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Sectographie
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Livre électronique125 pages1 heure

Sectographie

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À propos de ce livre électronique

Un roman policier sur le phénomène sectaire, écrit à Toulouse en 1991. De l'humour et un regard désuet sur la police de l'époque.
LangueFrançais
ÉditeurBooks on Demand
Date de sortie30 avr. 2019
ISBN9782322129621
Sectographie
Auteur

Pierre Léoutre

"Improvisations littéraires" : telle est la démarche de cet auteur du sud de la France, qui abordent des thèmes variés, tels des improvisations musicales. Un cheminement intellectuel littéraire et musical original et sincère et un engagement culturel puissant. Auteur de plusieurs articles et livres d'histoire régionale (Gers, Haute-Garonne), cet amoureux de la Corse, de la ville rose et de la Gascogne est aussi romancier. Il a publié une trentaine de livres, dont plusieurs ouvrages dans les maisons d'édition Les 2 Encres puis après la faillite de cette dernière, il a choisi l'autoédition avec Books On Demand : un premier roman, Amoureux d'Elles en 2000, un roman d'anticipation, Les Gardiennes de l'Humanité en 2003, puis trois ouvrages dans la collection mémoire d'encre : Lavoirs, puits, sources, fontaines, les monuments hydriques en Gascogne gersoise, en collaboration avec Maryse Turbé, en 2001, Notes de passage, Notes de partage en 2003, qui retrace la vie de la Salle Nougaro de Toulouse, en collaboration avec Gil Pressnitzer, et en 2005 Chants du peuple juif, célébrant la permanence de l'histoire de ce peuple. La collection encres nomades a été créée aux 2 Encres à l'occasion de la publication de L'angoisse du sniper, tireur invisible, publié en 2006 pour accueillir une forme d'écriture, très belle, alliant rêve et réalité. Lectoure, eluctari confirme l'originalité de sa plume. Pierre Léoutre s'est ensuite saisi avec jubilation du scénario de Draconis, ouvrage écrit en 2008 avec Christian Baciotti, pour entraîner sa plume vive dans les territoires de l'étrange. Il a publié plusieurs autres polars, comme Trafic à Toulouse ou Mysterium Eliumberrum, roman à clef des champs mais ses livres s'intéressent également à la poésie, la musique, l'histoire, le roman, la bande dessinée, etc. Il a terminé un ouvrage sur l'histoire de la ville de Fleurance et des romans policiers intitulés La diagonale de la peur, Sectographie et Myriam. Il travaille actuellement sur une bande dessinée consacrée à l'histoire de la communauté juive de Toulouse. Il est Président de l'association culturelle lectouroise "Le 122" qui organise en octobre 2020 le Festival Bizarre à Lectoure (www.facebook.com/festivalbizarrelectoure), le samedi 27 juin 2020 à Fleurance la dixième édition du Festival Polars et histoires de police (www.facebook.com/salondupolarethistoiresdepolice) mais aussi de nombreuses activités culturelles à Lectoure.

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    Aperçu du livre

    Sectographie - Pierre Léoutre

    Avertissement

    Ce roman est une œuvre de pure fiction

    et n'engage en rien la responsabilité des organismes cités.

    Merci à Simone !

    Sommaire

    OUVERTURE

    CIGARE BELGE

    COUSCOUS

    RG

    SECTION RECHERCHES

    COURRIER

    MÉDITATION

    SEXE

    IL VAUT MIEUX EN RIRE

    LES FEMMES DANS LA POLICE

    ANTICOMMUNISME

    MÉDECINE

    BLACK AND WHITE

    ARCHEVÊQUE

    LE MOYEN ÂGE

    FORNICATION CATHOLIQUE

    ÉLU DU PEUPLE

    GAINSBOURG

    LES NOUVEAUX ÉCRIVAINS

    TATOUAGES

    SHOAH

    ROCK AROUND THE BUNKER

    NUIT CALINE

    GNOSE OPÉRATIVE

    ANARCHIE

    BACK IN THE U.S.S.R.

    CASTAGNE

    NELLY EN VACANCES

    OUVERTURE

    Lou Reed, Walk on the Wild Side.

    Le téléphone intérieur sonne, je coupe la cassette. C'est le secrétariat du Directeur, je suis convoqué immédiatement dans le bureau du grand chef. Que se passe-t-il ?

    J'emprunte un dédale de couloirs, je pousse une porte capitonnée, j'arrive devant une porte blindée à interphone ; je sonne. J'entends ronronner le moteur électrique de la caméra, qui enregistre mon beau visage de Policier d'élite des services de renseignements français ; un autre moteur électrique, plus puissant celui-ci, entre en action, et la porte blindée s'entrebâille ; je pousse, je rentre, je décline mon identité professionnelle à une jolie jeune femme glaciale tandis qu'un garde du corps patibulaire passe un détecteur de métaux sur mon costume ; obéissant à une injonction sèche, je donne aussitôt ma carte professionnelle, qui est soigneusement rangée dans un coffre, je suis enfin catapulté dans le bureau du Directeur. Il était temps, je commençais à prévoir de passer la nuit dans l'antichambre du centre de commandement de ma direction.

    Le Directeur est assis derrière son bureau, en train de lire un dossier, comme tous les Directeurs. Je le salue avec déférence, il m'enjoint de m'asseoir sur l'un des somptueux fauteuils qui trônent sur une moquette d'excellente qualité et soigneusement entretenue. Quoique blasé par une dizaine d'années de bons et loyaux services, je ne peux m'empêcher d'être impressionné par la mise en scène ; je n'ai aucune chance de pouvoir refuser ce qui va m'être proposé, je le sais déjà. Soudain, le Directeur m'adresse la parole :

    - Inspecteur, vous faites partie des bons éléments de la Direction.

    - Je vous remercie, Monsieur le Directeur.

    - Ne me remerciez pas, vous méritez ce compliment, jusqu'à preuve du contraire. Mais je ne vous ai pas convoqué pour des congratulations, ni pour vous annoncer une promotion, ce n'est pas mon rôle. Je vous ai fait venir ici car la situation est grave. La suite de notre conversation est classée « secret-défense ».

    - J'en prends note, Monsieur le Directeur.

    - Non, ne prenez pas de notes

    - Non, je voulais dire, je prends acte que la suite de notre conversation est hautement confidentielle.

    - Ah bon !

    Le Directeur toussote, réajuste ses lunettes, puis reprend le dossier qu'il lisait lorsque je suis entré dans son bureau.

    - Nos amis de la CIA ont eu l'amabilité de me faire parvenir un rapport sur l'ingérence des services que nous combattons dans nos propres agences de renseignements. Le bilan est dramatique ; la DGSE est en pleine perestroïka, et les RG sont KO. Je ne vous en dirai pas plus, mais vous comprenez ce que je veux dire.

    - Oui Monsieur le Directeur.

    - Le dossier de la CIA émet même l'hypothèse que notre propre Service puisse être soumis à une influence étrangère ! Des éléments de cette Direction prestigieuse auraient relâché leur vigilance professionnelle et se laisseraient aller au doute, porte ouverte à des cafouillages graves que je ne saurais admettre ni même envisager. Nous devons réagir, Inspecteur.

    - Oui, Monsieur le Directeur.

    - À la lecture de ce rapport catastrophique, j'ai organisé une réunion secrète des chefs de tous les services de renseignements français, et nous avons décidé la mise en place de l'opération RELAX. Vous êtes un pion de l'opération RELAX.

    - J'en suis très honoré, Monsieur le Directeur.

    - Votre rôle sera le suivant : Vous quitterez officiellement le Service, et serez reconverti comme détective privé dans une ville de province ; cette affectation, votre couverture, est bien entendu, un leurre, destiné à tromper nos adversaires ; vous serez actionné ponctuellement par un agent de notre Service, et vous bénéficierez pour chaque mission de l'intégralité des dispositifs du Ministère de l'Intérieur. À ceci près que votre indépendance opérationnelle vous donnera une marge de manœuvre dont nous ne disposons plus actuellement, et qu'en situation extrême, vous disposerez de la même protection de la Direction qu'actuellement ; vous savez que, quelles que soient les circonstances, nous ne laissons jamais tomber nos agents.

    - C'est exact, Monsieur le Directeur.

    - En ce qui vous concerne j'ai d'abord pensé comme affectation à la ville de Toulouse, où vous avez passé votre jeunesse étudiante ; j'ai ensuite choisi comme agent de liaison l’une de vos collègues, avec laquelle vous entretenez, je crois, d'excellentes relations, l'Inspecteur Nelly.

    - Vous êtes bien informé, Monsieur le Directeur.

    - C'est la moindre des choses, non ?

    - Oui, Monsieur le Directeur.

    - Bien ; acceptez-vous d'intégrer ce dispositif ? Vous remarquerez que je vous ai octroyé des conditions de travail particulièrement agréables.

    - C'est indéniable Monsieur le Directeur. J'accepte.

    - Je n'en attendais pas moins de vous. Au revoir, Inspecteur.

    Je me lève et me dirige vers la porte. Au moment où je vais quitter la pièce, le Directeur m'appelle :

    - Inspecteur ?

    - Oui, Monsieur le Directeur ?

    - Vous êtes un élément de valeur. Ce sont des Policiers comme vous qui font la carrière de vos directeurs.

    - Merci, Monsieur.

    Je referme la porte. Je ne sais pas trop comment prendre cette dernière apostrophe, mais mon expérience professionnelle m'a appris que dans certaines circonstances, il était préférable de ne pas réfléchir excessivement ; de toute façon, le Directeur ne m'a pas menti, il m'a vraiment offert une situation favorable ; j'adore Nelly et j'adore Toulouse, et les conditions de complète indépendance, propice à l’initiative, de ce nouveau poste, sont plutôt stimulantes. Va pour Toulouse.

    Je repasse devant le poste de contrôle ; après avoir certifié que je ne porte pas de micros cachés dans ma cravate ou les talons de mes chaussures, je réclame ma carte professionnelle ; la jeune femme me répond :

    - Vous n'en avez plus besoin.

    Les nouvelles vont vite dans cette Direction.

    CIGARE BELGE

    Je reviens de chez le marchand de tabac, où j'ai acheté une boîte de Corps Diplomatique (After Dinner), une marque de cigares belges que m'a conseillée un ami. « Plutôt que de te ruiner la santé à fumer trois paquets de Camel par jour, tu devrais faire comme moi et te mettre au cigare ; tu tousses un peu moins, ton entourage trouvera que les pièces où tu es passé sentent moins le tabac froid. Bref, une nouvelle vie, mon vieux ! »

    La marchande du kiosque à journaux a bien ri en voyant dépasser la boîte de cigares de la poche de ma veste, mais elle n'a fait aucun commentaire en me donnant mon journal. De toute façon, j'étais fatigué, j'avais la mine des mauvais jours, ou plutôt de la nuit blanche que j'avais grillée à jouer aux cartes dans l'arrière-salle d'un café toulousain dont je tairai le nom, vous comprendrez pourquoi.

    Je m'affale sur mon fauteuil et

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