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Maléfices à Bali
Maléfices à Bali
Maléfices à Bali
Livre électronique241 pages2 heures

Maléfices à Bali

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À propos de ce livre électronique

Maléfices à Bali est la troisième aventure de Julie Desmontils et de Victor Trondheim. Sur l’île de Bali, Victor se lance dans une insolite partie de cache-tampon, doublée d’une course contre la montre.
Le jeu de piste est dangereux, les participants nombreux et chacun fait cavalier seul.
Parallèlement, nos deux héros suivent des cours sur le pouvoir des énergies balinaises.
Made Dewas, célèbre danseuse de Légong, ballet traditionnel balinais, réputée pour ses connaissances en lecture énergétique de l’environnement, est leur professeur.
Des forces invisibles les déroutent. Sous le charme envoûtant de l’encens, de la citronnelle, du gamelan, ils se connectent aux lieux et décodent leurs messages.
Parviendront ils à déjouer les maléfices balinais ?
LangueFrançais
ÉditeurLes Éditions du Net
Date de sortie1 déc. 2021
ISBN9782312142876
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    Maléfices à Bali - Joëlle Voïta

    cover.jpg

    Maléfices à Bali

    Joëlle Voïta

    Maléfices à Bali

    LES ÉDITIONS DU NET

    126, rue du Landy 93400 St Ouen

    © Les Éditions du Net, 2021

    ISBN : 978-2-312-14287-6

    Une obscurité éclairante

    Au sud de l’archipel indonésien, entre Java et Lombok, existe une jolie petite île nommée Bali, ou l’île des Dieux. Elle est si douce, si pleine de charme et tellement intemporelle, que ses visiteurs, séduits par sa magie, s’imaginent au paradis.

    Et pourtant, géologiquement placée à la rencontre de plaques tectoniques très actives et secouée par de nombreux tremblements de terre, ses habitants jonglent en permanence avec des tsunamis, des irruptions volcaniques et des tremblements de terre.

    Malgré tout, face à ces menaces, ils restent sereins.

    Relayés par la population, les prêtres hindo balinais, par leurs prières et leurs rites, veillent quotidiennement à l’équilibre des forces positives et négatives et sont les garants de l’harmonie des lieux. Ils savent qu’au moindre relâchement de leur part, les esprits démoniaques s’en donneront à chœur joie et détruiront leurs efforts.

    Car ces démons, invisibles, insaisissables, éternellement nuisibles et toujours obscurs, s’ils surgissent, c’est pour entraver le bon déroulement des événements.

    Pour éviter de les réveiller, les Balinais cultivent la positive attitude et dialoguent avec leurs Dieux.

    A Denpasar, la capitale, une nuit d’encre enveloppe déjà le pays, lorsque l’avion de Julie Desmontils et de Victor Trondheim, en provenance de Paris, se pose.

    Après les formalités d’usage, à la sortie de l’aéroport, le couple se dirige vers la station de taxi. Il ne leur reste plus que quelques kilomètres à parcourir, en voiture, pour rejoindre leur hôtel, le Sélamat Pagi, situé sur la côte sud de l’île, près de la petite ville Sanur.

    A peine sortis de l’aérogare, un taxi les aborde. Confiants, ils montent à l’intérieur, trop heureux de ne pas perdre de temps à cet endroit.

    – Au Sélamat Pagi, s’il vous plaît ! Demande Victor en anglais.

    Le chauffeur ne réagit pas. Aussitôt, Julie sélectionne sur les mèls de son portable, celui de l’hôtel et lui montre l’en-tête. Il sourit, acquiesce d’un signe de tête et démarre.

    Enfin ! La fin du voyage est au bout de la route. Ils s’imaginent déjà sur les lieux, entourés d’une végétation luxuriante, avec l’océan comme horizon.

    Tout se déroule à merveille, jusqu’à ce que les lumières de la capitale disparaissent derrière eux.

    Le véhicule roule alors sur une route déserte, traverse des villages presque éteints, s’enfonce dans une obscurité profonde, sans réverbère, ni lune. Ce manque de visibilité a soudain des effets inattendus sur eux. Sans aucune vision possible à l’extérieur, enfermés dans cette cage de Faraday qu’est la voiture, ils se méfient du chauffeur et de ses intentions.

    Dans un premier temps, ils l’interrogent pour créer un lien et percevoir ses intentions, en vain. L’homme ne saisit pas ou feint de ne rien comprendre. Certes, il conduit bien, mais il affectionne tant ces routes désertes et sombres, qui prennent des allures de traquenards, qu’il sème le doute dans l’esprit de ses passagers.

    D’instinct, ils sont sur leur garde et s’interrogent. Dans leur précipitation, auraient-ils pris la mauvaise compagnie de taxi, celle qui détrousse ses clients ?

    Après quelques regards de connivence, ils se savent sur la même longueur d’onde et prêts à réagir.

    Victor s’imagine à la place du chauffeur, essaie de deviner sa stratégie pour anticiper sa parade.

    – Cherche-t-il un endroit suffisamment sombre et désert pour s’arrêter et nous dévaliser ? Ou a-t-il rendez-vous avec ces coupeurs de route qui feront la sale besogne à sa place ? Si c’était le cas, que faire ? Prendre le volant et foncer ?… Tout dépendra des conditions du contexte et des réactions de Julie. Attendons, soyons vigilants et ne le quittons pas des yeux…

    Trois quarts d’heure passent, le sommeil commence à sévèrement dicter sa loi, lorsque loin devant eux, sur leur droite, une très faible lumière sort de la nuit.

    Au fur et à mesure qu’ils s’en rapprochent, une banderole blafarde et flottante au vent se dessine et un porche apparait sous le calicot.

    – Est-ce le but du voyage ou la fin ? Se demandent-ils en silence, anéantis par leur torpeur.

    Soudain, ils peuvent lire le nom de leur hôtel, le Sélamat Pagi et se décontractent. La voiture franchit le portail, traverse une petite cour sombre et s’arrête au pied de l’escalier du seul bâtiment présent. Avant de descendre du véhicule, ils écarquillent les yeux, pour se remplir des lieux et deviner les contours de cette cour sas, qu’ils viennent de traverser. L’éclairage, là aussi très tamisé, seulement ciblé sur certains endroits, rend le repérage difficile. Dans cet espace tampon, interface entre la route et le bâtiment, Julie arrive à distinguer un petit temple, posé, entre le portail d’entrée et l’imposante silhouette d’un banian.

    Certaines zones sont mises en lumière. Parmi elles, l’escalier, au pied duquel le taxi les a déposés et qui monte au lobby, situé au premier étage du bâtiment.

    Ils récupèrent leurs bagages et bien campés sur leurs jambes, lèvent la tête pour une fois encore, essayer de se connecter au lieu, à son atmosphère, à ses parfums.

    Malheureusement, la nuit, tel un rideau, leur cache les alentours.

    Julie, en se dirigeant vers l’escalier, fait alors ce constat :

    – Cette obscurité, inhabituelle pour des occidentaux comme nous, est si déboussolante, que l’on croirait vivre à côté d’un monde parallèle et mystérieux.

    Victor, indifférent à sa réflexion, s’approche du Balinais en faction, qui le salue et l’invite à monter. Il actionne ensuite le gong doré, placé près de lui, pour annoncer leur venue.

    Les profondes vibrations qui en sortent, se propagent alentour et leur donnent la chair de poule. Prévenir les hôtesses de leur arrivée n’est pas le seul rôle de ce gong. Ses ondes les débarrassent de toutes énergies négatives.

    Car à Bali, tout est énergie et il s’agit toujours de favoriser les positives, au détriment des négatives.

    En général, très vite en symbiose avec son entourage, Julie ressent physiquement ce monde parallèle, aux règles mystérieuses et qui, à la faveur de la lumière, se dissipe. Elle comprend que pour l’apprivoiser, elle va devoir une fois encore, jongler avec l’invisible.

    Pour Victor, en revanche et comme souvent, ce premier contact est décevant et rébarbatif.

    – Franchement Julie, cette fois-ci, je regretterais presque de t’avoir suivie. Pour l’instant, rien ne me plait et j’ai rarement été autant paumé. Entre le décalage horaire, ce trajet dans le noir et cet éclairage trop tamisé, je perds le nord.

    – Ne t’inquiète pas Victor, tu es si bien ancré dans le réel, que tu ne risques rien. Demain, tu y verras plus clair et tel le chat, tu retomberas sur tes pieds et apprécieras à sa juste mesure, ce pays et ses légendes…

    En haut de l’escalier, l’hôtesse qui les accueille, les mène jusqu’au comptoir de la réception.

    Julie Desmontils, architecte d’intérieur, est une jeune femme moderne, qui a personnalisé le côté concret de son métier, par l’acquisition de connaissances holistiques et énergétiques, apprises à Hong Kong et Kuala Lumpur. Elle se sert de ses connaissances pour expertiser des lieux, construits ou pas et pour accorder les énergies terrestres aux énergies célestes. Par de subtiles interactions entre les orientations, les couleurs, les formes et les matériaux, elle agit sur l’espace occupé, corrige le déséquilibre des flux existants, améliore l’harmonie des lieux.

    Victor Trondheim, son ami venu du Nord, connaît sa complice depuis l’enfance. Journaliste indépendant d’investigation, officieusement chargé de missions gouvernementales très secrètes, il l’accompagne souvent dans ses pérégrinations.

    Malgré leurs différences, ils partagent l’un et l’autre la même vision du monde.

    Dynamisée par la nouveauté, Julie suit l’hôtesse avec allant et cherche à faire participer Victor à sa joie, en lui racontant ce pays sous le prisme des énergies.

    Pour être plus concrète, elle commence par la partie la plus visible, l’architecture.

    – … Par exemple, raconte t’elle, ici les bâtiments ne protègent pas seulement des turpitudes du temps, mais également des mauvais génies. Il faut leur interdire d’entrer à l’intérieur des habitations parce qu’ils pullulent et sont nocifs. Ceux qui ne se déplacent qu’en ligne droite, sans jamais réussir à contourner les obstacles, sont particulièrement visés.

    – Ah, ah, ah ! Tu sais très bien que je ne crois pas à ces sornettes. Ah, ah, ah ! Ridicule, ton histoire.

    En attendant que Darmas, l’employé qui va les recevoir, termine avec les clients précédents, Julie continue.

    – L’architecture est le reflet de leurs croyances et fait partie d’une stratégie d’auto défense.

    – C’est possible…, en effet, maintenant que tu me le dis, je me souviens. Certains guides en parlent et prétendent que c’est la raison de la présence de ces grands murs aveugles qui entourent les demeures…

    – Tout à fait ! Ces démons se heurtent au mur et parce qu’ils ne connaissent que la ligne droite, ils sont renvoyés à leur point de départ. Le point le plus vulnérable est la porte qui, sous ces latitudes, reste constamment ouverte. Les architectes ont donc trouvé l’aling aling, pour les contrer et éviter qu’ils s’y engouffrent. L’aling aling, est un muret construit à l’intérieur, légèrement en arrière de la porte et qui coupe la ligne droite. Dans l’impossibilité, de se déporter soit à gauche, soit à droite, comme le font les habitants pour entrer, ils retournent d’où ils viennent.

    – A t’entendre, ces mauvais génies abondent sur l’île ! Sommes-nous en danger, Julie ? s’étonne Victor en riant, convaincu que ces précautions architecturales ne servent à rien et que ces démons ne sont que superstitions.

    A ce moment-là, Darmas leur faire signe d’approcher.

    Il leur remet les clés de leurs chambres et leur explique, grâce à un plan, la configuration des lieux.

    Les chambres sont toutes dans des bungalows, disséminés dans le parc situé entre le bâtiment et la mer. Il leur conseille, pour éviter qu’ils ne se perdent dans la nuit, de suivre l’hôtesse qui les conduira jusqu’à leur bungalow.

    Tout en observant ce plan, Julie remarque que le bâtiment dans lequel ils sont, sert d’aling aling à l’ensemble que forme le parc, ses bungalows et la cour sas. Certes, cet aling aling ne peut être contourné, comme dans les maisons individuelles, mais franchi, en accédant au premier étage. En effet, le seul passage possible est le lobby situé en hauteur et qui donne également accès à la mer.

    Pourtant le parc, de forme rectangulaire, ne possède que trois murs, contrairement à la règle qu’elle vient d’énoncer à Victor.

    Certes, d’autres barrières énergétiques existent à l’intérieur du périmètre, mais face à l’Océan Indien, le quatrième côté du parc, c’est l’occidentale attitude, ou l’ouverture sans restriction sur la plage et ses désordres.

    Elle se fait alors tout haut cette réflexion.

    – Pourquoi le parc n’est-il pas complètement clos ?

    Darmas, qui n’entend qu’une partie de sa réflexion, la prend pour une critique et lui répond.

    – Non Madame ! Ne vous inquiétez pas, l’accès à la plage est libre et vous pourrez vous y rendre à votre guise.

    Il craint qu’elle ne refuse la chambre et Victor, qui le remarque, le rassure.

    – Ne vous alarmez pas, tout est parfait.

    Ils rejoignent alors l’hôtesse pour s’acheminer vers leur chambre.

    Mais avant de descendre dans le jardin et de quitter le lobby, cette plate-forme mirador ouverte à la nuit, Julie observe la décoration.

    Les meubles sont en osier et les fauteuils couverts de coussins blancs. Le sol carrelé, de couleur saumonée reflète l’éclairage du même ton et ces teintes douces émoussent les formes, les sons comme les craintes.

    Et tout autour de cet espace libre, tels des murs illusoires, la nuit d’encre omniprésente, grignote patiemment la lumière et son côté rassurant.

    De ses yeux de lynx, Julie scrute une fois encore, la cour sas, sans succès. Seules les effluves d’encens du petit temple de l’entrée, lui parviennent.

    L’encens, cette fumée purificatrice, participe au nettoyage des lieux, mais aussi des nouveaux arrivants. Elle les débarrasse des miasmes et toussotements de la ville, avant qu’ils n’atteignent le lobby.

    – La cour sas, les murs, le temple, l’encens… tout y est. Au Sélamat Paji, la prudence est de mise et la tradition respectée. Il ne me reste plus qu’à percer le mystère de ce quatrième mur absent, se dit-elle tout haut.

    Le gong résonne à nouveau et la sort de ses réflexions. Pour ne pas s’égarer dans le dédale des allées du parc, elle rejoint l’hôtesse et Victor, qui se dirigent lentement vers lui.

    Dehors, le banian côté mer, frémit à leur passage et la brise de mer leur caresse le visage.

    Au bas de l’escalier côté mer, trois sentiers s’offrent à eux. L’hôtesse choisit celui de gauche qui s’enfonce sous les arbres, faiblement éclairé par de petites loupiotes posées à terre.

    En quelques pas, ils atteignent le théâtre de plein air, en pleine lumière. Ils s’y arrêtent, un instant, pour admirer les danseuses de Légong qui préparent le spectacle du soir.

    Le Légong, archétype de la délicatesse et de la féminité, est la plus raffinée des danses balinaises et son costume très codifié. Les éléments les plus importants sont la coiffe ornée de fleurs de frangipanier et la longue bandelette qui enserre le buste des danseuses.

    Ils s’orientent ensuite vers la mer.

    Et toujours à la faveur des petites lanternes posées au sol, Julie remarque sur les pelouses, des statues de guerriers nains, aux mines patibulaires. Taillés dans une pierre

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