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Ne Regarde Pas (Un thriller Taylor Sage – Tome 1)
Ne Regarde Pas (Un thriller Taylor Sage – Tome 1)
Ne Regarde Pas (Un thriller Taylor Sage – Tome 1)
Livre électronique325 pages4 heuresUn thriller Taylor Sage

Ne Regarde Pas (Un thriller Taylor Sage – Tome 1)

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À propos de ce livre électronique

Les corps de jeunes hommes sont retrouvés inhabituellement vêtus de robes et dans une pose semblable à celles de poupées. Lorsqu’une voyante fournit un indice à l’agente spécial Taylor Sage pour trouver ce tueur en série diabolique, Taylor n’a d’autre choix que d’avoir l’esprit ouvert et de suivre la piste. Ce qu’elle affronte est cependant plus éprouvant que ce à quoi elle s’attendait – et pourrait changer tout ce qu’elle pensait savoir.

« Molly Black a écrit un thriller explosif qui va vous tenir en haleine jusqu’à la fin… J’ai absolument adoré ce livre et j’ai hâte de lire les suivants ! »
— Un lecteur de La Première Femme : Homicide.

NE REGARDE PAS est le premier roman d’une série par l’auteur n 1 et encensée par la critique Molly Black.

L’agente spécial du FBI Taylor Sage a traversé le pays et a été mutée au poste de ses rêves, à l’UAC de Quantico. Avec son nouveau travail, une nouvelle maison et son mari à ses côtés, Taylor est prête à oublier le côté sombre de son passé : une sœur qui a disparu lorsqu’elle était adolescente.

Taylor est prête pour un nouveau départ. Mais quand une voyante sur le trottoir lui fait une prédiction étrangement précise à propos de sa prochaine affaire, Taylor, qui ne la prend pas au sérieux, reste hantée par ces mots – et ne peut s’empêcher de remarquer qu’ils étaient justes.

Ce nouveau tueur en série, avec ses corps mis en scène, laisse l’UAC désemparé. Seule Taylor semble à même de déchiffrer l’énigme. Mais le temps manque et elle va devoir utiliser tous les outils à sa disposition afin de sauver la prochaine victime, qu’elle y croie ou non.

La voyante détient-elle la clef ?

Ou mène-t-elle Taylor à sa perte ?

Thriller complexe et psychologique, plein de rebondissements et de suspens palpitant, la série de romans policiers Taylor Sage va vous rendre addict à une nouvelle protagoniste brillante et vous poussera à tourner les pages jusque tard dans la nuit.

Les tomes 2 et 3 de la série – Ne Respire Pas et Ne Cours Pas – sont aussi maintenant disponibles.

« J’ai adoré ce livre ! Intrigue au rythme haletant, excellents personnages et aperçus intéressants des enquêtes sur des affaires classées. J’ai hâte de lire le suivant !
— Un lecteur de La Première Femme : Homicide.

« Excellent livre… On a l’impression d’être juste là à chercher le kidnappeur ! Je sais que je lirai d’autres livres de cette série !
— Un lecteur de La Première Femme : Homicide.
LangueFrançais
ÉditeurMolly Black
Date de sortie16 juin 2022
ISBN9781094356693
Ne Regarde Pas (Un thriller Taylor Sage – Tome 1)

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    Aperçu du livre

    Ne Regarde Pas (Un thriller Taylor Sage – Tome 1) - Molly Black

    cover.jpg

    NE REGARDE PAS

    Un thriller Taylor Sage – Tome 1

    M o l l y   B l a c k

    Molly Black

    L’auteure Molly Black a fait ses débuts avec la série de thrillers à suspense MAYA GRAY FBI (comprenant six livres à ce jour), celle de RYLIE WOLF FBI (avec trois livres à l’heure actuelle), et celle de TAYLOR SAGE FBI (comportant trois livres à ce jour).

    Fan invétérée de romans policiers et de thrillers, Molly adore échanger avec vous. N’hésitez pas à consulter le site Internet www.mollyblackauthor.com pour en savoir plus et rester en contact.

    Copyright © 2022 by Moly Black. Tous droits réservés. Sauf autorisation selon Copyright Act de 1976 des U.S.A., cette publication ne peut être reproduite, distribuée ou transmise par quelque moyen que ce soit, stockée sur une base de données ou stockage de données sans permission préalable de l'auteur. Cet ebook est destiné à un usage strictement personnel. Cet ebook ne peut être vendu ou cédé à des tiers. Vous souhaitez partager ce livre avec un tiers, nous vous remercions d'en acheter un exemplaire. Vous lisez ce livre sans l'avoir acheté, ce livre n'a pas été acheté pour votre propre utilisation, retournez-le et acheter votre propre exemplaire. Merci de respecter le dur labeur de cet auteur. Il s'agit d'une œuvre de fiction. Les noms, personnages, sociétés, organisations, lieux, évènements ou incidents sont issus de l'imagination de l'auteur et/ou utilisés en tant que fiction. Toute ressemblance avec des personnes actuelles, vivantes ou décédées, serait purement fortuite. Photo de couverture Copyright Slobodan Kunevski sous licence Shutterstock.com.

    LIVRES PAR MOLLY BLACK

    UN THRILLER TAYLOR SAGE

    NE REGARDE PAS (Livre #1)

    UN THRILLER RYLIE WOLF

    TROUVÉ (Livre #1)

    UNE ENQUÊTE DE MAYA GRAY

    LA 1RE FEMME : HOMICIDE (Livre #1)

    LA 2E FEMME : INCARCÉRÉ (Livre #2)

    LA 3E FEMME : TRAQUÉE (Livre #3)

    LA 4E FEMME : FAUX-SEMBLANTS (Livre #4)

    TABLE DES MATIÈRES

    PROLOGUE

    CHAPITRE UN

    CHAPITRE DEUX

    CHAPITRE TROIS

    CHAPITRE QUATRE

    CHAPITRE CINQ

    CHAPITRE SIX

    CHAPITRE SEPT

    CHAPITRE HUIT

    CHAPITRE NEUF

    CHAPITRE DIX

    CHAPITRE ONZE

    CHAPITRE DOUZE

    CHAPITRE TREIZE

    CHAPITRE QUATORZE

    CHAPITRE QUINZE

    CHAPITRE SEIZE

    CHAPITRE DIX-SEPT

    CHAPITRE DIX-HUIT

    CHAPITRE DIX-NEUF

    CHAPITRE VINGT

    CHAPITRE VINGT-ET-UN

    CHAPITRE VINGT-DEUX

    CHAPITRE VINGT-TROIS

    CHAPITRE VINGT-QUATRE

    CHAPITRE VINGT-CINQ

    CHAPITRE VINGT-SIX

    CHAPITRE VINGT-SEPT

    CHAPITRE VINGT-HUIT

    PROLOGUE

    Pas une âme en vue. Parfait.

    Chris martelait le trottoir à un rythme régulier tout en respirant l’air frais et piquant du petit matin. Le sentier serpentait à travers l’Ames Park — il faisait encore assez sombre pour que le brouillard obscurcisse la silhouette du terrain de jeu, mais suffisamment clair pour que la lueur du soleil levant s’infiltre entre les arbres. Chris avait toujours aimé regarder le ciel passer du bleu denim à un dégradé d’orange.

    Des grillons chantaient dans les champs d’herbe et le ruissellement du lac résonnait dans l’air. L’Ames Park était niché entre le lac et la ville, divisé par des arbres pour créer l’illusion de courir avec la nature. Cela fonctionnait — ici, Chris avait le sentiment de ne faire qu’un avec la planète, oubliant qu’il se trouvait au milieu d’une ville du nord de la Virginie comptant six mille fouineurs pour résidents.

    Quand il avait quitté New York pour emménager à Lake Vernon, il avait espéré trouver la sérénité tranquille d’une petite ville américaine. Personne ne lui avait parlé des voisins trop curieux et des gens qui avaient trop de temps libre. Il poussa un soupir en se rappelant une rencontre particulièrement malheureuse avec un client dans le magasin de bricolage la veille. Dans deux heures, il allait devoir refaire la même chose : sourire et hocher la tête, parce que le client avait toujours raison.

    N'importe quoi.

    Chris continua sur le sentier en essayant de se débarrasser de cette négativité.

    Pendant qu’il courait, une silhouette rouge apparut dans la brume.

    Comme c’est bizarre. Il n’y a jamais personne ici de bon matin. Il plissa les yeux alors que la silhouette devenait plus claire.

    Une femme était assise sur un banc avec une posture rigide, le dos parfaitement droit. Elle portait une robe rouge vif qui contrastait avec les tons pâles du parc. Un chapeau de paille reposait sur sa tête, incliné vers l’avant de sorte que le bord dissimulait son visage. Elle donnait l’impression d’être sortie tout droit d’un bal de promo tenu dans une ferme, mais l’année scolaire était loin d’être terminée. Les adolescents de la ville devraient tous être en train de dormir à cette heure-ci. D’ailleurs, cette femme n’avait pas l’air d’être ivre ou évanouie — elle ressemblait plutôt à un moine en pleine méditation, si on ne tenait pas compte de sa tenue étrange.

    Chris passa à côté d’elle en continuant son jogging. Ce n’étaient pas ses affaires.

    Il fallait rendre justice aux urbanistes de la ville : ce parc était formidable. Alors que le soleil apparaissait au-dessus des arbres, son reflet ondulait sur le lac comme une peinture à l’aquarelle. Il avait été judicieux de construire un sentier bordant l’étendue d’eau, afin que les résidents de la ville — ou du moins, l’un d’entre eux — puissent l’apprécier chaque jour.

    Il fallut à Chris une autre demi-heure pour atteindre l’extrémité de l’allée, puis il se mit à faire demi-tour à ce moment-là. L’aube était complètement révolue. Il aurait souhaité qu’elle dure éternellement et qu’il n’ait pas à retourner à sa vie sans intérêt. Mais cela lui permettait de ramener de quoi manger. C’était tout ce qui comptait — le garder lui et ses filles en bonne santé.

    Sur le trajet retour, Chris se rapprocha à nouveau du banc. Même de loin, il pouvait voir que la femme dans sa robe rouge était toujours là. Il s’avança plus près, jusqu’à ce qu’ils soient tous les deux côte à côte.

    Il était passé par là il y a au moins une heure.

    Elle n’avait pas bougé d’un poil.

    Un mauvais pressentiment lui noua l’estomac. Comme Chris avait deux filles, il n’avait jamais été du genre à abandonner des jeunes femmes vulnérables là où elles pouvaient être blessées. Seule ici toute la nuit, elle avait de la chance de ne pas avoir été embarquée par un prédateur de banlieue.

    Avec prudence, il l’examina de plus près. Elle était encore plus immobile que le lac tranquille derrière lui.

    Est-ce d’ailleurs une personne ? Ou s’agit-il d’un mannequin ? Un adolescent était-il en train de faire une farce ?

    Les mains de Chris devinrent moites. Il fallait qu’il prenne une décision.

    Je vais simplement lui demander si elle va bien. Sois un bon samaritain.

    — Excusez-moi, mademoiselle ? demanda-t-il délicatement, comme en s’adressant à un animal nerveux.

    Il voulait absolument éviter de lui faire penser que c’était lui le danger.

    Aucun mouvement, aucun mot. Un corbeau se mit à croasser en volant au-dessus de leurs têtes.

    — Hé, vous devriez vous réveiller, dit-il en faisant un pas de plus.

    Les pieds plutôt grands de la femme étaient fourrés dans des chaussures noires à talons, et sa peau était pâle comme de la craie. Des poils épais sombres recouvraient ses jambes fines — il n’avait jamais vu une pilosité aussi abondante sur les jambes d’une femme. Ses genoux semblaient crayeux et secs, comme s’ils allaient s’effriter au moindre contact.

    Et ça, est-ce que ce sont des hématomes ?

    — Hé oh ! dit Chris en insistant. Vous allez bien ? Voulez-vous que j’appelle quelqu’un ?

    Sa main alla instinctivement trouver son téléphone comme s’il s’agissait d’un pistolet, bien rangé dans la poche de son short de jogging. Aucune réponse. Chris jeta un coup d’œil par-dessus son épaule — ils étaient toujours seuls. Une partie de lui avait envie de déguerpir pour aller chercher de l’aide ailleurs, mais il se rendit vite compte que c’était absurde. Il ne s’agissait que d’une femme en piteux état qu’il devait aider maintenant.

    — Mademoiselle, ce n’est pas prudent pour une fille d’être ici toute seule, dit Chris. Si vous avez besoin qu’on vous raccompagne à la maison, je peux vous aider. Je suis un ami. J’ai moi-même deux filles.

    Avec hésitation, Chris toucha son épaule — mais il se retrouva au contact d’un corps raide et glacé. Il la fit bouger malencontreusement, amenant ainsi sa tête à s’affaisser mollement sur le côté et le chapeau de paille à tomber.

    Le sang de Chris se glaça dans ses veines.

    Il ne s’agissait nullement d’une femme.

    Un homme mort sans quasiment aucun poil sur le visage le regardait fixement avec des yeux ouverts et sans vie. Du rouge à lèvres était étalé sur la figure, et sa bouche était tirée en arrière avec du ruban adhésif pour former un large sourire sinistre.

    Chris se mit à hurler et bondit en arrière. Son téléphone tomba par terre et se fissura sur le béton. Alors qu’il tâtonnait le sol pour le trouver, il n’arrivait pas à quitter l’homme mort des yeux.

    Et il savait très bien que rien ne lui ferait oublier cette vision, pas même s’il s’enfuyait d’ici en courant à toute vitesse.

    CHAPITRE UN

    Souris simplement, peu importe à quel point tu veux fuir. L’agent spécial Taylor Sage fit bonne figure alors que son mari fermait la porte de leur nouvelle maison.

    — Bon, chérie, nous y voilà, dit Ben en laissant échapper un soupir de satisfaction.

    Avant de rencontrer Ben, Taylor n’avait pas imaginé « se poser » depuis des années. Pas depuis qu’elle était un agent junior naïf récemment sorti de l’Académie du FBI dans l’Oregon. Parfois, leur vie tranquille — leur bonheur — lui paraissait incongrue, et l’envie de s’enfuir qui refaisait surface l’appelait à disparaître dans la nuit. Mais elle ne pouvait pas faire ça à Ben. Pas une nouvelle fois.

    — Les déménageurs ne seront pas là avant demain, dit-il en passant son bras autour de ses épaules, l’enveloppant de chaleur.

    Ben était aisément l’homme le plus séduisant et le plus attachant qu’elle avait jamais connu — avec ses cheveux bruns courts et ses yeux chocolat, il ne manquait jamais de la faire fondre.

    — Ça te dit de faire une visite convenable de notre nouvelle maison avant qu’elle ne soit remplie de notre bazar ?

    — Notre bazar ? dit Taylor en levant un sourcil.

    Ben éclata de rire.

    — Oui, Taylor. Quand tu as accepté de m’épouser, mon bazar est aussi devenu le tien.

    Il fit un clin d’œil et glissa sa main dans la sienne pour l’entraîner dans leur salon décloisonné.

    — Bien vu, marmonna Taylor.

    Leur maison précédente à Portland avait été la première de Ben, et Taylor y avait emménagé après leur mariage. Elle avait eu un peu de mal à séparer ses affaires à lui des siennes — elle n’avait jamais été du genre à voyager chargé, mais son mari était limite un accumulateur compulsif. Leur ancien salon comportait des étagères qui montaient jusqu’au plafond, remplies avec les manuels universitaires d’architecture de Ben dont il ne s’était jamais séparé, peu importe depuis combien de temps il avait quitté l’école. Et les boules à neige. Ben avait toujours été fana des boules à neige.

    Bientôt, leur nouvelle maison, avec son parquet lisse et ses nombreuses fenêtres, serait également remplie de leurs affaires. Cette demeure de style colonial sans trop d’espace n’était pas immense, mais avait du charme. Le genre d’habitation que la plupart des trentenaires seraient reconnaissants d’avoir les moyens d’acheter.

    — Je peux vivre avec ta pagaille, dit Taylor, mais le sous-sol reste le mien.

    — Je sais, je sais.

    Les yeux bruns de Ben se plissèrent quand il sourit. Ses cheveux courts étaient ébouriffés d’une manière qui lui donnait l’air d’avoir bien moins de trente-six ans.

    — Ton espace de travail sera impeccable. Ne t’en fais pas !

    Bien. Taylor avait besoin d’un lieu irréprochable pour réfléchir lucidement. Elle aurait un bureau ordonné, un tableau noir et une étagère comportant des livres sur la psychologie et les tueurs en série qu’elle lirait de temps en temps pour garder l’esprit frais.

    Depuis qu’elle était enfant, Taylor avait toujours été attirée par le macabre — cela semblait glauque, mais c’était la raison pour laquelle elle était douée dans son travail. Après tout, c’était dans ses gènes. Son père était psychologue clinicien spécialisé dans les psychopathes. Ben n’avait aucune idée des profondeurs dans lesquelles ses réflexions pouvaient se plonger. Quand Taylor travaillait sur une enquête, elle s’enfermait dans le sous-sol pendant des heures à lire des livres. À réfléchir. À élaborer des théories.

    Le tout pour permettre à son esprit de sombrer dans la peau d’un tueur.

    — Sacrée vue, dit Ben en interrompant Taylor dans ses pensées, avant qu’elle n’emprunte une voie plus sombre.

    — C’est une vue splendide, convint-elle.

    Ils se tenaient face à la baie vitrée qui offrait une vue imprenable sur l’océan au loin. Le soleil de l’après-midi brillait en formant des paillettes dorées sur les vagues qui léchaient le rivage.

    Taylor n’avait jamais imaginé finir sur la côte de la Virginie, surtout dans un endroit qui s’appelait Pelican Beach, avec sa charmante promenade près du littoral et ses boutiques de souvenirs familiales. Mais ce changement de décor offrirait peut-être plus de stabilité à leur future famille. De plus, le père de Taylor ne se trouvait qu’à trente minutes de route, à Baltimore. Peut-être qu’ici, dans cette maison idyllique donnant sur l’océan, avec des nouveaux emplois et des nouveaux amis, ils trouveraient tous les deux du réconfort, et l’envie de Taylor de s’enfuir disparaîtrait à jamais.

    — Hé, dit Taylor avec un sourire en serrant la main de Ben, ses yeux dans les siens. Je suis vraiment heureuse d’être ici.

    — Moi aussi. Ça va être génial, répondit-il en serrant sa main en retour. Au fait, on ira à la plage plus tard. Je nous ai préparé une surprise.

    — Une surprise ?

    Ben fit un clin d’œil espiègle.

    Oh mon Dieu. Les « surprises » de Ben allaient généralement de célébrations au bistrot à des évènements complètement inattendus, imprévisibles, bizarres et parfois malheureux.

    — Du moment qu’il ne s’agit pas d’un rendez-vous à un autre salon de tatouage au henné, murmura Taylor, ce qui fit glousser Ben.

    — Je ne te promets rien.

    Ils se rendirent à l’étage, où trois chambres vides les attendaient. Ils s’arrêtèrent devant la plus petite d’entre elles au bout du couloir.

    — Peut-être que celle-ci accueillera nos tout-petits un jour, dit Ben.

    Taylor ferma les yeux et imagina des murs bleu layette avec un berceau, jusqu’à ce que…

    Des éclaboussures de sang sur les jouets. Un mobile pour bébés en train de tourner.

    Elle prit une inspiration et s’efforça de revenir au moment présent. Son cœur battait la chamade dans sa poitrine.

    Ben fronça les sourcils d’inquiétude, sa main toujours placée dans le bas de son dos.

    — Tout va bien ?

    Elle sentit sa poitrine se comprimer alors que les images la bombardaient. Cette scène de crime à Portland avait été particulièrement épouvantable. Des enfants… pourquoi fallait-il que ce soient des enfants ?

    Tiens le coup, Sage.

    De la bile monta dans la gorge de Taylor. Quand elle avait accepté ce nouveau travail à Quantico et qu’elle avait appris qu’elle déménagerait à Pelican Beach, elle avait bêtement espéré que ses fantômes cesseraient de la suivre.

    Mais évidemment pas. Ils font partie de moi.

    Il me faut de l’air.

    — Chéri… pourquoi ne pas aller à la plage maintenant ? demanda Taylor sèchement. Je suis, euh, impatiente de découvrir ta surprise, mentit-elle.

    — Tout de suite ? demanda Ben. Enfin, j’adorerais ça, mais…

    Mais Taylor descendait déjà les escaliers en trombe, clés de voiture en main. Les bruits de pas de Ben grondèrent derrière elle.

    — Hé, attends ! l’appela-t-il.

    Taylor se précipita à l’extérieur pour se retrouver sur leur petite pelouse envahie par les mauvaises herbes, voulant à tout prix respirer autre chose que de l’air oppressant dans un endroit étriqué. Dès que la brise marine remplit ses poumons, les images — et les sentiments étouffants qui les accompagnaient — s’évanouirent.

    — Taylor, dit Ben d’un ton sévère.

    De toute évidence, elle n’était pas aussi douée pour cacher les choses qu’elle le pensait.

    — Je vais bien.

    Sans le regarder, elle se dirigea tout droit vers le côté conducteur.

    — Allons-y.

    ***

    Le parfum de l’océan était aussi apaisant que le bruit des vagues s’écrasant sur le rivage, ce qui soulagea la crise d’angoisse de Taylor au moment où ils arrivèrent sur la plage. Maintenant,  elle et Ben marchaient sur la promenade, cônes de glace à la main, en passant à côté d’une cabane de plage qui vendait des babioles sur lesquelles étaient inscrits des prénoms, ainsi que des bouées.

    Malgré tout, savoir qu’elle avait perdu la face devant Ben la dérangeait. Ce n’était pas la première fois, mais elle voulait lui faire croire qu’elle était forte. Surtout, elle n’avait pas envie qu’il insiste davantage en lui posant des questions — qu’il soit tourmenté par les mêmes choses qu’elle.

    Trois enfants se couraient après, laissant de minuscules empreintes de pas sur la plage. L’un d’eux fonça dans un château de sable, et leurs rires emplirent l’air. Le cœur de Taylor se réchauffa.

    — Tu sais, je n’ai jamais été fan de la plage, dit-elle à Ben, mais c’est sympa ici. C’est un bon endroit pour fonder une famille.

    — Oui. Je suis content que tu aies accepté le poste, répondit Ben avant de mordre dans sa glace aux morceaux de cookie, les yeux plissés à cause du soleil de l’après-midi. Hé, c’est aussi tout bénef pour moi. J’ai l’opportunité de dessiner un magnifique hôtel en front de mer et de vivre dans une nouvelle maison avec ma jolie femme.

    — D’accord, ça suffit, plaisanta-t-elle. Quand est-ce que je vais la voir, cette grande surprise ? Ou c’était juste le cornet de glace ?

    — Non.

    Ben se mit à rire et se frotta la nuque.

    — La vérité, c’est que je suis un peu nerveux de t’y emmener. Je ne suis pas sûr que ça te plaise.

    — Eh bien, ça ne me dit rien qui vaille.

    — Garde l’esprit ouvert, tu veux bien ?

    Taylor finit sa glace et jeta le reste dans une poubelle sur laquelle était peinte une mouette. Comme Ben avait commandé trois boules, il était toujours en train de mordre dans son cornet gaufré pendant qu’ils marchaient le long de l’avenue du centre-ville. Taylor regarda à travers la vitrine d’une boutique d’antiquités, tandis que Ben décidait de jeter le reste de sa glace dans une poubelle en faisant une grimace, comme s’il avait mangé trop de sucre.

    Devant eux sur le trottoir se dressait un panneau en bois qui indiquait en lettres blanches : TIRAGE DE CARTES DE TAROT.

    J’espère que ce n’est pas l’endroit où Ben compte m’emmener.

    Mais Ben planta ses pieds devant la boutique et la regarda dans les yeux avec appréhension.

    — Avant que tu ne dises quoi que ce soit, je…

    — Ben, arrête ! dit Taylor.

    Il savait très bien qu’elle ne s’intéressait ni à la voyance, ni à l’astrologie, ni à autre chose du même genre.

    — Je t’ai dit de garder l’esprit ouvert ! s’exclama Ben. S’il te plaît ? Juste une seule séance. Je veux savoir comment notre vie va se dérouler.

    — Aucune carte ne le saura, Ben.

    — C’est juste pour s’amuser.

    Mince alors. Taylor eut envie de lancer une remarque sarcastique du genre : tu sais que le tarot, ce n’est que du cinéma, pas vrai ? Mais si Ben y tenait tant, peut-être qu’elle pourrait simplement être gentille et jouer le jeu. Après tout, c’était son nouveau travail à elle qui les avait amenés ici en premier lieu.

    Mais Taylor n’était pas fan de cartomancie pour rien. La vérité, c’était qu’elle s’était déjà fait tirer les cartes avant, il y a plusieurs années dans une vie à laquelle elle ne prenait plus la peine de penser. La voyante en question, à Portland, lui avait tiré la carte de la Mort, le tout avant l’un des pires évènements de sa vie. Taylor ravala ce souvenir, refusant de le faire remonter à la surface après toutes ces années.

    Simple coïncidence avec une arnaqueuse. Rien de plus.

    Alors, de quoi as-tu peur ?

    Taylor effleura son médaillon.

    Peut-être que je devrais tenter le coup. Rien que pour prouver que c’est du n’importe quoi.

    Ben la regardait aevc un air de chien battu.

    — D’accord, très bien, marmonna-t-elle.

    Ben laissa échapper un « Oui ! » enthousiaste, avant de l’attraper par la main pour l’entraîner à l’intérieur. Comment s’était-elle débrouillée pour finir avec un type aussi heureux de vivre ?

    La sonnerie de la porte retentit et l’odeur de l’encens flottait dans l’air de la petite boutique mal éclairée. L’endroit ressemblait à ce qu’avait imaginé Taylor : couvert de symboles d’astrologie bidon et d’yeux qui

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