Lumen Gentium: Édition Henri II de France
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À propos de ce livre électronique
Cette première traduction française intégrale du texte latin original, lequel fut postérieurement traduit et publié en hébreu (Harvey, W. Z., 2018 ; Campanini, S., 2023), constitue l'autorité philologique de cette première édition.
Lumen Gentium ou Lumière des peuples est une oeuvre universelle qui s'adresse aux âmes élevées, aux intelle
Ovadia Sforno
Ovadia ben Jacob Sforno (h. 1475-1550) fue un rabino, médico, filósofo y exégeta bíblico, figu-ra destacada del judaísmo italiano. Nacido hacia 1475 en Cesena, se instaló en Roma y luego en Bolonia, donde estudió y enseñó el Talmud, la filosofía clásica y la medicina, con dominio del hebreo, el latín y el griego.Marcó su época por su profunda erudición, combinando un dominio de los textos tradicionales judíos con un conocimiento profundo de las ciencias y la filosofía clásica, y desarrolló un pen-samiento riguroso. En Bolonia, mantuvo correspondencia con sabios judíos y cristianos.Su erudición le permitió entrar en contacto con algunas de las figuras más poderosas de su tiempo. En particular, fue alentado en sus trabajos de escritura por Giuliano della Rovere, quien más tarde se convertiría en el célebre papa Julio II. Su influencia se extendió también más allá de Italia, como lo demuestra la dedicatoria de varias de sus obras al rey Enrique II, signo de los lazos intelectuales que mantenía con la corte de Francia.
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Aperçu du livre
Lumen Gentium - Ovadia Sforno
LUMEN GENTIUM
Édition Henri II de France
La vérité germera de la terre, Ps. 85, 12
Collection : Veritas è terra orieturISSN : 3003-8898fr.exegetes.orgPremière traduction intégrale en français par
Yannik Pisanne, éditée et annotée par Walter Hilliger
Tous les droits sont réservés en application des articles
L.122-10 à 122-2 du Code de la propriété intellectuelle.
Lumen Gentium
Édition Henri II de France
Traduction du latin et préface : Yannik Pisanne
ISNI : 0000-0005-0266-1969
Introduction, édition et notes : Walter Hilliger
ISNI : 0000-0004-6461-0836
Auteur du texte en latin : Ovadia Sforno (1475-1550)
ISNI : 0000-0000-6632-6290
1re édition en hébreu : Or Ammim, 1537
1re édition en latin : Lumen Gentium, 1548
1re édition en français : © 2025 Le Cercle Hilliger
ISBN (livre audio) : 978-2-494509-58-0
ISBN (livre numérique) : 978-2-494509-59-7
ISBN (imprimé) : 978-2-494509-15-3
Comité éditorial : Sabine Hilliger, Dan Hilliger
Paléographie : Yannik Pisanne, Walter Hilliger
Illustration de couverture :Plaque en or de l’emblème aux trois croissants de lune d’Henri II. Iconographie royale, Château de Fontainebleau, 1552
Pour soutenir notre projet par le mécénat ou le bénévolat,
écrivez-nous à publications@exegetes.org
Collection : Veritas è terra orietur
ISSN : 3003-8898
fr.exegetes.org
Table des matières
LUMEN GENTIUM
Édition Henri II de France
Note de l’éditeur
Introduction : Édition Henri II de France
Préface du traducteur
Lumen Gentium
Dédicace de Sforno au Roi Henri II de France
Prologue de Sforno
Examen des questions présentées et présentation des réponses dans l’intérêt des hommes
Chapitre 1 : À propos de la génération
Chapitre 2 : À propos des éléments
Chapitre 3 : À propos de la matière première
Chapitre 4 : À propos du ciel
Chapitre 5 : À propos du mouvement
Chapitre 6 : À propos de la création
Chapitre 7 : À propos de l’incarnation
Chapitre 8 : À propos de l’unicité
Chapitre 9 : À propos de la science
Chapitre 10 : À propos de la volonté
Chapitre 11 : À propos de la Providence
Chapitre 12 : À propos de l’âme
Chapitre 13 : À propos de la morale
Chapitre 14 : À propos du libre arbitre
Chapitre 15 : À propos du ciel
Conclusion
Consécration
Notes
Introduction : Édition Henri II de France — Notes
Dédicace & Prologue de Sforno — Notes
Chapitre 1 — Notes
Chapitre 2 — Notes
Chapitre 3 — Notes
Chapitre 4 — Notes
Chapitre 5 — Notes
Chapitre 6 — Notes
Chapitre 7 — Notes
Chapitre 8 — Notes
Chapitre 9 — Notes
Chapitre 10 — Notes
Chapitre 11 — Notes
Chapitre 12 — Notes
Chapitre 13 — Notes
Chapitre 14 — Notes
Chapitre 15 — Notes
Conclusion — Notes
Consécration — Notes
Note de l’éditeur
Avant de tirer quelque conclusion que ce soit, je recommande au lecteur de lire chaque chapitre dans son ensemble. Tous obéissent à la forme rigoureuse de la discussion scolastique (disputatio) : une question y est posée en ouverture, suivie d’un développement argumentatif construit de manière persuasive, avant d’être méthodiquement remis en cause et réfuté.
Cette première traduction française réalisée par Yannik Pisanne, entreprise le 29 juin 2023 et achevée en 2025, parallèlement à la première traduction espagnole, et conjointement à la traduction anglaise, suit fidèlement le texte latin de l’édition de 1548. Aucune de ces traductions n’a été réalisée à partir de la version hébraïque, ni influencée par la première traduction anglaise fondée sur celle-ci, parue antérieurement (Veltri, G., Coppola, G., & Dunklau, 2024). La seule utilisation a posteriori de la première traduction anglaise concerne cinq notes citées dans l’introduction. La première traduction anglaise publiée par Brill est accompagnée des textes hébreu et latin dans une excellente édition trilingue. Elle fut subventionnée par la Deutsche Forschungsgemeinschaft (Fondation allemande pour la recherche), et lancée à un prix dépassant les 200 euros. Notre édition indépendante, publiée en France d’outre-mer par notre maison d’édition Le Cercle Hilliger (www.exegetes.org), a été rendue possible grâce aux contributions volontaires de particuliers et d’entreprises, ainsi qu’au mécénat, sans aucune subvention directe ; qu’elle soit municipale, régionale, départementale, ministérielle ou européenne.
En conjuguant une approche à la fois claire et rigoureuse sur le plan sémantique à un prix plus abordable, notre édition vise à élargir l’accessibilité auprès du grand public, en parfaite cohérence avec notre mission. La syntaxe latine et les tournures baroques, bien que parfois complexes, ont été conservées autant que possible. Les mots ajoutés pour faciliter la compréhension ont été placés entre crochets. Pour permettre la comparaison avec le texte latin, la paléographie a intégré la pagination originale entre crochets et en gras, par exemple : [p.1] jusqu’à [p.40], et puis [p.41a] jusqu’à [p.72b].
La numérotation des références bibliques se fonde sur les traditions avec massorétique (MT) et vulgate (Vulg.), comme c’est le cas chez Sforno.
Les notes entre crochets, présentes dans le corps du texte, ainsi qu’à la fin de l’ouvrage, ont été ajoutées par l’éditeur afin de clarifier certains passages.
Les notes accompagnées de la mention « NdT » relèvent quant à elles du traducteur.
L’un des apports de cette première édition en français consiste à éviter les notes muettes, en y ajoutant des commentaires issus de la consultation de textes de référence, qui éclairent la compréhension des passages cités par Sforno. Les notes incluent également des références historiques, permettant de justifier la dédicace de Sforno à Henri II, roi de France (qui donne son nom à cette édition), ainsi que de situer sa relation avec le « Pape guerrier » Jules II (1503–1513), mentionné pour la première fois dans l’introduction.
La pierre angulaire de cette nouvelle traduction réside dans le respect des distinctions sémantiques entre diversitas (le divers) et differentia (le différent), que le texte latin souligne avec soin. Alors que le latin — fidèle à la rigueur scolastique — maintient cette distinction, la première traduction anglaise tendait à les confondre à plusieurs reprises sous la notion moderne d’un même vocable (différent).
Dans la version hébraïque, Sforno distingue les sens de la racine בדל (BaDaL), en utilisant הבדל (HeBDeL) pour exprimer les nuances de diversité et de différence, et נבדל (NiBDaL) pour désigner ce qui est distinct, séparé ou abstrait. La traduction anglaise établit explicitement dans le glossaire une correspondance entre le mot hébreu הבדל (HeBDeL) et les termes latins differentia (différent) et diversitas (divers), effaçant ainsi la distinction dans les propos en latin de Sforno :
1. Lorsque les finalités (causes finales) de deux choses les éloignent ou les séparent complètement l’une de l’autre—comme dans le cas de la génération et la destruction—il devient impossible de les assimiler, car elles ne partagent ni le même ordre d’être ni la même essence. Elles sont distinctes et séparées.
2. Lorsque la génération et la destruction arrivent à un même sujet (par une différence accidentelle), ou lorsque les deux choses partagent la même finalité (cause finale) et la même essence d’une même catégorie supérieure (différence essentielle), comme dans le cas du mouvement, elles sont à la fois différentes et convergentes.
3. Lorsque deux choses n’ont ni le même but (cause finale), ni la même essence ou substance, mais appartiennent à une même catégorie, comme lorsque la génération se produit dans un sujet et la destruction dans un autre, elles sont diverses et divergentes.
Ainsi, Sforno utilise la notion de divers (en latin : diversus, diversa) pour désigner des choses distinctes, qui n’ont pas la même essence mais appartiennent à une même catégorie générale. Il ne l’emploie pas pour désigner des choses différentes (en latin : differentia), qui partagent la même essence au sein d’une même sous-catégorie. Quelques exemples donnés par Sforno incluent les orbites des corps célestes, les pôles magnétiques d’une boussole, les instants temporels uniques, les formes des êtres immortels et mortels, etc. Ces éléments sont divers, non différents, puisqueles choses différentes partagent une même essence.
Cette amélioration enrichit la portée sémantique sur une centaine de passages, suggérant que la version latine n’était pas une simple traduction de l’hébreu, mais un texte riche sur le plan sémantique et faisant autorité en soi.
En tenant compte de ces considérations et d’autres éléments, la présente édition vise à restituer la subtilité du raisonnement de Sforno et à offrir au lecteur un accès fidèle à sa pensée classique.
Walter Hilliger
Guadeloupe, France d’Outremer
2025 | 5785
Cette page est laissée intentionnellement en blanc
Introduction : Édition Henri II de France
1. Dès sa parution, l’œuvre d’Ovadia Sforno connut deux formes : une édition latine intitulée Lumen Gentium, publiée tardivement à Bologne en 1548, et une rédaction hébraïque, Or Ammim, parue plus tôt, en 1537.
L’impression de l’édition latine fut confiée à Giaccarelli,¹ alors imprimeur de l’Université de Bologne, la plus ancienne d’Europe et la première à employer le terme « université » (universitas).
Au début du XVIe siècle, Bologne relevait des États pontificaux : la ville était administrée sous l’autorité du Pape et soumise à l’appareil pénal de l’Inquisition, comme en témoigne une notice de l’Inquisiteur de Bologne.²
Il est vraisemblable que la tutelle ecclésiastique ait retardé la parution de l'édition latine par rapport à la rédaction hébraïque, en raison du statut de Bologne sous autorité pontificale et surtout, de l’instauration, dix ans plus tôt, de l'Index des livres interdits.
Selon l’hypothèse de Saverio Campanini, l’œuvre entière aurait d’abord été « vraisemblablement conçue en latin (verosimilmente progettata in latino) », puis traduite en hébreu en vue de sa publication, avant d’être révisée pour l’édition latine finale.³
Plusieurs indices portent à croire que le Latin fut la langue d’élaboration ou de travail initiale. Sforno, qui étudia la médecine à Rome avant d’obtenir un doctorat à Ferrare, avait suivi un cursus fondé sur le Trivium, première étape de l’apprentissage des arts libéraux: la grammaire, pour comprendre et produire des textes en latin ; la rhétorique, ou l’art d’argumenter et de communiquer ; et la logique, discipline du raisonnement propositionnel au service de la pensée scolastique.⁴
Sforno a sans doute puisé dans des sources philosophiques latines, qu’il aurait d’abord traduites pour élaborer son traité, avant de les transposer en hébreu pour la version de 1537.⁵ Par ailleurs, certains cas d’erreurs de traduction dans cette version (touchant à la numérotation, à la structure ou à la terminologie) s'expliquent plus aisément si l’on admet un passage du latin vers l’hébreu. Considérant que Sforno n’était pas un spécialiste de la littérature hébraïque,⁶ il est probable qu’il ait fait appel à des assistants hébraïstes pour l’élaboration de son texte. Sinon, comment expliquer l’emploi dans la version hébraïque du terme mizmor [מזמור] pour désigner un type de louange (Pessahim 117a) afin de se référer à un « psaume », alors que le terme hébreu courant est tehillim ? ⁷
Cela pourrait également expliquer la double numérotation après la page 40, avec les pages p. 41a et p. 41b, pratique plus fréquente dans les textes hébraïques (amud alef et amud bet).
L’usage de la numérotation des Psaumes selon la Vulgate,plutôt que selon la tradition massorétique, suggère par ailleurs que Sforno traduisait à partir d’un texte latin. Un exemple probant de l’usage possible d’un brouillon latin est la référence aux commentaires étendus d’Aristote sur Du Ciel, qui n’avaient pas été traduits en hébreu, confirmant le recours à des sources latines.⁸
L’indication la plus probante que le texte latin constitue la source principale réside dans l’aplatissement des notions differentia et diversitas sous la racine hébraïque הבדל (HeBDeL), montrant que la version latine possédait une richesse sémantique et faisait autorité en soi.
2. Au moins deux lettres distinctes d’Ovadia Sforno adressées au roi Henri II de France sont connues. Outre l’épître dédicatoire, une correspondance manuscrite inédite est conservée dans un codex hébraïque du XVIe siècle. ⁹
Lumen Gentium, dans sa version latine, se distingue par la dédicace imprimée au Roi Henri II de France. Pour en saisir l’importance, il est essentiel de replacer l’œuvre dans le contexte des tensions confessionnelles croissantes qui menèrent au Concile de Trente. Sans doute, le Concilium Tridentinum fut l’événement le plus marquant du XVIe siècle après le déclenchement de la Réforme protestante en 1517. Ce concile devait constituer le cœur de la future Contre-réforme catholique face au protestantisme, en affirmant l’autorité exclusive de Rome, ce qui suscita l’opposition de l’ambassade de France. Cette dernière ne s’opposait pas aux décrets en tant que tels, mais à l’imposition de coutumes et de mœurs comme dogmes obligatoires, ainsi qu’à la négligence de la codification de pratiques et de fondements religieux pourtant nécessaires.¹⁰
Par exemple, certaines décisions du Concile concernant les Canons et les textes apocryphes rejetèrent certaines traditions anciennes, brouillant la distinction entre les livres de « l’Ancien Testament » ou TaNaKh, composé de la Torah (Loi de Moïse), des Nevi’im (Prophètes) et des Ketuvim (Écrits), auparavant considérés comme canoniques et divinement inspirés, et d’autres livres rédigés à l’origine en grec et en araméen, qui, bien que lus en latin, ne jouissaient pas de la même autorité divine.¹¹ En 1546, lors de la quatrième session, le Concile attribua aux livres apocryphes juifs tels que Tobie, Judith, la Sagesse de Salomon et le Siracide, la même autorité que celle du « Nouveau Testament » et des livres de « l’Ancien Testament. » ¹²
Plus tard cette même année, un événement marquant bouleversa l’histoire du Concile : par un dessein de la Providence, la ville de Trente fut frappée par la peste. Par crainte de contagion et dans le contexte de la guerre, le Concile fut transféré à Bologne, où il se tint du 11 mars 1547 au 14 septembre 1549. Sforno, qui n’avait pas été convoqué comme théologien au Concile de Trente, y assista néanmoins, ce que l’on peut interpréter comme une intervention divine, au moment du transfert vers Bologne, ville où il résidait alors.
Quant à l’Ambassade de France, elle ne considérait pas le Concile tenu à Bologne comme véritablement œcuménique (du grec oikouménê, « univers »), ni comme destiné à une « réconciliation universelle ». La France percevait cette assemblée comme composée de petits évêques italiens, de courtisans et de « nourrissons » de Rome, ce qui conduisit finalement Henri II à rompre les relations diplomatiques avec l’Italie et à interdire l’envoi de fonds à Rome pour les dispenses.¹³
C’est dans cette atmosphère de méfiance que Sforno s’adressa au roi de France, au cours de ce même Concile, en le saluant comme « défenseur de la religion » (religionis defensori). Sa dédicace dans Lumen Gentium prit alors une dimension à la fois diplomatique et intellectuelle. Lors de sa parution en 1548, Henri II, qui avait accédé au trône en 1547 à la suite de François Ier, était encore un jeune souverain (né en 1519), dont la cour se distinguait déjà par son goût prononcé pour l’humanisme et la théologie.
Depuis le XIIIᵉ siècle, l’Université de Paris constituait le principal lieu de débat sur la compatibilité de la philosophie aristotélicienne avec la théologie. Les arguments de Sforno – défendant la création ex nihilo, la Providence divine et l’immortalité de l’âme contre certaines thèses [pseudo-]aristotéliciennes – entraient en résonnance avec la doctrine d’un roi engagé dans la lutte contre « l’hérésie ».
Ainsi, par sa dédicace, Sforno cherchait probablement à s’attirer les bonnes grâces d’un influent protecteur catholique et à affirmer une forme de solidarité entre juifs et chrétiens. Son traité, rédigé en latin, s’adressait aux représentants français et aux lecteurs chrétiens lettrés.
3. Selon l’historien Jean-Pierre Rothschild, Georges de Selve aurait pu, d’après une correspondance privée, jouer un rôle dans la transmission de cette dédicace en France. Diplomate et évêque français (1508–1541), représenté dans Les Ambassadeurs de Holbein, De Selve était un humaniste de la Renaissance. Elève et protecteur d’Elia Levita, il avait étudié l’hébreu et soutenu financièrement le travail de ce dernier sur une concordance hébraïque, centrée sur la rigueur grammaticale et massorétique, destinée tant aux étudiants chrétiens de l’hébreu biblique qu’aux commanditaires catholiques (comme le Cardinal Gilles de Viterbe) ou réformés (comme Paul Fagius).¹⁴Cependant, Jean-Pierre Rothschild relève dès le départ une inadéquation chronologique concernant le rôle éventuel de De Selve comme intermédiaire : celui-ci étant décédé en 1541, soit quatre ans avant la parution du Lumen Gentium et onze ans après la publication de l’Or Ammim en hébreu. Il est donc chronologiquement exclu que De Selve ait pu intervenir dans la médiation de la dédicace de 1548.
Georges d’Armagnac (1501–1585), ambassadeur de France auprès du Saint-Siège de 1539 à 1547, fut nommé cardinal en décembre 1544. Humaniste reconnu et mécène des arts et des sciences, il précéda immédiatement la publication latine du Lumen Gentium en 1548, ce qui en faisait un intermédiaire plausible. Il participa par ailleurs au Conclave de 1549-1550 qui élut le Pape Jules III. Compte tenu de son rôle d’ambassadeur et ses inclinations humanistes, Sforno aurait pu solliciter son aide pour dédier l’ouvrage au roi de France. Toutefois, c’est son successeur à l’ambassade, Claude d’Urfé, qui, au moment et au lieu exacts de la parution du Lumen Gentium, joua un rôle décisif. Maintenu dans ses fonctions par Henri II après l’accession au trône en 1547, Claude d’Urfé représentait, comme George d’Armagnac avant lui, les intérêts français à Rome au plus haut niveau. Outre ses fonctions diplomatiques, il était également mécène des arts de la Renaissance et collectionneur de livres. Son intérêt marqué pour la culture de son temps, conjugué à sa position lors de la publication du Lumen Gentium, en fait le candidat le plus vraisemblable pour avoir facilité la dédicace. Son nom apparaît d’ailleurs dans la liste de participants au Concile tenu à Bologne, sous la mention Claudius Durfe, désigné comme « l’orateur du très chrétien Roi » (Orator Chriſtianiſsimi Regis) et identifié comme Français (Gallus).¹⁵
De plus, Claude d’Urfé entretenait peut-être des liens avec Anselme Giacarelli, l’imprimeur de Sforno. Celui-ci participa en 1550 à l’édition d’un autre ouvrage, intitulé Dialoghi della vita et della morte, publié à Bologne. Pour cette publication, il utilisa une nouvelle police française, dite « Lettres françoises » ou « Caractères de civilité », se substituant aux caractères typographiques italiens traditionnels et dont il contribuait à promouvoir.¹⁶
Ayant pris part aux Guerres d’Italie sous François Ier puis Henri II, Claude d’Urfé fit édifier à son retour le Château de la Bâtie d’Urfé, qui abritait une vaste bibliothèque de plus de 4 600 volumes, dont 200 manuscrits.¹⁷
Il est très probable que Lumen Gentium y figurât parmi les ouvrages. Malheureusement, le château fut pillé lors de la Révolution française. Déjà vendu en 1765, il passa ensuite de main en main, entraînant la dispersion de ses précieux livres. ¹⁸
L’élément le plus convaincant laissant penser que Claude d’Urfé ait pu servir d’intermédiaire entre Sforno et Henri II réside dans le déroulement du Concile à Bologne. Tout laisse supposer que les deux hommes s’y rencontrèrent, peut-être même avant la publication de l’ouvrage.
Entre 1547 et 1549, la deuxième session du Concile de Trente fut transférée de Trente à Bologne en raison de l’épidémie de peste. En qualité de représentant du roi, D’Urfé résidait alors dans cette ville. Son implication paraît tout à fait vraisemblable pour expliquer la dédicace adressée au roi Henri II, si l’on considère la convergence du contexte du Concile de Trente, le contenu de l’ouvrage, le rôle de D’Urfé en tant que proche du roi, son profil de mécène et de bibliophile, ainsi que la date et le lieu précis de l’impression.
C’est à la lumière de ces éléments que j’ai choisi de désigner cette première traduction française comme
« l’Édition Henri II de France », afin de la distinguer de la traduction anglaise, fondée, quant à elle, sur la version hébraïque.¹⁹
4. La réflexion philosophique de Sforno offrait à Claude d’Urfé et au Roi Henri II des perspectives traditionnelles, tout en présentant des arguments rationnels, plus éloquents que ceux issus des débats doctrinaux du Concile de Trente. La question théologique majeure abordée fut celle de la transsubstantiation, c’est-à-dire la manière dont l’essence d’une substance peut être modifiée ou transformée alors que ses apparences demeurent inchangées. Cette problématique trouvait un écho dans la réfutation indirecte que Sforno proposait dans le Lumen Gentium.
Pour établir cette croyance en dogme, les évêques italiens du Concile en firent la doctrine centrale du catholicisme : lors de la messe, le pain (l’hostie) et le vin deviennent le corps et le sang de J. C. Leur substance change intrinsèquement tandis que leur apparence demeure identique. Afin de soutenir ce dogme, le Concile conféra à certains passages ²⁰ du Nouveau Testament la même autorité que celle qui était jusque-là traditionnellement attribuée aux livres de l’Ancien Testament. Dès lors, quiconque refusait de reconnaître cette transformation du pain en corps ou du vin en sang - à l’instar des Français - était frappé d’excommunication solennelle (Anathema sit).²¹
Dans plusieurs passages, Sforno soutint que les Saintes Écritures (les livres de « l’Ancien Testament ») constituent la seule source de vérité divinement inférée (divinitus inferuntur),²² en les différentiant des inférences philosophiques. S’appuyant sur la Genèse, il subordonna toute altération substantielle à la disposition de la matière, ²³déterminéepar sa génération et sa corruption. Ainsi, il réfuta indirectement l’incohérence logique d’une transsubstantiation appliquée à une matière persistante. Il établit également une distinction entre l’être immatériel de la substance – dont la possibilité de création à partir de rien (ex nihilo) dépendait de sa cause finale – et, sur un plan matériel, le processus d’altération par lequel le sujet acquiert sa forme grâce aux causes formelle et matérielle. Dans ce dernier cas, l’altération d’une substance (mutatio substantialis) désigne le passage d’une forme matérielle à une autre (de forma ad formam) au sein d’un même être, par le double mécanisme de la génération (generatio) et de la corruption (corruptio),²⁴ tandis que la matière commune demeure inchangée au fil du temps.
Pour Sforno, la matière première n’existait jamais isolée, sans forme.²⁵ Seules les substances immatérielles et éternelles, telles que l’âme intellective, échappaient à ce type d’altération, car elles ne contenaient aucune matière, et n’étaient donc pas sujettes à la corruption.²⁶ Tout ce qui relevait de l’immatériel ou de l’abstrait était ainsi réputé immortel ou incorruptible.²⁷
Si Sforno rejetait implicitement les nouvelles formulations dogmatiques qu’il jugeait contraires à la raison et à la Révélation mosaïque, ses arguments, bien qu’opposés aux nouveaux dogmes catholiques affirmés par le Concile de Trente, ne visaient nullement à soutenir la Réforme. Au contraire, suivant l’exemple de Jules II, qui l’avait encouragé à écrire, il se réclamait de l’ancienne doctrine rationaliste de l’Église, telle qu’elle s’était exprimée avant les développements tridentins. Il affirmait ainsi sa fidélité à la tradition intellectuelle et rhétorique scolastique, au service de la théologie conçue comme une véritable science.²⁸
C’est pourquoi, dans sa dédicace, Sforno précisa que son œuvre s’appuyait sur un traité attribué au « Pape guerrier », Jules II (1503–1513), Julien della Rovere (1443–1513),²⁹ ce qui ne risquait de compromettre ni d’Armagnac, ni d’Urfé, ni même son dédicataire, le Roi Henri II. A ce titre, Sforno peut être considéré comme le premier auteur dont l’œuvre s’inscrit dans la dynamique intellectuelle qui mènera à la Contre-Réforme.
5. Sforno ouvre le Lumen Gentium en réaffirmant l’autorité de la Torah de Moïse, c’est-à-dire « l’Ancien Testament ». Il rappelle que ces Écritures, et en particulier le premier chapitre du livre de la Genèse, enseignent de façon divine et démontrent clairement que les éléments célestes ont précédé l’apparition des êtres soumis à la génération et à la corruption. Dieu avait accompli sa création en tenant compte de leur bien et de leur fin, anticipant ainsi leur cause finale dans le temps. Il s’ensuit nécessairement que les générations n’ont pas existé de toute l’éternité.³⁰
Sforno reprend alors la controverse entre Averroès et Al-Ghazali sur l'éternité de l'univers, la connaissance divine et la résurrection, afin de réfuter l’opinion péripatéticienne, fondée sur Aristote, selon laquelle les éléments auraient existé éternellement. Pour lui, les contradictions dans la pensée d’Aristote découlent de sa conception de la matière première (hyle), définie comme ce qui est potentiellement tout, mais actuellement rien : une pure potentialité dépourvue de forme et de caractéristiques déterminées (Physique I.7, 191a ; Métaphysique IX.7). Cette matière première, non matérielle, est intrinsèquement indéfinissable et échappe à toute saisie directe ou définition. Sa nature ne devient intelligible qu’à travers des analogies structurelles ou proportionnelles, en particulier dans la relation entre matière et forme au sein des substances perceptibles. Comme Aristote ne fournit aucune représentation littérale de la matière première, une description indirecte s’avère nécessaire (cf. Métaphysique VII.3, 1029a) : celle de la métaphore biblique du Tohu et Bohu (תהו ובהו), c’est-à-dire « confusion ou chaos informe » (confusum sive chaos), qui représente la potentialité pure et la puissance du Créateur, à partir de laquelle Il fait surgir la matière en lui imposant ordre et formes.
En s’appuyant sur la raison et l’autorité des Écritures Saintes (Genèse, Isaïe), Sforno affirme que les éléments et la matière première (Tohu et Bohu) ont été divinement créés dans un processus ex-nihilo. Il souligne qu’Aristote lui-même reconnaît ce processus comme un passage à l’être (génération) à partir de ce qui n’est pas (ex-nihilo), puis un retour à ce qui n’est pas (De la Génération et de la corruption, Livre 1, 3, 319a). Ce processus se distingue de la génération et de la corruption, ou la transformation naturelle, lesquelles supposent un sujet préexistant à partir duquel ces choses peuvent être créées.³¹
La création ex-nihilo consiste à engendrer un sujet avec sa forme à partir d’un pur potentiel.³² Sforno applique le principe aristotélicien de la priorité temporelle de la potentialité, qui précède l’acte, à son interprétation de la Création, s’opposant en cela à Gersonide (contra Gariçonem),³³ notamment pour traiter de l’origine de la matière, thème également développé dans son commentaire sur le livre de Job.³⁴
Sforno aborde ensuite la question du but ou de la cause finale des corps célestes. Alors que certains philosophes, tel Averroès, affirmaient que leur but ou leur fin résidait dans leur propre mouvement, par nécessité naturelle, il conclut, en s’appuyant sur les Écritures et sur la raison, que les cieux sont ordonnés aux besoins des mortels, conçus et dirigés par un agent sage et intentionné selon une nécessité morale. Ce but englobe notamment la génération et la conservation des êtres corruptibles,³⁵ ainsi le soleil fut créé pour soutenir la vie sur terre.
De ce point de vue le mouvement des corps célestes ne saurait être éternel, contrairement à ce que soutenaient les disciples d’Aristote, tels qu’Averroès, dont l’interprétation fut reprise et discutée par Gersonide.³⁶
Il importe de rappeler qu’Aristote ne considérait pas la proposition concernant l’éternité des corps célestes comme une vérité démontrée ; il la tenait seulement pour probable en ce qui concerne leur mouvement. Les péripatéticiens, en revanche, en firent une nécessité.³⁷ Or, selon lui, un corps céleste décrivant un mouvement
