Les traverses de pleine lune
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Aperçu du livre
Les traverses de pleine lune - Martine Menges-Milhomis
Les traverses de pleine lune
Martine Menges-Milhomis
Les Traverses de pleine lune
Les Éditions Chapitre.com
123, boulevard de Grenelle 75015 Paris
Du même auteur
Le goût des baisers de la mer, Publibook, 2011.
© Les Éditions Chapitre.com, 2014
ISBN : 979-10-290-0123-9
À ma grande complice Marie-Hélène,
avec toute mon affection.
PREMIÈRE PARTIE
1
Le hublot ruisselait de pluie. Dehors, sous les lueurs de la carlingue, des milliers de flèches d’eau tombaient des ténèbres sur le tarmac bouillonnant. L’avion s’était aligné devant l’aéroport de Niamey, faiblement éclairé. Ils avaient du mal à s’extirper de ce cocon douillet. L’équipage, très prévenant, leur disait déjà au revoir avec les conseils supplémentaires de sécurité, en raison du mauvais temps.
Le vol s’était déroulé sans incident, pendant cinq heures, et l’atterrissage avait été à peine perturbé par cette pluie diluvienne. Ils avaient eu droit au dîner froid, bien sûr, mais aussi à toutes les délicatesses des hôtesses, qui avaient incliné leurs sièges au maximum. Leurs corps, sur ces transats moelleux, avaient pu s’allonger, sous une couverture toute douce. Ils s’étaient endormis en écoutant un fond de musique, les pieds délassés dans des chaussons de peluche synthétique.
Méli et Estevan, mal réveillés, se mirent à courir dès le bas de la passerelle pour s’engouffrer dans le hall. Ils étaient détrempés comme tout le groupe de passagers, qui s’ébrouait au fur et à mesure de son entrée dans cet abri, vide et irréel, sous la lumière blafarde des néons. Deux officiers de police, un noir et un blanc, encore somnolents, vérifiaient vaguement les papiers. Les porteurs attendaient les bagages, attachés et bâchés sur de vieux chariots. Les voyageurs, très rafraîchis, étaient à la limite de grelotter, malgré l’air, soudain étouffant, que de gros ventilateurs poussifs tentaient de brasser. Tous en transit, soit pour Abidjan, soit pour l’intérieur, ils s’assirent dans l’espoir de pouvoir boire un café. Du coup, l’aéroport devint une petite ruche pleine de brouhaha.
Dehors, la pluie s’écrasait continuellement sur de grandes flaques, et l’aurore, derrière ce rideau opaque, avait du mal à poindre. Méli avait pensé à emporter des biscuits et des madeleines. Plus tard, ils purent avaler un breuvage de limonade et s’informer sur leur horaire de départ. Mais le bimoteur prévu ne repartirait pas avant le lendemain, en raison de la saison des pluies qui commençait, avec tous ses aléas. Ils furent conduits à des bungalows qui servaient d’hôtel. Le leur, était sommaire : deux lits superposés, une salle de douche et des toilettes. L’eau s’infiltrait sous la porte mais cela n’avait pas grande importance. Méli rassura Estevan, toujours très curieux de la suite des évènements, en lui précisant qu’ils tenteraient de joindre son père, dès qu’ils auraient pris une bonne douche.
Méli n’avait pas encore atteint la trentaine. Estevan la considérait autant qu’une maman. Il n’avait plus la sienne depuis l’âge de quatre ans et à bientôt huit, il s’en rapprochait de plus en plus. Il y avait entre eux beaucoup d’amour et de complicité, d’autant que, Méli, elle, n’avait jamais pu avoir d’enfant. Le père d’Estevan, Geoffrey, l’avait rencontrée deux ans après l’accident d’Anna, et ils s’étaient mariés. Il devait les attendre avec impatience et s’inquiéter sûrement de leur retard. Elle finit par le joindre vers midi trente, effectivement soucieux, sur le téléphone à manivelle de leur future maison.
Ils n’en finirent pas de baîller et de traîner toute la journée, Estevan avec sa bibliothèque ambulante de bandes dessinées sous le bras, et Méli avec son roman qui, décidément, ne la captivait pas. Le temps s’améliorait et la chaleur se faisait de plus en plus pesante. La soirée s’éclaircit et le chant des grenouilles, ponctué de tam-tam lointain, emplit l’atmosphère déjà chargée d’insectes qui s’agglutinaient sur la moindre lumière.
Le lendemain, le petit avion atterrit sur la piste de terre boueuse en sautillant pour ne pas s’y embourber. Il stoppa ses moteurs. Ils étaient enfin rendus à Massoua, pas loin du Ténéré, à la limite de la frontière nigériane, loin de toute capitale, un village perdu en brousse. Mais ils étaient tellement heureux de se retrouver après ses trois mois d’essai ! Car la société qui engageait Geoffrey, avait bien exigé ce délai d’attente, comme toutes les autres sociétés internationales, afin de s’assurer de l’adaptation de l’employé, comme de la réflexion de la famille à le suivre dans ce pays encore dépourvu de certaines infrastructures, et qui plus est, en brousse !! Geoffrey savait que Méli, pourtant un peu précieuse, saurait se créer son monde ; et puis, ces trois mois-là avaient permis à son fils de terminer l’année scolaire. Ils verraient ensuite.
En conduisant le vieux Land, il évita du mieux qu’il put les gros « nids de poule », créés par la pluie, tout en épousant les plis d’argile fraîche. Il fallait s’y faire, non seulement c’était comme çà jusqu’au village, mais aussi sur la grande route de terre rouge qui menait, d’un côté à Idaria, et à l’opposé, à Rezdi, les deux villes les plus proches, chacune à une centaine de kilomètres de Massoua. Une végétation de plantes grasses courrait de-ci de-là et affichait quelques pousses vertes bien arrosées. Le village, traversé par la piste principale, telle une nationale, ne semblait pas habité. À l’entrée, un panneau indiquait, sur la droite, la ville d’Agadès à quatre cents kilomètres. Méli, qui avait séjourné un certain temps en Algérie, pensa qu’elle se trouvait, en fait, juste de l’autre côté de ce Sahara qu’elle avait tant aimé et traversé en diagonale jusqu’au bas de la Tunisie. Geoffrey leur dit que les voisins viendraient ce soir pour un pot d’accueil, mais qu’ils connaîtraient tout le monde, bientôt, à la réception du quatorze juillet donnée par le commandant français de la circonscription. Ils venaient d’ailleurs de dépasser les deux grosses bâtisses de Massoua, qui abritaient les notables du village. L’une, sur la droite, un vieux fort aux murs en banco ocre, dont les pics crénelés, étaient légèrement étêtés, tradition targuie, et l’autre, sur la gauche, plus loin, dont la blancheur obligeait à cligner les yeux.
Les trois « boys » se mirent presque au garde-à-vous lorsqu’ils descendirent de la voiture. Geoffrey fit les présentations en toute simplicité, avec un sourire amusé qui mit tout le monde à l’aise. Il avait déjà expliqué à Méli qu’il était nécessaire d’employer des gens de maison, pour les faire vivre, tout simplement. Laouali, dont les tempes commençaient à grisonner, gardait et entretenait la concession, Chabou et Haman, les plus jeunes, s’occupaient de la cuisine, du ménage et du linge. Bertrand, le chauffeur dahoméen catholique, assurait la traduction avec les ouvriers et, en l’occurrence, faisait office de surveillant de chantier, en l’absence de Geoffrey. Méli et Estevan découvrirent cette maison rectangulaire aux deux galeries extérieures sur lesquelles s’ouvrait chaque pièce. Les fenêtres étaient pourvues de clayettes en verre, inclinables pour assurer la ventilation, et les chambres se paraient de moustiquaires autour des lits. Estevan essayait les drôles de fauteuils toilés en x qui servaient de salon extérieur.
– Tu verras que nous ne pourrons plus tuer une poule lorsqu’il visitera le poulailler !
Dit Geoffrey à Méli qui vidait déjà le contenu des bagages, tout en consentant des bisous amusés à son mari.
Estevan faisait le tour du propriétaire, tandis que Chabou annonçait le repas : du riz au poulet ! Et une salade verte du petit carré de jardin derrière. Geoffrey recommanda à nouveau les précautions à prendre pour
