Fric-Frac au temps de l'Otan: Polar
Par Robert Béné
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À propos de ce livre électronique
Roger Woerkenzki, surnommé Gégé Belle Face, de nationalité irlandaise, ne supporte plus les bagarres entre les partisans de l’indépendance et les partisans de l’intégration, il rejoint la France où un copain de rencontre lui a promis du travail. En arrivant dans la banlieue parisienne, il est redirigé au centre américain de La Rochelle où il est promu responsable d’un supermarché réservé aux militaires américains et à leur famille. Très vite, il organise un trafic de produits alors introuvables pour les français dans ces années d’après-guerre. La venue de Dean Marghettini, un militaire américain ancien commando pendant la guerre de Corée, modifie complètement ses habitudes de petit trafiquant, quand celui-ci lui confie que 150 sacs emplis de lingots d’or à destination de l’Albanie vont transiter par La Pallice. C’est ainsi qu’ils se retrouvent en possession de 450 lingots qu’il va falloir se partager et écouler. Gégé Belle Face en est mort de trouille et le « Ricain », lui, a fort envie de garder tout pour lui. Mais des petits curieux ont eu vent de leurs manoeuvres peu recommandables.
Un thriller mené tambour battant dans une Ile de Ré des années cinquante. Découvrez sans plus attendre les (més)aventures de Roger Woerkenzki et de ses manœuvres douteuses.
EXTRAIT
Voilà trois mois que Roger Woerkenzki travaillait au PX4 de La Rochelle-Jeumont. Il avait trouvé là un bon job. L’immense boutique n’ouvrait que de dix à treize heures, horaire où la clientèle, exclusivement américaine, venait faire ses emplettes. Les clés de la caisse dans sa poche, il aidait, parfois, à charger les achats dans le coffre des puissantes bagnoles en échange de quelques dollars de pourboire et, bien vite, refermait la porte du magasin dès que treize heures sonnaient. Il redevenait alors le maître du PX de l’armée américaine à La Rochelle.
Les derniers clients partis, il s’asseyait dans l’immense entrepôt sur une caisse de Coca-Cola après avoir prélevé cinquante dol-
lars dans le tiroir-caisse. Pour passer le temps, il prenait une bière restée dans un carton qui n’avait pas résisté à la soif des dockers
et se remémorait son arrivée à La Rochelle.
Dans le train, seul dans son compartiment, sa valise dans le filet au-dessus de sa tête, il ne put détacher son regard de la sacoche posée sur le siège en face de lui et qui semblait le narguer.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Robert Béné est originaire de l’île de Ré où il vit (Sainte-Marie). Auteur à succès, il est très attaché à sa terre d’origine et est déjà l’auteur d’une série de romans policiers intitulée « Ré la Blanche ».
En savoir plus sur Robert Béné
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Avis sur Fric-Frac au temps de l'Otan
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Aperçu du livre
Fric-Frac au temps de l'Otan - Robert Béné
Chapitre 1
Au milieu des années cinquante, alors que la France était encore impliquée dans les structures de l’OTAN¹, La Rochelle, un peu plus que la majorité des autres villes de l’Hexagone, vivait à l’heure américaine. Ceux qui nous avaient libérés quelques années plus tôt n’avaient pas mégoté quand, en haut lieu, ils avaient décidé de faire de La Rochelle et de son port le tremplin des forces US prêtes à faire face à la menace russe. Car il ne faut pas oublier que nous étions en pleine guerre froide. À cette époque, le port de la Pallice était envahi par une armada continue de lourds cargos battant pavillon de l’Oncle Sam, chargés de matériel de toutes sortes, aussi bien tanks et canons que blé, maïs, corned-beef, chewing-gums et Coca-Cola, évidemment ! Une partie de leur chargement allait directement en Allemagne, mais le reste était dirigé vers les dépôts de La Rochelle et de sa région, avant d’être distribué vers les dizaines de bases essaimées un peu partout en France telles que Châteauroux, Poitiers, Bordeaux ou Verdun, pour ne citer qu’elles. Pour cette raison, à La Rochelle et dans ses environs séjournaient en permanence trois mille militaires américains, bien souvent accompagnés de leur famille, dont la plupart logeaient en ville. Pour le quidam rochelais, c’était un objet de curiosité, amusé de voir ces hommes en uniforme, un gros cigare aux lèvres, au volant d’énormes voitures aux couleurs criardes, accompagnés de leur femme aux vêtements souvent d’aussi mauvais goût – aux yeux des Français – que la peinture de la carrosserie de leur Cadillac ou de leur Buick aux chromes étincelants. Pour les jeunes Rochelais « dans le vent », connaître un GI, c’était l’assurance d’avoir des cartouches de Pall Mall, Lucky Strike, Camel ou autres à petits prix et de se pavaner devant les minettes, cigarette à la bouche. Du moins devant celles qui n’étaient pas déjà aux bras de ces mâcheurs de chewing-gums, qu’ils fussent blancs ou noirs. Pour les autres, ceux ou celles, nombreux, qui étaient à la recherche d’un emploi, les camps de La Rochelle-Jeumont, de Croix-Chapeau, à une dizaine de kilomètres, ou de l’hôpital Aufrédy, en centre-ville, s’avérèrent être une aubaine, surtout s’ils savaient plus ou moins baragouiner en anglais².
Mais tous les dollars qui débordaient des poches de ces jeunes soldats en goguette dans les cafés de la ville n’étaient pas non plus sans attiser les convoitises des proxénètes. C’est ainsi que, sur le boulevard « de la Soif » qui longeait le port de la Pallice, fleurirent des bistrots louches³, et nombreuses étaient les filles peu vêtues et fortement maquillées qui attendaient, assises sur de hauts tabourets, pour troquer leurs charmes contre des billets verts.
Dans l’espoir de trouver un jour un petit job bien rémunéré, « chez les Ricains », Roger Woerkenzki atterrit à La Rochelle. Il avait un atout pour lui : il était bilingue. Il parlait le français avec l’accent corse hérité de son père, fils d’émigré polonais, ancien de la Légion étrangère recyclé, pendant quelques années, garçon de café à Ajaccio. Quant à l’anglais, il l’avait appris sur les quais de Belfast où la compagne de son père était tenan
cière d’un pub coincé entre les docks et la rivière Lagan. Dans ce troquet empestant le tabac et la bière, Roger Woerkenzki avait grandi et vécu toute sa jeunesse pendant la guerre, car son père, après avoir quitté la Corse pour l’Irlande, n’avait pas jugé bon de rejoindre la France pour partir sous les drapeaux en 1939 alors que son pub ne désemplissait pas. Tout naturellement, le jeune Roger était devenu bilingue en servant une clientèle composée principalement de dockers, de marins en bordée et de filles de joie.
Il serait bien resté vivre à Belfast, mais un jour il y eut dans la salle du pub une échauffourée entre catholiques indépendantistes et protestants, suppôts du gouvernement britannique. Cette confrontation n’avait rien à voir avec les bagarres quasi quotidiennes d’ivrognes, où dockers et matelots étaient les vedettes. Roger, lui, se fichait totalement de tous ces problèmes politiques entre indépendantistes et partisans de l’omniprésence de l’Angleterre en Irlande, mais il eut la trouille de sa vie quand le troquet se transforma en champ de bataille. Lorsque l’ambulance vint ramasser ceux que le panier à salade n’avait pas déjà embarqués, quand, pour la troisième fois dans la même année, les chaises, les tables, les vitres furent brisées, et que les bouteilles et les verres jonchèrent le sol, Roger Woerkenzki perdit toute envie de perpétuer la tradition familiale de patron de pub. Lorsque, lors du dernier pugilat, il se retrouva assommé derrière le bar, le crâne ouvert par une bouteille de bière qui ne lui était pas destinée, il décida de laisser son père se dépatouiller avec sa clientèle belliqueuse, car il n’avait pas hérité du tempérament va-t-en guerre de son ex-légionnaire de grand-père. Sa valise rapidement faite, il quitta le Belfast de son enfance et partit en France en espérant retrouver une vague connaissance rencontrée au bar « The Butterfly » un mois plus tôt. Dans le petit matin frisquet, en sortant de la boîte, après avoir passé la nuit à siroter whiskies et bières, son copain de beuverie lui avait donné sa carte :
— Surtout, mon petit Gégé, n’hésite pas, viens me voir si tu as des emmerdes. Les copains sont faits pour ça.
Il se retrouva donc, un beau matin, dans un petit village miteux de la banlieue nord de Paris à la recherche de Louis Douron, son copain d’une nuit. Celui-ci lui avait précisé :
— Tu trouveras facile. Je suis connu comme le loup blanc. Et c’est la seule station d’essence du bled.
Effectivement, il trouva aisément la station d’essence bien qu’elle fût abandonnée et que le lierre et les mauvaises herbes eussent commencé à l’envahir. Derrière, dans un grand terrain vague entouré d’une clôture défoncée, quelques dizaines de voitures de toutes marques, pour la plupart des américaines, à la carrosserie plus ou moins bigornée, émergeaient des hautes herbes. Au-dessus de la porte d’entrée, sur un panneau prêt à tomber, il lut : « Louis Duron – Achat – Vente – Voitures neuves et occasions ».
Roger Woerkenzki, déçu, croyait encore entendre Louis Douron lui dire :
— Je suis à la tête d’une grosse affaire. Je suis dans l’automobile. Je traite aussi bien le neuf que l’occasion.
« Paroles d’ivrogne », pensa Roger, en re-
grettant sa crédulité.
Après avoir balancé d’un pied sur l’autre, il se dirigea néanmoins vers une bicoque près de laquelle un chien, retenu par une grosse chaîne, aboyait, l’air menaçant.
Finalement, un homme en combinaison de mécanicien sortit du gourbi. Il avait la gueule avinée sous une barbe vieille de huit jours et semblait avoir été interrompu dans sa sieste. D’un geste suivi d’un « Ferme ta gueule, sale cabot ! », il somma le chien de se taire :
— C’est pourquoi ? demanda-t-il, la bou-che pâteuse.
— Je suis un copain de Louis Douron. Il m’avait demandé de venir le voir quand je passerais dans les parages. Je suis Roger. Roger de Belfast.
L’homme se gratta le sommet du crâne ébouriffé de quelques mèches grisonnantes, regarda d’un œil glauque cet homme qui l’avait tiré de son sommeil à quatre heures de l’après-midi, bâilla et laissa tomber un crachat entre ses deux godasses éculées. Finalement, la mémoire lui revint :
— Ah ! oui ! Je m’en souviens. Il m’a parlé de toi en revenant d’Irlande. Gégé… Gégé… Ouais, ça me dit quelque chose. Ouais, c’est ça ! Gégé ! Gégé Belle Face.
Surpris, Roger Woerkenzki bigla vite fait vers le morceau de miroir accroché au volet en bois au-dessous duquel se trouvait une table bancale avec une cuvette aussi crasseuse que le torchon qui séchait au soleil. Le miroir lui renvoya un visage mou, une chevelure noir corbeau grâce aux shampoings colorants ainsi qu’une bouche qui n’était pas tout à fait dans l’axe du nez et qui dérivait complètement à gauche quand il grimaçait un sourire.
Heureusement pour lui, le fragment de miroir n’était pas assez grand pour lui montrer sa silhouette ronde et courtaude. À le voir, on aurait pu croire qu’il avait été moulé dans une bouteille d’Orangina. Mais le peu qu’il vit de lui suffit à lui faire admettre, en toute modestie, que le surnom de Belle Face ne lui convenait pas vraiment et qu’il ne pouvait être que le résultat d’une confu-
sion linguistique dans l’esprit de son vis-à-vis. Malgré tout, cela ne fut pas pour lui dé-
plaire.
— Oui, je suis de Belfast, précisa-t-il néanmoins.
— C’est ça ! Gégé Belle Face ! insista le gardien des lieux. Moi, je m’appelle Riton. Rentre dans ma piaule, mon p’tit Gégé. On discutera mieux devant une chopine de rouge, insista celui-ci, sans cesser de se frotter le crâne.
Riton bouscula un chat qui dormait sur un monticule de linge sale afin de libérer une des deux chaises qui faisaient partie des rares meubles de la minuscule pièce avec un buffet en formica et un lit en fer.
— Alors, c’est toi, Gégé Belle Face ?
— Euh !… oui. Roger, de Belfast, corrigea ce dernier, sans forcer le ton.
Mais Riton ne prit pas note de la rectification, trop occupé à le reluquer de haut en bas :
— J’avoue que je ne te voyais pas comme ça, reconnut-il tout en remplissant les deux verres posés sur la toile cirée de la table pleine des restes du repas de midi et sans doute de ceux de la veille.
La sieste avait dû lui donner soif car il vida son verre d’un seul trait :
— Ainsi, tu voulais voir mon boss ?
— Oui. Il avait insisté pour que je le rencontre quand je viendrais en France. Il voulait m’associer à ses affaires.
Riton fit une grimace qui dévoila les quelques dents jaunâtres qui lui restaient :
— C’est que ça ne va pas être très facile de le rencontrer…
— Pourquoi ?
Riton remplit de nouveau son verre avant de se décider à confier à son interlocuteur :
— Parce qu’en ce moment les flics et les gabelous lui courent après.
— Pourquoi ? redemanda Roger, étonné.
Riton hésita et se gratta longuement le nombril avant de se décider à parler :
— À toi, mon petit Gégé Belle Face, puisque tu es un pote de Loulou, je vais tout t’avouer. Figure-toi qu’en cheville avec un Ricain, il détournait de temps à autre un camion-citerne chargé de carburant de l’armée vers la station d’essence d’un de ses associés. Mais celui-ci, un jour qu’il était bourré, a vendu la mèche. Résultat, cette lopette s’est retrouvée à Fresnes et Louis Douron a juste eu le temps de prendre la poudre d’escampette.
Les joues molles de Roger Woerkenzki s’affaissèrent et sa bouche dériva un peu plus sur la gauche. Lui qui comptait sur Douron et sur ses nombreuses accointances (selon ce qu’il lui avait déclaré au « Butterfly ») pour lui trouver un boulot… Déçu, il vida machinalement son verre. Riton devina sa déconvenue. Pour le consoler, il lui servit une autre rasade de pinard et regarda sa montre avant de lui dire :
— Attends ! Tout n’est pas perdu. Il doit justement passer dans l’après-midi prendre une sacoche qu’il a planquée dans une des bagnoles qui sont là.
C’est à ce moment qu’une sonnerie se fit entendre de dessous une pile de magazines :
— Je te parie que c’est lui, fit Riton après avoir déniché le téléphone. Allô ?… Ouais, justement on parlait de toi, avec ton pote Gégé Belle Face.
