Une Brève Histoire de l'Irlande
Par Bruce Gaston
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À propos de ce livre électronique
Histoire abrégée de l’Irlande des temps anciens jusqu’au 21eme siècle, Une Brève Histoire de l’Irlande se destine à tous ceux qui souhaitent une rapide vue d’ensemble sur ce sujet ou qui souhaitent combler des lacunes dans leurs connaissances. Concis mais complet, ce livre peut se lire en deux fois: idéal si vous avez besoin d’un résumé des événements principaux et n’avez ni le temps ni l’énergie de parcourir des ouvrages universitaires! Découvrez en un rien de temps ce que furent l’Irlande médiévale, la Guerre Jacobite du dix-septième siècle et les années florissantes du Tigre Celte. Une Brève Histoire de l’Irlande contient aussi de courtes notices biographiques sur les principaux acteurs de l’histoire de l'Irlande, une chronologie détaillée de la période celte jusqu’à 2012, et des suggestions de lectures complémentaires.
Liste des chapitres:
- L’Irlande celte
- L’Invasion Normande de l’Irlande
- La Réforme et les Plantations
- Le Dix-Septième Siècle
- Le Dix-Huitième Siècle
- Le Dix-Neuvième Siècle
- De l’Insurrection de Pâques à la Guerre d’Indépendance
- Le Traité et la Partition
- La Guerre Civile
- L’Etat Libre
- L’Urgence
- L’Irlande après l’Urgence
- Les Années Soixante et Soixante-Dix
- La Récession
- Le Tigre Celte
- La Crise Economique
Bruce Gaston
Bruce Gaston est originaire d’Irlande du Nord. Il a fait ses études à l’Université d’Oxford et Queen’s University à Belfast, et travaille à présent au Département d’Etudes Anglaises de la plus ancienne université d’Allemagne, la Ruprecht-Karls-Universität à Heidelberg. Son ouvrage Une Brève histoire de l’Irlande est né d’un cours qu’il y enseigna sur l’histoire moderne de l’Irlande du Nord.
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Aperçu du livre
Une Brève Histoire de l'Irlande - Bruce Gaston
L’Irlande celte
Figure 1: Cette croix de pierre à Clonmacnois, comté d’Offaly, est un bel exemple du raffinement de l’art celte
Quelque temps avant l’an 500 de notre ère, les Celtes, venus du continent européen, arrivèrent en Irlande et mirent en place une société sophistiquée. Grâce à l’éloignement géographique de l’Irlande, située sur la frange occidentale de l’Europe, sa culture celte survécut largement intacte jusqu’au Moyen Age, malgré les incursions des Vikings, et parfois même leur implantation. Le pays était divisé en royaumes de petite taille, parfois en guerre les uns contre les autres, et n’avait pas d’autorité centrale, même si divers rois, comme Brian Boru à la fin du dixième et au début du onzième siècle, tentèrent de revendiquer le titre (purement symbolique) de Roi Suprême d’Irlande. Après que la Chrétienté se fut enracinée en Irlande au cinquième siècle, les moines archivèrent une bonne partie de la culture celte : les lois, les croyances, les légendes et la poésie, qui jusque-là ne s’étaient transmises qu’oralement. La géographie de l’Irlande ainsi que son absence de centre politique signifiaient que l’Eglise d’Irlande était en grande partie monastique, plutôt que fondée sur la structure hiérarchique habituelle reposant sur les évêchés. L’Eglise était donc plus proche du peuple et la Chrétienté se mêlait à la culture et aux mœurs locales. Tout au long du Moyen Age, l’Eglise Gaélique fut réputée pour son érudition et son art. Les moines irlandais devinrent missionnaires et établirent des pôles de chrétienté à travers toute l’Europe.
L’Invasion de l’Irlande par les Normands
La première prétention anglaise au trône d’Irlande émana en fait de la sphère religieuse : au onzième siècle, les archevêques de Cantorbéry réaffirmèrent leur droit d’exercer une autorité spirituelle sur l’ensemble des Iles Britanniques. Ils pouvaient compter sur le soutien d’une série de Papes qui souhaitaient unifier l’Eglise, ses doctrines autant que ses pratiques. Mais il fallait que cette revendication s’applique sur le terrain. Ainsi en 1155, le Pape Adrien IV (seul Pape anglais de l’histoire soit dit en passant) accorda au roi Henri II d’Angleterre le statut de Souverain d’Irlande. Ce dernier était moins motivé par le zèle religieux que par le besoin de reprendre le contrôle sur ses sujets parmi les plus puissants. Ces derniers avaient conquis des territoires en Irlande pour leur propre bénéfice ; leur pouvoir et leur indépendance grandissants constituaient à ses yeux une menace. Entre 1169 et 1172 l’invasion normande (c’est-à-dire anglo-française) de l’Irlande commença et en 1250 le monarque anglais contrôlait plus de quatre-vingts pour cent de l’Irlande.
Figure 2: Château de Carrickfergus, comté d’Antrim: l’un des nombreux châteaux construits en Irlande par les Anglo-Normands
La conquête devait déterminer qui détiendrait le pouvoir en Irlande : les Normands supplantèrent les rois et seigneurs irlandais en place, tandis qu’en bas de l’échelle, la société gaélique continua à se développer sans que ces changements ne les affectent réellement. Le contrôle politique effectif était restreint à une zone autour de Dublin que l’on appelait the Pale
(« La Limite »). Cette situation se poursuivit jusqu’au quinzième siècle.
Figure 3: Les Quatre Provinces et « the Pale »
La Réforme et les Plantations
Depuis l’invasion de l’Irlande, aucun souverain anglais n’avait souhaité accorder davantage d’argent, de temps et de ressources militaires pourtant nécessaires pour faire respecter les lois anglaises en Irlande. Les Normands-Irlandais avaient donc toute latitude pour régler la situation comme bon leur semblait. Cet état de fait avait conduit à nombre de compromis, d’arrangements et d’assimilation avec les Irlandais de souche. Ce n’est que lors de l’avènement des Tudors (avec comme chef de file Henri VII en 1485) que les monarques anglais commencèrent à s’intéresser à la façon dont l’Irlande était gouvernée.
L’évènement sans nul doute le plus marquant de la période fut la Réforme, qui se manifesta en Angleterre par la rupture entre Henri VIII et Rome, et la création de l’Eglise Anglicane. Le Pape revendiquait le droit de nommer et de destituer les souverains séculiers, et par conséquent il excommunia Henri VIII. Ce dernier se vengea en faisant adopter des lois telles que l’Acte de Suprématie (1534), qui faisait de lui (et de ses successeurs) « le seul chef suprême sur terre de l’Eglise d’Angleterre ». Avec l’Europe bientôt divisée en deux camps (les états catholiques et les états protestants), les ennemis de l’Angleterre commencèrent à considérer l’Irlande catholique comme le talon d’Achille de l’Angleterre. Des rivales comme l’Espagne et la France essayèrent toutes deux de profiter militairement de la position géographique de l’île et de retourner sa population contre ses dirigeants.
Pour garantir la fidélité de la population et éloigner le spectre d’une rébellion en Irlande, Henri, ainsi que ses enfants (Edouard IV, Marie Ière et Elizabeth Ière) mirent en place une politique de colonisation (plantation
). Les Irlandais de souche furent chassés de leurs terres et remplacés par de nouveaux occupants anglais. Les premières colonies furent établies dans les comtés de Leix et d’Offaly au centre de l’Irlande (renommés respectivement comtés du Roi et de la Reine) mais les colons étaient trop peu nombreux pour se défendre contre les Irlandais qu’ils avaient délogés. Les colonies plus tardives eurent plus de succès, en particulier celle d’Ulster, qui vit le jour en 1609.
Cette fois, la majorité des colons venaient d’Ecosse (désormais unie à l’Angleterre avec le règne du Roi Jacques Ier d’Angleterre aussi connu sous le nom de Jacques VI d’Ecosse) et ils s’établirent dans la zone la plus proche géographiquement, à savoir le nord et l’est. Contrairement aux colons précédents, ils étaient Presbytériens et non Anglicans.
Les terres de l’Ulster avaient été confisquées par la Couronne après que leurs propriétaires, les Comtes rebelles de Tyrone et Tyrconnell, eurent fui avec leurs familles vers le continent. La « Fuite des Comtes » (1607) qui abandonnèrent leurs territoires, les seules zones de l’île à avoir jusque-là résisté
