Explorez plus de 1,5 million de livres audio et livres électroniques gratuitement pendant  jours.

À partir de $11.99/mois après l'essai. Annulez à tout moment.

CINQ: Pouvoir & Damnation
CINQ: Pouvoir & Damnation
CINQ: Pouvoir & Damnation
Livre électronique157 pages2 heures

CINQ: Pouvoir & Damnation

Évaluation : 0 sur 5 étoiles

()

Lire l'aperçu

À propos de ce livre électronique

Yasmin, entrepreneur à succès d'origine nigériane, se rend à Dakar pour un forum économique qui met à l'honneur les entrepreneurs à succès de la diaspora africaine. Il y fait la rencontre de 4 confrères, connus pour leur réussite dans leur business, et leur envie de s'investir pour le développement de leur continent d'origine : Victoria, Thalia, Ali et Boris.

Yasmin décide de les réunir pour proposer à l'Afrique une démarche alternative pour s'affranchir de l'influence néfaste de certains politiques.

Sous l'impulsion de Yasmin, ils vont lancer un appel à la jeunesse africaine. Boris, le gabonais de la bande va entraîner ses 4 acolytes dans une cérémonie rituelle pour selon lui et ses croyances : permettre aux 5 d'obtenir la "bénédiction des esprits protecteurs de l'Afrique". Un moment particulier qui va changer leur destin.

Une rencontre nocturne en pleine forêt avec 5 sorciers, une épaisse fumée blanche, une histoire, des informations sur "l'esprit protecteur africain", des incantations... un rite mystique et une transe profonde : les « 5 » s'évanouissent puis se réveillent, propulsés dans une autre époque, dans une autre Afrique, divisée en 5 empires.
LangueFrançais
ÉditeurWJN Books éditions
Date de sortie28 janv. 2024
ISBN9789403710716
CINQ: Pouvoir & Damnation

Auteurs associés

Lié à CINQ

Livres électroniques liés

Fantasy pour vous

Voir plus

Catégories liées

Avis sur CINQ

Évaluation : 0 sur 5 étoiles
0 évaluation

0 notation0 avis

Qu'avez-vous pensé ?

Appuyer pour évaluer

L'avis doit comporter au moins 10 mots

    Aperçu du livre

    CINQ - Yannick W.J Nambo

    Chapitre 1er

    Dakar

    « Les passagers Classe Affaires pour le Vol Air Sénégal à destination de DAKAR à 7 h 15 sont priés de rejoindre la zone d’embarquement immédiatement. »

    Il est temps pour Yasmin de prendre son vol. Un énième avion à prendre dans sa vie d’homme d’affaires à succès. Destination Dakar et un forum économique financé en grande partie par une grande entreprise de communication et d’influence de la place parisienne. Le Président sénégalais sera présent, tout comme certains de ses homologues de la sous-région. La veille, Yasmin était à l’Élysée ; les dorures de la République, mais aussi les honneurs. Il s’agissait alors de recevoir une médaille pour ses accomplissements.

    Yasmin est en effet à la tête d’une entreprise de cosmétique bio qu’il a lui-même créée 10 ans auparavant. Aujourd’hui, c’est le géant LVMH qui recommande sa marque dans ses enseignes du monde entier. Tant pis si Yasmin refuse de vendre. Le grand patron de Louis Vuitton pense pouvoir l’avoir à l’usure.

    En aparté de cet évènement mondain, Yasmin a eu l’occasion de s’entretenir avec le Président Macron et quelques-uns de ses conseillers. Le ministre de l’Économie s’est lui aussi incrusté dans la conversation. Éloges, discours sur la richesse de la diversité et autres longs monologues assaisonnés de miel et de bons sentiments s’enchainent. Yasmin a bien compris qu’il était un symbole, mais il n’est pas dupe de la potentielle récupération politique qui pourrait suivre derrière.

    Il s’installe difficilement dans l’avion : « Décidément, la première classe, ce n’est plus ce que c’était ! » s’exclame Yasmin. Au même moment, une jeune femme se retourne et lui rétorque avec le sourire :

    — Le vol est complet, il n’y a qu’en classe affaires qu’il restait des places. Je me serai bien contentée de la classe économique ; on y mange très bien et les gens y font moins de chichi ! » Réplique-t-elle en feignant de ne pas s’adresser à Yasmin et avec un ton sarcastique.

    Cette jolie femme élancée, pleine d’assurance et au sourire ravageur, Yasmin la connait, ou plutôt la reconnait. Ils se sont déjà rencontrés à maintes reprises, à New York, Paris, Munich, mais aussi à Johannesburg. À chaque fois, il s’agissait d’évènements qui mettaient à l’honneur les géants d’industrie africains et de la diaspora africaine à travers le monde. Cette femme c’est Alia Bethar.

    D’origine libyenne, elle est considérée comme étant un génie du business. Elle a une intelligence au-dessus de la moyenne qui va de pair avec son ambition. Elle est la créatrice d’un nouveau système bancaire facilitant les échanges commerciaux en Afrique pour mettre un frein à la « culture de l’informel ». Elle concurrence aussi les géants du transfert d’argent en créant une nouvelle plateforme incluant la possibilité de valoriser la cryptomonnaie pour les transactions commerciales.

    « Alors ? C’était comment avec Macron, tu es prêt à devenir le symbole de la diversité à la Française. » Dit-elle avec toujours le même ton sarcastique.

    Déjà, je ne fais pas de chichi, c’est juste que je suis très grand et j’ai besoin d’espace pour mes longues jambes, j’arrivais à les ranger avant en classe affaires, ce qui n’est plus le cas maintenant. Si tu me prends pour un riche, superficiel, tu te trompes ! C’est tout le contraire, je suis un traditionnel moi, Madame la génie… Et surtout, je sais d’où je viens, c’est même ce que j’ai pu dire au Président Macron, mais aussi à ses conseillers et son ministre de l’Économie, tous blancs, de bonne famille même, semble-t-il. C’est toujours la même chose, les noirs et les Arabes en représentation, en symbole, en faire-valoir d’une supposée politique en faveur de la diversité, un alibi, un moyen de se donner bonne conscience… Tu remarqueras, chère Alia Bethar, que partout où les décisions importantes sont prises : pas un seul basané, et très peu ont des origines sociales modestes. Enfin bref, on est voisin de voyage, j’imagine que tu vas au forum économique ? Félicitations d’ailleurs pour Cryptia, c’est juste énorme !

    Du calme, monsieur le président, je te charrie, je sais très bien que tu es trop malin pour accepter d’être un « faire valoir ». Laissons la France où elle est, dans 5 h nous serons sur nos terres, notre Afrique. J’appréhende quand même ce forum. Tu sais ce qui serait top ? Ce serait qu’on partage la tribune ! Pour ce qui est de Cryptia… Tu te doutes bien que certains dirigeants font les hypocrites quand ils prétendent soutenir mon projet. Dieu merci, je n’ai pas besoin d’eux, mais ils savent très bien que cette plateforme va à l’encontre de l’informel, et que l’informel est aussi un outil de corruption. Ils préfèrent la bonne valise de billets au virement qui alertera tracfin. »

    Yasmin profite de ce voyage pour mieux connaitre Alia, ils n’ont eu que trop peu d’opportunités d’échanger ensemble dans leur carrière. 

    Yasmin West a 35 ans, il est d’origine nigériane et vit en France depuis 30 ans. Leader né, il est ambitieux et érudit. Il a lancé une ligne de cosmétique fabriquée avec des produits bios venus d’Afrique. Son entreprise fait des profits à travers le monde. Bien que le siège de cette dernière se situe à Paris. Il a ouvert un bureau à Dakar où il se rend régulièrement. Ce bel homme indépendant est aussi très attaché à ses origines. Il milite pour le développement de l’Afrique et défend ses positons partout où il est sollicité, notamment aux États-Unis où ses produits sont plébiscités par les stars afro-américaines. Il est souriant, doux et avenant, sauf quand il est en plein business ou en plein acte militant contre les injustices et la misère qui frappe son Afrique natale. Il veut se rapprocher de ses traditions, et connaitre tous les secrets de sa famille.

    Le forum de Dakar sera l’opportunité pour lui d’avoir une tribune, surtout après avoir été honoré à Paris par le Président. Yasmin voudrait produire davantage en Afrique. Il voudrait que le siège de son groupe soit en Afrique, à Lagos ou à Dakar et que Paris ne soit qu’une vitrine. Il veut résister au forcing que fait Bernard Arnault, le PDG de LVMH pour racheter son groupe, en grandissant et en proposant au monde une entité concurrente de la multinationale française. Il souhaite que le groupe West Corp. puisse devenir un géant. Pour cela, il veut s’appuyer sur l’Afrique. Mais à chaque fois qu’il a voulu concrétiser son idée, il a été confronté aux affres de corruption. Au Gabon, notamment lors d’un précédent forum économique. Il voulait s’associer à Boris Evono, un autre jeune premier d’origine gabonaise, mais Ali Bongo, le dictateur de ce pays lui demandait un droit d’entrée officieux… ah la corruption… Et ils font ensuite semblant de s’étonner de la fuite des talents !

    Arrivés à Dakar, Yasmin et Alia, décident de prendre le même taxi qui fera le parcours de près d’une heure depuis l’aéroport Blaise Diagne vers l’hôtel Terrou-bi. Un établissement grand luxe qui va accueillir les grands noms du monde politicoéconomique qui doivent participer à ce grand forum économique. Le courant passe très bien entre les deux jeunes gens. Ils ont de nombreux points communs, au-delà du succès entrepreneurial et de l’ambition, ils ont des convictions chevillées au corps et la même vision de l’Afrique. Pour eux, le monde ne sait pas tout ce qu’il doit à leur continent natal. Pour eux, il est important qu’aux quatre coins du monde, chacun puisse connaitre l’ampleur et l’importance de l’héritage que l’Afrique a laissé, laisse et laissera encore au Monde au fil des décennies, des siècles. Cela passe par un vrai développement. De par leur statut aujourd’hui, ils sont persuadés de pouvoir y contribuer.

    Bien installés dans leur suite à la veille du Forum, ils se donnent rendez-vous le soir pour aller manger quelques spécialités locales dans les quartiers de la capitale, au quartier Sacré-Cœur, pour sa proximité avec le monument de la Renaissance, cette immense statue qui veille sur la capitale et qui tellement immense qu’elle aurait pu, au regard de la direction que pointe le doigt de la statue et si elle avait été construite quelques centaines d’années plus tôt, guider les esclaves affranchis de Gorée vers la liberté.

    « Tierno, emmène-nous là où on peut manger les meilleurs Dibi et les meilleurs pastels du côté de Sacré-Cœur s’il te plait ! » C’est ce que demande Alia à Tierno, leur chauffeur du taxi. Alia raffole des pastels, ces beignets farcis en forme de chausson sénégalais, qui portent aussi d’autres noms dans d’autres pays en Afrique appelés Bourek au Maghreb notamment. Elle préfère la recette sénégalaise et surtout la très bonne sauce qui l’accompagne dans laquelle elle adore les tremper avant chaque bouchée. Pour le Dibi, c’est plutôt le choix de Yasmin. Il adore la viande, il organise souvent des barbecues dans son jardin à Rueil-Malmaison en région parisienne. Il ne peut donc pas passer à Dakar sans déguster un dibi, ce fameux plat typique du Sénégal qui est composé de viande d’agneau qui subit une double cuisson accompagné d’oignons et de piment et de moutarde. Il est souvent servi sur des pics de bois, sous forme de brochette ou dans du papier kraft. 

    C’est en parlant de son envie de dibi que Yasmin pense immédiatement à Boris Ovono, son ami originaire du Gabon. Quand ils avaient séjourné à Libreville, la capitale gabonaise, Boris avait emmené Yasmin manger un plat qui ressemble au dibi, ce plat est appelé « coupé coupé » ou « soya » au Gabon. Yasmin se demande d’ailleurs si Boris a prévu de venir au Forum, si c’est le cas, il doit déjà être sur Dakar. Il lance alors un appel Visio via l’application Whatsapp depuis l’arrière du taxi qui les transporte.

    Boris décroche depuis, semble-t-il, une belle suite, si on se fie au décor autour de lui. 

    « Bobo ! Mon frangin, comment ça va ?! S’exclame Yasmin.

    Boris Ovono est un homme grand et élégant de 35 ans d’origine gabonaise. Son père était un industriel qui a fait fortune dans le trading pétrolier, sa mère est une ancienne ambassadrice. Il a passé son enfance au Gabon avant d’aller vivre en France, puis en Belgique. 

    C’est un homme malin, opportuniste qui a su faire les bons investissements, notamment dans les médias. Les hommes politiques français et africains le fréquentent, c’est un homme de réseau, un homme d’influence. Un pragmatique. C’est aussi un épicurien. Il dépense son argent sans trop compter et se crée toujours des nouveaux défis, tant personnels que professionnels. Après un coup d’État qui a plongé son pays dans une crise économique et sociale profonde, en 2016. Il décide de s’impliquer pour prendre part à la libération de son pays, mais il se heurte aux réticences du régime en place et fait face à des menaces sur sa personne et sur sa fortune. Il cherche alors d’autres moyens de s’impliquer. Il garde en tête ce besoin spirituel d’aller au Gabon pour y accomplir son rite initiatique auquel il croit beaucoup. Mais difficile d’entrer dans le pays au regard de ses positions ouvertement antiBongo.

    Arrivés au restaurant, Yasmin et Alia sont installés sur une jolie table ronde dans l’angle de la salle principale près d’une fenêtre. La nuit est chaude à Dakar ce soir-là et Yasmin, qui use et abuse de piment, aura besoin d’air après avoir dégusté son dibi, assorti d’un piment assez fort pour transformer son teint noir ébène en teint violet. Le restaurant ne paye pas de mine vu de l’extérieur, mais c’est une adresse incontournable de la place ou les quidams se mélangent aux personnalités locales et autres stars internationales de passage dans

    Vous aimez cet aperçu ?
    Page 1 sur 1