L'amour aux multiples visages
Par Barbara Cartland
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À propos de ce livre électronique
Barbara Cartland
Barbara Cartland war die produktivste Schriftstellerin der Welt. Sie schrieb zu Lebzeiten 723 Bücher, von denen nicht weniger als 644 Liebesromane waren, die sich weltweit über eine Milliarde Mal verkauften und in 36 Sprachen übersetzt wurden. Neben Liebesromanen schrieb sie außerdem historische Biografien, Theaterstücke und Ratgeber. Ihr erstes Buch schrieb sie im Alter von 21 Jahren – es wurde auf Anhieb ein Bestseller. Ihr letztes Buch schrieb sie im Alter von 97 Jahren und es trug den vielleicht prophetischen Titel »Der Weg zum Himmel«. Zwischen den 1970er und 1990er Jahren wurde Barbara Cartland dank zahlreicher Fernsehauftritte und ihrer Beziehung mit der jungen Lady Diana zu einer Medienikone, doch ihr großes Vermächtnis werden ihre vielen inspirierenden Liebesromane bleiben. Barbara Cartlands offizielle Website: www.barbaracartland.com Bei dotbooks erscheinen von Barbara Cartland mehrere historische Liebesromane in der der HIGHLAND SKY-Reihe sowie in der REGENCY SCANDALS-Serie und Exotikromane in der Reihe TRÄUME UNTER FERNER SONNE.
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Aperçu du livre
L'amour aux multiples visages - Barbara Cartland
Barbara Cartland
L'amour aux multiples visages
Traduit de l’anglais par Marie-Noëlle Tranchart
SAGA Egmont
L'amour aux multiples visages
Traduit par Marie-Noëlle Tranchart
Titre Original Hiding from love
Langue Originale : Anglais
© Barbara Cartland, 2008, 2022, Saga Egmont
Pour la traduction française :
L’amour aux multiples visages © Éditions J’ai lu, 2008
Cover image : Shutterstock
Cover layout : Grafiskstue.dk
Copyright © 2008, 2022 Barbara Cartland et SAGA Egmont
Tous droits réservés
ISBN : 9788728393680
1e édition ebook
Format : EPUB 3.0
Aucune partie de cette publication ne peut être reproduite, stockée/archivée dans un système de récupération, ou transmise, sous quelque forme ou par quelque moyen que ce soit, sans l’accord écrit préalable de l’éditeur, ni être autrement diffusée sous une forme de reliure ou de couverture autre que dans laquelle il est publié et sans qu’une condition similaire ne soit imposée à l’acheteur ultérieur.
www.sagaegmont.com
Saga est une filiale d’Egmont. Egmont est la plus grande entreprise médiatique du Danemark et appartient exclusivement à la Fondation Egmont, qui fait un don annuel de près de 13,4 millions d’euros aux enfants en difficulté.
1898
1
C’était la fin du dernier trimestre à la Fenfold Academy, l’une des plus sélectes pensions britanniques pour jeunes filles.
Une longue file d’élégantes voitures attendait devant le portail de cette demeure austère dont certaines parties dataient du xv e siècle. Il faisait chaud et les chevaux ne cessaient de secouer leur crinière pour chasser les mouches, tandis que les cochers patientaient d’un air résigné. Ah, il en fallait du temps à ces riches demoiselles trop gâtées pour se faire leurs adieux !
Leonora de Cranleigh tira sur ses gants en dentelle blanche avant d’embrasser son amie Isobel de Lapaz.
— Vous ne reviendrez donc pas à la Fenfold Academy en octobre, Isobel ? demanda-t-elle, presque au bord des larmes.
— Mes parents préfèrent que je termine mes études à Rio de Janeiro. Certes, je suis heureuse de retourner à la maison pour de bon. Mais vous allez me manquer, ma chère Leonora.
— Vous aussi, vous allez me manquer, Isobel.
— Pourquoi ne viendriez-vous pas me voir au Brésil ?
— J’aimerais bien. Mais c’est si loin !
Leonora n’ajouta pas qu’un tel voyage dépassait ses possibilités matérielles. Mais son amie, qui était au courant de sa situation, le comprit sans peine.
— Un jour, j’en suis sûre, nous nous reverrons, dit-elle. Et peut-être plus tôt que vous ne le pensez.
— Espérons-le. Cela me ferait tellement plaisir de découvrir votre magnifique pays.
La jeune fille avait de nombreuses amies à la Fenfold Academy, mais Isobel de Lapaz occupait une place spéciale dans son cœur.
Toutes deux adoraient la lecture. Elles avaient le même sens de l’humour et détestaient le snobisme de certaines pensionnaires. En les entendant s’entretenir d’un air important de la dernière mode parisienne, des potins de salon ou d’un mariage aristocratique, elles échangeaient un regard entendu et avaient alors toutes les peines du monde à refouler un grand éclat de rire.
Et lorsque ces demoiselles parlaient de flirt, de dot et de mariage, elles levaient les yeux au ciel.
— Moi, je ferai un mariage d’amour, disait Isobel.
— Moi aussi, renchérissait Leonora.
Certaines pensionnaires avaient la chance de recevoir la visite de leur famille le dimanche. Ce qui n’arrivait jamais aux deux amies. Comment les parents d’Isobel auraient-ils pu venir de Rio de Janeiro ? Quant à ceux de Leonora, ils n’étaient pas assez riches pour se permettre de passer un weekend en compagnie de leur fille.
Les deux amies plaignaient parfois leurs condisciples.
— Pauvre Clara ! Quand je pense que son père était complètement ivre quand il est venu la voir !
— Pauvre Jane ! Elle n’avait jamais avoué à personne que sa mère était une actrice. Jusqu’au jour où celle-ci est arrivée, vêtue presque comme sur scène.
— Vous souvenez-vous ? Elle a insisté pour réciter des monologues sur les marches du parloir ! Jane était morte de honte.
— Pauvre Edith ! C’est peut-être elle la plus à plaindre. Son père est mort au Brésil et son tuteur a détourné tout l’héritage.
Edith Lyford avait été récemment obligée de quitter la Fenfold Academy pour aller vivre chez un vieux cousin pauvre, tout à fait incapable de continuer à payer les frais de sa scolarité.
En cadeau d’adieu, Leonora lui avait donné un volume des poèmes de Byron, tandis qu’Isobel lui offrait un éventail japonais en soie peinte.
— Vous êtes si gentilles ! avait soupiré Edith, après s’être confondue en remerciements.
— Vous n’avez absolument aucun espoir de récupérer votre fortune ?
— L’associé de mon père, qui vit au Brésil, doit bientôt revenir en Angleterre. Peut-être pourra-t-il m’aider ? Mais honnêtement, je ne vois pas comment il pourrait retrouver mon tuteur, M. Farthing. Celui-ci a disparu…
— Avec tout votre argent ?
— Hélas !
— Quel genre d’homme est l’associé de votre père ? Lui faites-vous confiance ?
— Je ne l’ai pas vu depuis que j’avais sept ou huit ans. Je me souviens qu’il était très beau, très grand et très gentil. Il avait dansé avec moi et n’avait même pas protesté quand je lui ai marché sur les pieds. J’ai alors pensé qu’il était le genre d’homme dont une femme pouvait aisément tomber amoureuse.
Leonora et Isobel avaient échangé un regard navré.
— Vous étiez trop petite pour pouvoir juger, dit la première.
— Espérons qu’il pourra s’occuper de vous, fit la seconde d’un ton encourageant.
Mais depuis le départ d’Edith, elles n’avaient eu aucune nouvelle. Ce qui était bien mauvais signe…
Un cheval qui s’impatientait hennit, tout en grattant le sol de son sabot.
Isobel eut un geste agacé.
— Quand je pense que si je n’étais pas obligée de me rendre à Londres afin de voir le notaire de mon père, nous aurions pu aller ensemble jusqu’à Bristol.
— Quel dommage ! murmura Leonora.
Elle jeta un coup d’œil à l’élégante berline qui attendait son amie. Le cocher maintenait à grand-peine les quatre pur-sang fringants, tandis qu’un valet en livrée venait d’ouvrir la portière, découvrant de luxueuses banquettes en cuir rouge. Elle aurait bien aimé voyager en pareil équipage !
— Oh, j’allais oublier ! s’exclama Isobel en mettant un petit paquet dans la main de Leonora. Bon anniversaire !
— C’est vrai. J’ai dix-sept ans aujourd’hui, murmura la jeune fille.
Elle écarta les papiers de soie et découvrit, au bout d’une chaînette en or, une petite montre, en or également, sertie de petites perles et de brillants.
— Quelle jolie montre ! s’exclama-t-elle en la passant autour de son cou. Comment vous remercier, Isobel ?
— En venant me voir au Brésil, répondit cette dernière en l’embrassant une fois de plus, avant de courir s’installer dans la voiture.
Le valet ferma la portière. Puis il sauta à côté du cocher qui effleura les croupes des chevaux de la pointe de son fouet. Isobel se pencha à la portière et agita la main.
— À bientôt, au Brésil !
Les larmes aux yeux, Leonora agita la main à son tour.
— À bientôt ! fit-elle en écho, mais sans guère de conviction.
Un voyage assez long et compliqué l’attendait : elle devrait tout d’abord emprunter le véhicule de l’école, puis une diligence, et enfin la vieille calèche familiale.
Les années précédentes, c’était avec plaisir qu’elle accueillait la perspective de passer les grandes vacances à Broughton, le village où s’étaient établis ses parents près de vingt ans auparavant.
Cette année…
Elle frissonna, pleine d’appréhension à la pensée de ce qui l’attendait là-bas.
Son père, Elton de Cranleigh, était mort depuis déjà deux ans des suites d’une grippe mal soignée. Quel drame pour sa femme et sa fille, qui l’adoraient ! Quel terrible drame !
Cinquième et dernier fils du marquis de Cranleigh, Elton avait toujours été de constitution fragile. Son père avait décidé qu’il deviendrait soit homme d’Eglise, soit militaire. Au lieu de cela, ce passionné de littérature avait décidé d’écrire, à la grande horreur de son père et de ses frères, de solides gentlemen-farmers qui buvaient sec, mangeaient comme quatre et ne s’intéressaient guère qu’à la chasse ou à l’élevage de chevaux.
Selon eux, un romancier ne valait pas mieux qu’un danseur ou un peintre.
Ils furent encore plus horrifiés quand Elton se maria. Car au lieu de courtiser une jeune fille titrée, pourvue d’une grosse dot, le jeune homme choisit d’épouser une ravissante gouvernante sans le sou.
— Autant dire une domestique ! avait tonné le marquis en mettant Elton à la porte, tout en jurant qu’il le déshéritait.
Seule l’une des sœurs du marquis, Doris, devenue comtesse de Winsley, resta en contact avec son neveu. Et quand Edward et Lucy eurent une fille, elle proposa de devenir sa marraine, de l’inscrire à la Fenfold Academy et, le moment venu, de se charger des frais de scolarité.
Dès l’âge de dix ans, Leonora devint donc pensionnaire dans cette prestigieuse institution. Ce qui lui donna l’occasion de côtoyer des jeunes personnes de son âge venant de familles excessivement fortunées. Grâce au ciel, elle n’était nullement envieuse. La jolie propriété où ses parents vivaient heureux lui semblait le plus bel endroit du monde.
Elle versait toujours quelques larmes à la fin des vacances, quand venait le moment de retourner en pension. Mais son désir d’apprendre lui faisait vite retrouver le sourire.
Après la mort de son père, les ressources de sa mère diminuèrent dramatiquement.
— Heureusement que ta grand-tante a l’intention de continuer à payer tes frais de scolarité, avait dit lady de Cranleigh en s’essuyant les yeux. C’est tellement important de faire de bonnes études !
Leonora n’avait pas protesté. Elle savait qu’elle aurait besoin d’une bonne culture pour mener à bien ses projets d’avenir. Car elle avait l’intention, une fois devenue adulte, de faire fi des conventions pour travailler et gagner sa vie.
« Cela me permettra de gâter un peu ma mère », se disait-elle.
Après la mort de son père, comment aurait-elle pu deviner qu’un second choc l’attendait ?
Quelques semaines auparavant, on l’avait appelée au parloir. Quoi, elle recevait une visite ? Elle ? Et un jeudi après-midi, en plein cours de littérature française !
Ne sachant si elle devait se réjouir ou s’inquiéter, elle courut dans les couloirs qui sentaient l’encaustique et l’eau de Javel et arriva tout essoufflée au parloir.
Qui l’attendait, assise sur un canapé très inconfortable, tout en tordant nerveusement ses gants ? Lady de Cranleigh elle-même !
— Mère ! s’écria Leonora en courant l’embrasser. La directrice de l’établissement, qui se trouvait en compagnie de lady de Cranleigh, fronça les sourcils en voyant la jeune fille se conduire de manière aussi peu policée. Mais elle s’obligea à ne faire aucun commentaire.
En pinçant les lèvres, elle se leva.
— Je vous laisse.
Lady de Cranleigh tapota le coussin dur.
— Viens t’asseoir près de moi, ma chère enfant. Étonnée par la gravité du ton de sa mère, la jeune fille obéit. Tout en continuant à tordre ses gants, lady de Cranleigh déclara :
— J’ai une grande nouvelle à t’annoncer.
— Oui ?
— Sache que, lorsque tu auras terminé tes études, ton avenir sera assuré.
— Comment cela ?
Inquiète, Leonora poursuivit :
— J’espère que vous ne m’avez pas trouvé un mari, parce que…
— Ne dis pas de sottises, ma chère enfant.
