À propos de ce livre électronique
Immergez-vous dans la Cruauté et l'Humour Noir avec "Juste Une Gifle?"
Imaginez une gifle. Un instant qui fracture l'univers. "Juste Une Gifle?" vous entraîne dans un maelström de violence subtile et d'humour noir, où un seul geste peut pulvériser des vies, révéler des vérités grotesques et façonner des destins en absurdité.
Un Récit Qui Vous Fait Frémir de Vérité et de Sarcasme
Ce n'est pas un livre, c'est une expérience où l'horreur se marie à la dérision. Vous voyagerez à travers les conséquences d'un acte aussi impulsif que comique dans sa tragédie, explorant la culpabilité, le pardon impossible et une rédemption qui semble toujours hors de portée. Chaque page vous confronte à des âmes en lutte, chaque chapitre est une dissection de l'humanité avec une pointe de cynisme.
Une Histoire Qui Vous Marque et Vous Fait Rire Amèrement
Chaque rebondissement est une gifle à la réalité, chaque dialogue, un trait d'esprit acéré sur le lit de douleur, et l'intrigue, un écho qui vous hante et vous fait sourire jaune bien après la fin.
Katya : Le Miroir d'une Société Absurde
Katya, à la croisée de la jeunesse et de la maturité, nous offre un reflet déformé de notre monde. "Juste Une Gifle?" est son cri, une satire sombre de la violence qui dépasse les coups pour s'insinuer dans le coeur de notre société - sociale, économique, politique, judiciaire.
Un Conte Noir de Notre Temps
Avec une ironie mordante, ce livre s'inscrit dans la lignée de "La Belle au Bois Dormant", montrant comment une gifle, réduite à une farce judiciaire pour être socialement acceptable, peut ouvrir la porte à un cycle de violence psychologique et institutionnelle. Le titre "Juste Une Gifle?" est une moquerie cruelle, un clin d'œil sarcastique à notre manière de banaliser la violence.
Un Extrait Qui Vous Fait Glacer et Rire Amèrement
« À peine avais-je posé ma question qu'Éric, Zoé dans les bras, m'a foudroyée d'une première gifle en plein visage. Le choc a parcouru tout mon corps... » Chaque mot est une lame et une blague sinistre, vous précipitant dans l'horreur de Katya et l'innocence perdue de Zoé, une enfant rendue invisible par un système absurde.
Un Guide Vers la Révolte
"Juste Une Gifle?" est une arme à double tranchant, un spot lumineux sur la violence institutionnelle, avec juste assez d'humour noir pour que vous ne puissiez pas détourner le regard. C'est un guide dans un labyrinthe où l'inefficacité et l'incompétence sont ridiculisées, une invitation à l'action pour ceux qui combattent le sexisme et la violence domestique, mais aussi à rire de cette absurdité.
Votre Invitation à la Réflexion, l'Action et le Sarcasme
Ce livre vous demande de regarder la vérité en face, de ressentir la douleur, mais aussi de voir l'humour noir dans notre tragédie collective. "Juste Une Gifle?" vous invite à ne plus accepter l'inacceptable, tout en reconnaissant l'absurdité de notre système.
Osez plonger dans cette réalité sombre et satirique avec "Juste Une Gifle?"
Katya Stiletti
Katya Stiletti est un nom de plume. L'auteur principal de « Juste une Gifle ? » est Barrister & Solicitor (avocat) inscrite aux Barreaux de Victoria (Australie) et d’Irlande du Nord. Elle a une longue expérience en matière de droits de la personne. Notamment, elle a été pair examinateur externe du contenu du « Compendium des cadres juridiques internationaux et nationaux sur la violence domestique » publié en février 2019 par le Groupe de la Banque mondiale et participante du dialogue international « Vers une intégration systématique des efforts pour mettre fin aux MGF ».
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Avis sur Juste Une Gifle?
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Aperçu du livre
Juste Une Gifle? - Katya Stiletti
Préface
Rien ne m’avait préparée à Juste Une Gifle ? — ni à la vérité crue qu’il m’obligerait à regarder en face : nous laissons la violence s’installer, silencieusement, par confort ou par ignorance.
Juste une gifle.
Trois mots qui réduisent un acte de domination à une note de bas de page dans la mauvaise journée de quelqu’un d’autre. Un geste de contrôle travesti en banalité.
Soyons claires : c’est un mensonge.
Et ce livre le démonte pièce par pièce.
Trilingue (anglais-français-grec), avocate aux Barreaux de Victoria (Australie) et d’Irlande du Nord, défenseure obstinée des droits humains, écrivaine et scénariste, mon parcours oscille entre pratique professionnelle et engagement. En tant qu’autrice principale de la version originale française, Juste Une Gifle ?, j’ai mené les recherches juridiques et rédigé l’essentiel du texte — un travail né autant de loyauté que de conviction.
Puis il y a l’instant.
Une main, soudaine, précise — et tout bascule.
La vision se trouble. Les mots chancellent. Zoé tremble dans les bras de son père. Autour de nous, le jardin explose : pierres qui volent, cris qui lacèrent l’air. Chaque seconde brûle d’horreur et d’évidence.
À cet instant, je deviens Katya.
La brûlure sur la joue. La douleur dans le bras. Le choc qui s’enracine dans la poitrine et refuse de céder.
Pourtant, je ne suis pas la victime.
Ceci est l’histoire de Katya. Je la raconte à la première personne — sa douleur, sa voix, sa vérité nue — mais ce n’est pas moi qui ai été frappée. J’étais son amie, celle qui est restée dans la tempête. Dans ces pages, j’apparais sous le nom de Sofia, pseudonyme protecteur. Katya Stiletti est elle aussi un pseudonyme, un bouclier contre les regards trop curieux. Tous les noms ont été changés.
La véritable victime vivait dans la peur d’être exposée. J’ai donc bâti un rempart de non-fiction créative : un espace pour dire sa vérité sans mettre sa sécurité en jeu. Mon vrai nom n’apparaît ici qu’en signature — pour que l’histoire reste celle de Katya, et non la mienne.
Considérons la gifle pour ce qu’elle est : non un écart fugace, mais une atteinte directe au cœur même de l’être.
La Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme l’a affirmé sans ambiguïté dans l’arrêt Bouyid c. Belgique (2015) :
« Une gifle atteint la partie du corps qui exprime l’individualité, manifeste l’identité sociale et constitue le centre des sens — la vue, la parole et l’ouïe — utilisés pour communiquer avec autrui. »
Autrement dit : une main sur la joue, et vos mots, votre regard, votre présence même sont diminués — livrés à la volonté de l’agresseur. Une domination déguisée en correction.
Et pourtant, nous continuons à l’excuser d’un refrain complice : « juste une gifle ».
Depuis la première publication de ce livre, la notion de violence institutionnelle — celle infligée non seulement par l’agresseur, mais par les systèmes censés protéger — a quitté les cercles académiques pour entrer dans la conscience collective. On la lit aujourd’hui sur les murs, en graffiti. Les noms des victimes, griffonnés sous les panneaux de rue, deviennent les nécrologies prématurées de celles que la justice a abandonnées.
J’ai choisi de cadrer ce récit à travers le prisme de La Belle au bois dormant.
Pas de dragon. Juste des fuseaux : les aiguilles de l’indifférence, plantées pour nous maintenir engourdis dans la complaisance.
La France du XXIᵉ siècle est un pays en paix, mais assoupi — même après la ratification de la Convention d’Istanbul en 2014. Les lois existaient. La protection, non.
Ce livre révèle deux trahisons entremêlées : les violences physiques et psychologiques infligées à Katya par son ancien compagnon, et la négligence institutionnelle qui les a aggravées — pour elle comme pour sa fille en bas âge.
Zoé est la victime oubliée : enfant à la fois victime et témoin. Pas seulement un bébé dans les bras, mais une vie déjà façonnée par les échos — cris à travers les murs, poids d’un foyer fracturé. Le droit reconnaît que les enfants témoins souffrent ; dans les faits, ils sont trop souvent effacés, comme si le traumatisme respectait des frontières invisibles.
Si je suis directe, c’est parce que j’ai trop vu : des femmes manipulées par des « professionnels » censés mieux savoir, des enfants relégués au rang de dommages collatéraux dans une guerre que l’on préfère nier.
Juste Une Gifle ? n’est ni un guide thérapeutique, ni un manuel juridique, ni une consolation. C’est un appel à se réveiller. Brutal. Sans détour.
Qu’il vous serve de boussole si vous vous perdez dans le système, ou de phare si vous y travaillez — policier, médecin, travailleur social, avocat ou juge. Et si, en le lisant, vous reconnaissez vos propres angles morts, laissez la prise de conscience vous traverser.
C’est ainsi que commence le changement.
Et ce point d’interrogation dans le titre ?
Gardez-le en mémoire. Il exige une réponse.
« Juste une gifle » — est-ce jamais excusable ?
Cette histoire s’achèvera-t-elle par un réveil, ou par le silence ?
Le choix vous appartient, lecteur.
Mais quoi que vous décidiez — ne détournez pas le regard.
Niki Konst
Introduction
Toute histoire de violence à l’égard des femmes est un drame personnel et ne devrait pas être perdue dans des statistiques. Toutefois, les statistiques lèvent quelque peu le voile sur cette tragédie humaine.
« Juste Une Gifle ? » se déroule en France, pays des droits de l’homme, où 1 femme sur 3 est victime de violences mais seulement 1 femme sur 10 le déclare au commissariat.¹ Ce phénomène a été confirmé par l’enquête de 2014 de l’Agence des Droits Fondamentaux de l’Union européenne (ADF). 1 femme sur 3, soit 62 millions de personnes dans les pays membres de l’Union européenne, sont violées, mutilées, mariées de force, harcelées, frappées voire tuées. 66 % des victimes qui ne déclarent pas leur expérience à la police invoquent notamment le fait qu’elles doutent que le signalement ne change quelque chose à la situation.²
Pourquoi cette violence persistante, en temps de guerre et en temps de paix, est-elle toujours banalisée ?
Examinons la théorie et la pratique.
D’un côté, nous avons les instruments internationaux tels que la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CEDH) ainsi que d’autres mesures européennes qui peuvent servir à lutter contre la violence faite aux femmes, y compris la Directive de l’Union européenne sur les victimes (2012/29/UE) et la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (Convention d’Istanbul).³
De l’autre côté, nous avons la catastrophe économique et sociale causée par la crise mondiale de 2008 et une politique d’austérité impitoyable, en France comme ailleurs. Cette politique amoindrit considérablement la capacité des États à promouvoir, protéger et respecter les droits et les libertés fondamentales de la personne.
En fait, la situation se dégrade.⁴ En 2013, selon l’Insee, la France comptait 4,9 millions de pauvres selon le seuil à 50% du niveau de vie médian ; 8,5 millions selon le seuil à 60%.⁵ Que ce soit en France ou en Europe, le seuil de pauvreté est fixé de façon relative.⁶
Difficile à comprendre ? C’est normal. Les apparences sont souvent trompeuses. Et rares sont les pays où les données disponibles sur la pauvreté sont vraiment fiables.⁷Une petite manipulation mathématique suffit à définir de nouveaux seuils de pauvreté et de nouveaux niveaux de vie médians. Si on ne s’attaque pas à la pauvreté elle-même, il faut alors s’attaquer à ses indicateurs, n’est-ce pas ?
C’est pourquoi je ne m’adresse ni à la justice, ni au législateur, ni aux autres acteurs institutionnels. Ils sont les mieux informés de la situation. Préoccupés au premier chef par les budgets, les chiffres et l’économie, ils ont décidé de réagir de façon plus concrète uniquement lorsqu’ils ont réalisé que la violence conjugale coûtait 16 milliards d’euros par an⁸ au niveau européen.
C’est à vous, lecteurs et lectrices, que je m’adresse.
À travers ce livre, je vous dévoile mon histoire.
Pendant quatre longues années, j’ai dû faire face à un système aveugle et sourd. Je vous décris la violence exercée non seulement par une personne de confiance, mon « conjoint », mais surtout la violence pernicieuse qui vient du système social, économique, politique et judiciaire ; un système plein de promesses vides qui se retournent parfois contre les personnes qu’il est censé défendre.
L’étrangeté des propos d’Éric et sa manière de les exprimer n’appartiennent qu’à lui. Je me suis contentée de les reproduire. Les dialogues, SMS, dépositions, et pièces officielles sont des retranscriptions in extenso fidèles aux évènements tels qu’ils se sont déroulés.
Est-ce que je suis réelle ? Oui. Dans la mesure où j’incarne toutes les Katya invisibles que nous rencontrons partout, au quotidien.
Mon histoire, se résume-t-elle à juste une gifle ?
Chapitre 1 – Il était un Printemps... Un conte de Pâques
Le corps totalement figé, l’esprit désemparé, je n’avais qu’une question en tête : « Qu’est-ce que je fais là ? »
Oui, en effet, qu’est-ce que je faisais là, dans cette maison isolée, au milieu de nulle part, entourée de ces visages sombres transformés en caricatures effrayantes, défigurés par la haine ? C’était comme si l’on m’avait enfermée dans une minuscule maison d’horreur peuplée de poupées maléfiques.
Zoé pleurait à chaudes larmes en arrière-plan, seule dans son transat. J’étais en morceaux, comme dans un Picasso surréaliste, les bras démembrés et dispersés, je ne pouvais même pas la prendre pour la consoler. Que faire, à qui demander de l’aide ? J’étais là, à trente-huit ans, maman d’une enfant de six mois, et pour la première fois de ma vie, je me sentais si perdue, si menacée !
Mais je devais immédiatement me ressaisir ! Je devais m’en sortir !
Ma voix trébuchait encore au téléphone : « ...il m’a donné plusieurs gifles, deux ou trois, il m’a empoignée, tout s’est passé tellement vite », « il hurlait sans cesse ». Le cœur serré, mes paroles sortaient pêle-mêle, mes idées se bousculaient.
Éric, le père de Zoé, se tenait figé, dégingandé, l’allure inquiétante, les yeux vides. Quelques minutes auparavant, il était si violent ! Ce calme soudain me donnait la chair de poule.
« Ah, mais non, c’était seulement une gifle, il n’a donné qu’une gifle ! » s’était empressée de corriger la mère d’Éric, la grand-mère de Zoé. Impériale, cheveux argentés, regard d’acier, yeux perçants, Bernadette était assise à trois mètres sur le canapé. Elle prenait la liberté de m’interrompre et de commenter des faits dont le sens véritable lui avait échappé. Elle s’efforçait farouchement, de manière presque cruelle et surtout stupide, de réduire cette violence au nombre de gifles assénées. Tout à coup, elle était le miroir de ces réflexions enfouies chez Monsieur et Madame Tout-le -monde : « Mais une gifle, ce n’est rien ! Ça va vite ! Un peu comme une piqûre ! Et puis, tu n’aurais pas dû le provoquer ! Il ne faut pas trop s’en faire. Ça arrive à tout le monde...».
Une gifle, juste une...
L’ironie du sort est que je n’avais rien vu venir. Certes, on n’était pas le couple parfait, on n’était même pas le couple ordinaire. Nos vies professionnelles (à Paris pour moi, à Dieppe pour lui) faisaient que notre vie commune n’était pas si commune : disons que nous avions une vie commune en dehors du commun. Sans domicile du couple, depuis le début de notre relation en septembre 2009 et même après la naissance de Zoé, on vivait chacun chez soi pendant la semaine, ensemble certains week-ends. Avec le recul, je crois qu’inconsciemment, j’avais tenu à garder mon indépendance. Au fond de moi, à un moment donné, j’avais commencé à ressentir que quelque chose ne tournait pas rond chez Éric. Durant ma grossesse il avait eu des remarques désobligeantes par-ci par-là, signes d’une maltraitance subtile que j’avais alors décidé d’ignorer.
En ce week-end de Pâques, nous étions en vacances chez les parents d’Éric. Le soleil de Normandie était doux, les bourgeons éclataient et les couleurs chatoyantes miroitaient. Zoé profitait de ce week-end de détente en pleine nature, s’amusait et se régalait avec ses beaux œufs en chocolat. Ses grands yeux bleu azur dévoraient tout jovialement et avec gourmandise.
Ce lundi 25 avril 2011 s’annonçait plutôt comme une belle journée.
Cependant, j’ai passé la journée à l’hôpital et au commissariat. Zoé aussi.
J’ai longtemps voulu croire que j’avais tout simplement fait un cauchemar. J’avais beau cherché à repousser cette horrible vision, en vain... Cette violence inattendue avait été bien réelle. Elle revenait sans cesse en boucle.
Qu’est-ce qui avait déclenché pour la première fois cet accès de rage folle chez Éric ?
Au réveil, ce matin-là, Zoé réclamait son biberon
