
— Celle-ci monte comme une déesse. On dirait qu’elle ne fait qu’un avec son cheval.
« De qui parlent-ils donc ? » se demanda Gisela.
Elle n’avait pas pu suivre une chasse depuis plus d’une semaine, tant sa belle-mère l’avait surchargée de travail.
Pour la jeune fille, ne pas pouvoir monter représentait la pire des punitions. Au lieu de galoper à travers les bois ou les champs, elle devait rester au manoir et effectuer les tâches domestiques les plus humbles, celles dont personne ne voulait. Et pendant ce temps, une nouvelle cavalière était apparue ? Elle devait être exceptionnelle. Il fallait l’être pour réussir à forcer l’admiration de ceux qui se trouvaient réunis près du feu.
La porte se rouvrit.
— Entrez donc, milord, dit Fred Tyler respectueusement. Je vais vous montrer la bride dont je vous parlais. J’en ai fait plusieurs de ce modèle pour le duc de Grafton, il en a été très content.
Le sellier s’effaça pour laisser passer un homme de haute taille vêtu d’une élégante redingote bleu roi. Gisela demeura saisie. Avec son profil légèrement aquilin, son front haut, ses cheveux sombres ébouriffés par le vent et ses larges épaules, il était beau… Si beau ! Et quelle présence ! Tous ceux qui se trouvaient dans la pièce parurent soudain insignifiants.
Il jeta un coup d’œil autour de lui, sans paraître remarquer le petit groupe d’hommes, pas plus que Gisela, qui se sentit plus insignifiante que jamais.
Fred Tyler, qui était retourné derrière le comptoir, tendit une bride neuve à son client.
— Voilà, milord.
L’homme saisit la bride dans ses mains à la fois solides et élégantes. Puis il secoua la tête.
— Le cuir est trop épais.
— Je vous assure, milord, que le duc de…
— Montrez-moi autre chose, coupa l’homme en redingote bleue.
C’était, de toute évidence, quelqu’un qui avait l’habitude de commander – et d’être obéi.
Fred Tyler alla chercher une autre bride.
— Que pensez-vous de celle-ci, milord ? C’est la plus légère que je puisse vous proposer.
Après examen, l’homme déclara du bout des lèvres :
— Celle-ci conviendra.
Sur ces mots, il tourna les talons et se dirigea vers la porte que le sellier avait couru lui ouvrir. Il était si grand et il se tenait si droit que Gisela se demanda s’il allait devoir courber la tête pour passer.
Mais il ne se baissa pas. De son air de vouloir dominer le monde, il franchit la porte dont ses cheveux frôlèrent le chambranle. À quelques dixièmes de millimètre près, il se cognait… Gisela, qui avait retenu sa respiration sans savoir pourquoi – après tout, cela lui était bien égal que cet arrogant personnage se fasse mal – , laissa échapper un soupir de soulagement.
Le laquais, qui était resté derrière son maître, ordonna :
— Apportez-nous la bride, sellier.
Fred Tyler se mit en devoir de l’envelopper. Dans sa hâte, il en devenait maladroit.
— Vite ! lança le valet.
« Le domestique est aussi déplaisant que son maître », pensa Gisela.
En se précipitant vers la porte, le sellier, qui n’était plus tout jeune, glissa et faillit tomber. "
Soudain incapable d’en supporter davantage, Gisela quitta à son tour la boutique.
« Tant pis, je reviendrai une autre fois », se dit-elle.
La petite scène à laquelle elle venait d’assister l’avait révoltée. Sans trop savoir pourquoi, elle était furieuse. Pourtant, ce n’était pas la première fois qu’elle voyait un aristocrate se comporter comme si tout lui était dû. Mais celui-ci avait réussi à la mettre très mal à l’aise, sans qu’elle en comprenne très bien les raisons.
Pourquoi avait-il trouvé naturel de passer avant tout le monde ? Les autres attendaient, tout comme elle.
« Et moi, je ne suis pas n’importe qui non plus, pensa-t-elle dans une soudaine bouffée de fierté. Du sang bleu coule dans mes veines. Mon père n’est autre que George Musgrave, un châtelain apparenté à plusieurs familles aristocratiques. Il dit souvent que nous faisons partie du gratin, des classes dirigeantes. »
Elle eut soudain envie de rire. Le gratin ! Les classes dirigeantes! L’ironie de la situation ne lui échappait pas, à elle qui n’était guère, dans sa propre demeure, qu’une servante. Et une servante non payée !
Fred Tyler revenait déjà vers son magasin en enfouissant quelques billets dans la poche de son tablier. Une voiture dont les portières laquées étaient ornées d’un discret blason attendait devant le magasin du sellier. Gisela eut le temps d’apercevoir le profil impérieux du désagréable client. Puis le cocher effleura la croupe des quatre superbes anglo-arabes qui partirent immédiatement au trot. Perchés à l’arrière du véhicule se tenaient deux valets – dont l’insolent.
Gisela soupira.
Maintenant, il ne lui restait plus qu’à rentrer chez elle. À pied ! Car même si elle était capable de mener un attelage, elle ne disposait pas de voiture. Sa belle-mère aurait poussé de hauts cris si elle avait osé prendre le cabriolet d’osier, le tilbury ou la chaise de poste.
Heureusement, le manoir de Musgrave se trouvait à trois kilomètres à peine de la petite ville de Towcester, et Gisela était une bonne marcheuse.
Tout en allant d’un bon pas, la jeune fille se demanda qui pouvait bien être l’étonnante cavalière dont s’entretenaient les hommes avec admiration avant que l’impertinent laquais ne fasse une bruyante entrée dans la boutique.
— Hé, sellier !
Gisela fit une grimace dédaigneuse en pensant que le maître ne valait pas mieux que le valet.
« Il se prend pour le centre du monde, il est pétri d’orgueil… »
À ce moment-là, elle crut soudain entendre la voix sèche de sa belle-mère :
— Vous êtes pétrie d’orgueil, mademoiselle !
Elle ? La jeune fille soupira. De quoi aurait-elle pu se glorifier ? Dans trois mois, elle aurait vingt et un ans. Elle serait enfin majeure et libre de
