Trois nouvelles de la traversée du monde
Par Franklin Nyamsi
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Aperçu du livre
Trois nouvelles de la traversée du monde - Franklin Nyamsi
Avant-propos
Lectrice, lecteur,
Je suis sur les routes de la vie depuis mes douze ans. Par les circonstances qui ont présidé à mon existence, on pourrait dire sans exagérer que je l’ai souvent passée en voyages. Pas seulement dans l’espace, depuis mon natal Cameroun, mes adoptives Côte d’Ivoire et France, mes Amérique et Asie si régulièrement arpentées ; mais aussi dans le temps, puisque sans cesse, mes pérégrinations intellectuelles m’ont astreint à écumer les longs siècles et millénaires de l’homo sapiens. Je suis, par les hasards du destin, un pèlerin du sens.
Mes valises, mes armoires, comme ma mémoire, sont pleines d’histoires vécues et imaginaires, qui portent en elles, les traces puissantes de cette traversée inlassable et passionnée du monde.
J’ai tout simplement voulu partager dans ce livre, trois des nombreuses histoires écrites que je traîne dans mes affaires. De la maison paternelle de Douala à celle mienne de Normandie, j’ai la fâcheuse tendance à compiler des nouvelles. On en trouve même encore dans mes cantines de la demi-décennie que j’ai passée en Côte d’Ivoire. Sans cesse, des parents et des amis, tantôt embarrassés par ces manuscrits que je laisse après-moi sous leur responsabilité, ou émerveillés par les histoires que je leur raconte, m’ont incité à les publier pour les sauver d’un oubli ou d’une perte certains.
Certes, avant tout, je les raconte pour le plaisir de le faire. Mais j’ai désormais la faiblesse de penser qu’il est temps de les rendre au monde qui me les a inspirées. J’ose donc livrer ici, les trois premières qui me paraissent plus ou moins complètement écrites. D’autres histoires miennes viendront à la lumière du monde, je l’espère pour elles. Et d’autres finiront dans le fatum du schéol, j’en suis désolé. Après tout, ce qu’on raconte n’est pas forcément digne d’être publié.
Les trois nouvelles que voici, écrites entre 2010 et 2016, retracent cependant, je m’en suis rendu compte après-coup seulement, en sens inverse, mon expérience d’exil. Et de façon bien sûr, tout à fait imaginaire. Elles vont d’une énigmatique vie en Normandie à une laborieuse origine camerounaise, traversant au passage le tragique merveilleux d’un épisode en Côte d’Ivoire. Je ne sais pas s’il existe une unité d’inspiration traversant les vies et personnages de Léonie Bellamy, de Florian Gao ou de Ludwig Makendi. Des critiques littéraires méticuleux pourront peut-être plus tard, reconstituer le schmihlblick des nouvelles associées par ce recueil.
J’ai simplement voulu partager trois rêves que le monde m’a inspirés. Laisser chacun visiter le tissage imaginaire du sens que mon esprit fabrique en ces nouvelles. L’interprétation est donc libre, la critique aussi. Il me fallait et il me suffisait de laisser être autrement, pour la postérité, ces mondes vécus et imaginés par ma plume.
Et si quelque joie secrète naissait en vous au fil de ces récits, avec quelque zeste de mélancolie, je serais fort aise d’avoir partagé avec vous, les deux grandes tonalités affectives de ma vie. Bon voyage.
Franklin Nyamsi
Rouen, Haute-Normandie
Mars 2018
:
Le rêve de Léonie Bellamy
I
La nuit n’avait pas été particulièrement longue. À travers persiennes, perçait quelque chose d’un jour blafard qui laissait poindre quelques couleurs d’un gris rougeoyant à l’orée de la vallée. Du troisième étage de l’immeuble étroit qu’elle habitait, Léonie Bellamy pouvait souvent jouir des ombres mouvantes de l’invasion matinale des lumières terrestres. Dans la vallée verdoyante où avait été bâtie la petite ville d’Ivre-la-loi, le soleil était perle rare dans les habitations. Celles-ci étaient conçues comme pour protéger ceux qui y vivaient du voyeurisme éclatant de l’astre du jour. Léonie Bellamy, une exception dans ce quartier de retraités, belle blonde de vingt-huit ans issue d’une famille pieuse de Normandie, exhalait une beauté pleine de noblesse non feinte dans une taille filiforme, une vie bien rangée, sans privations ni excès, et un quotidien ordinaire. Elle habitait Ivre-la-loi depuis une demi-dizaine d’années passées dans l’anonymat parfait des gens qui prennent la vie comme elle vient et la laissent comme elle s’en va.
Cette nuit ne se déroulait pas cependant comme les autres. Elle surgissait toute spéciale de la cadence tranquille des jours et rehaussait le quotidien d’une ambiance énigmatique que la jeune femme voulait éclairer. Cette nuit montait vers l’extraordinaire, comme une coccinelle qui s’interpose entre l’œil et la lumière d’un éclair. La nuit faisait masque et donnait prise à la curiosité humaine de tous les temps. Nuit immémoriale, gantée du blanc des doux mystères. Nuit au secret de laquelle rien ne nuit, même pas les stridents croassements des crapauds de la mare voisine. Nuit quasi inouïe, comme transportée par le je-ne-sais-quoi et le presque-rien.
Léonie Bellamy regarda autour d’elle. Le silence trônait dans la pénombre de sa pièce. Son plus régulier compagnon, le chat Punaise, était mort épuisé de jours quelques mois plus tôt. Une photo de l’animal bien-aimé trônait non loin du lit dans la chambre à coucher. Et c’est avec la docte espérance d’une résurrection animale que cette catholique sans excès répondait au sourire de son ancien chouchou félin.
Le tableau se corsait des jeux du ciel nocturne, car ce sont les rares réverbères attardés de sa rue qui lui disaient en choeur ce soir-là, l’état du ciel inondé par le regard de la lune. Ainsi, la seule lumière de soleil que Léonie reçût cette nuit-là lui venait par l’intermédiaire du petit satellite d’où nous contemple une femme chargée d’une hotte de bois. La lune, astre de rêve, donnait un aspect surréel à la pénombre de l’appartement, on eût dit une ambiance de création du monde.
Silencieuses, les mouettes des arbres environnant l’immeuble de Léonie ne se signalaient pourtant pas par leur si régulier tintamarre. Le volet gauche de la fenêtre était pourtant entr’ouvert comme d’habitude, quand exténuée par une journée de travail à l’École Primitive, Léonie s’assoupissait en fin de soirée sur son canapé de velours bien chaud. Elle se jetait dans cet espace intime en s’efforçant de chasser de son esprit tous les mauvais souvenirs de la journée, tout en conservant pour ses rêves, tout ce qu’il y avait eu de positif.
L’art de bien dormir est une chose en passe d’être oubliée en Occident. La cadence métro-boulot-dodo ronge si bien les gens que les occupations prennent insidieusement le pas sur la préoccupation de vivre sensément. L’art de bien dormir n’est-il pas au fond lié à l’art de bien s’éveiller ? Comment la nuit peut-elle profiter à celui qui subit le jour comme le dépérissement de sa propre espérance ? Et comment accéder au bonheur des Chamanes de l’Inde ou des sages de toutes les époques si l’on est possédé par l’esprit de possession ? Comment retrouver sa couche avec la même joie qu’on s’en relève si l’on n’a vaincu ni la peur du jour, ni celle de la nuit ? Comment vivre sans s’être situé avec sérénité face à notre futur mortel ? Comment avoir du temps pour soi si on s’est fait avoir par le temps stressant de l’avoir ? Ces questions taraudaient les soirées épuisées de Léonie Bellamy.
Il fallait oublier les frasques de Jimmy, de Kevin, d’Andy ou de Matthieu, tous ces garnements aux prénoms parfois aussi empruntés que leur comportement ; il fallait faire fi des grimaces d’Harmonie, de Sarah ou de Pulchérie. Il ne manquait plus qu’une Cunégonde pour tout compléter dans ce château de Thunder-Ten-Tronckh où les pires sottises ornaient le meilleur des mondes possibles.
Il fallait oublier toutes ces gentilles et parfois terriblement bêtes têtes blondes pour qui l’heure du cours de mathématiques ou de langues sonnait le rappel de tous les vieux démons d’une désinvolture d’êtres effroyablement immatures.
Ces enfants, d’une propreté douteuse les matins, l’haleine empestant toutes sortes de substances illicites, ne savaient pas encore se taire, respecter le tour de parole de l’autre, protéger leur voisin de leurs bâillements, éternuements, crachats même. Ils ne savaient pas encore respecter la propriété de l’autre, chose ou corps, et leur territoire d’action était quasi indéfini. Ils pouvaient se lever, faucher un voisin, arracher un livre, balancer une vanne pourrie aux plus vulnérables. Le pervers de Kevin ne se gênait pas du reste pour se moquer subrepticement de ses camarades en surpoids, se plaignant d’être écrasé par des baleines aux cheveux blonds et bruns, demandant à brûle-pourpoint s’il n’y avait pas eu survivance de certaines espèces obèses dans notre siècle.
Ces enfants venaient
