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Pandora et la cupidité
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Livre électronique299 pages3 heuresPandora

Pandora et la cupidité

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À propos de ce livre électronique

Pandora est déconcertée. Elle sait que la Cupidité se cache à Rome, mais elle ne peut même pas commencer à deviner où chercher. Le fait qu’elle et Alcie soient déguisées en servantes ne les aide vraiment pas. Tout n’est que travail, et pas question de s’amuser — et de faire équipe avec Iole pour sauver le monde! Mais lorsqu’Homère est envoyé dans le ring des gladiateurs, les filles savent qu’elles doivent trouver ce mal et sortir de Rome rapidement! Ce que Pandora et ses amis ignorent, c’est que les dieux grecs sont aussi dans la ville, rendant visite à leurs homologues romains. C’est comme si soudainement chaque dieu avait un jumeau… incluant la malveillante Héra. Les dieux travaillent ils de concert pour donner à Pandie l’aide dont elle a besoin? Héra finira-t-elle par prendre sa revanche?
LangueFrançais
ÉditeurÉditions AdA
Date de sortie6 mars 2014
ISBN9782897335564
Pandora et la cupidité
Auteur

Carolyn Hennesy

CAROLYN HENNESY is the author of all of Pandora's Mythic Misadventures as well as the New York Times bestseller The Secret Life of Damian Spinelli. As an actress, her work can be seen on both big and little screens (primetime and daytime), including her current work on the series True Blood. In addition to her full-time acting and writing careers, Ms. Hennesy also teaches improvisational comedy, is an avid shopaholic, and studies the flying trapeze. She lives in the Los Angeles area with her fab husband, Donald, two cool cats, and two groovy dogs. www.pandyinc.com www.carolynhennesy.com

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    Aperçu du livre

    Pandora et la cupidité - Carolyn Hennesy

    Chapitre 1

    Le Forum

    S’il y avait eu encore moins dans son cer-veau — encore moins de pensées —, il est probable qu’elle n’aurait pas alors pu se rendre compte qu’il était maintenant presque… vide. Il ne lui restait que deux ou trois vagues pensées qui lui rappelaient qu’elle ne réfléchissait pas vraiment beaucoup.

    Pandie se tenait en plein soleil en train d’éventer Varinia, épouse de Lucius Valerius. Parfois, elle échangeait un regard avec Alcie qui assistait Rufina, la seule et unique fille du sénateur ou, comme Alcie aimait bien l’appeler en privé, « le bouton sur le derrière d’Hadès ». Dans l’imposant Forum de Rome, toute la famille était assise le plus confortablement possible dans leur section réservée aux politiciens très importants ; à quelques mètres à peine de la zone de places assises destinée au grand Jules César.

    Composé de plusieurs grands domaines entourés de bâtiments officiels, de temples, d’arches, de colonnes et d’obélisques, le Forum était le centre et le cœur de Rome. En y pénétrant, Pandora avait pensé à l’Agora de sa bien-aimée Athènes, sauf que le Forum était plus large et plus ouvert. Ce n’était pas tant un marché qu’un lieu de rassemblement pour toute la population, l’élite et le peuple. Mais aujourd’hui, on avait érigé, bien que de façon temporaire, une arène de gradins solides, avec des bancs de bois. Le grand public occupait la plupart des bancs, mais on en avait réservé plusieurs pour les familles les plus importantes ; certaines de ces sections, comme celles de César, avaient été recouvertes de tentes ou de planches pour créer de l’ombre. Mais Lucius Valerius avait bizarrement décidé qu’il ne voulait pas dépenser pour de l’ombre, et maintenant Pandie avait l’impression que sa tête était en train de cuire.

    Un spectacle était en cours sur le plus grand terrain, et des milliers de spectateurs, paysans ou nobles regardaient la représentation. Après avoir répété pendant une semaine, une troupe d’enfants présentait mainte-nant une reconstitution de la récente victoire de César sur Pompée, accompagnée d’acrobates qui sautaient et faisaient des culbutes à l’arrière-plan. Les enfants brandissaient leurs épées-jouets dans l’air alors que l’enfant qui avait l’honneur de jouer le rôle de César et qui ne devait pas avoir plus de six ans, faisait semblant d’enfoncer à plusieurs reprises sa minuscule épée dans quiconque se trouvait à proximité, y compris, et surtout, ses propres « troupes ».

    César frappait dans ses mains, lançant sa tête en arrière tant il riait.

    — Si j’avais fait comme lui, rugit-il, il n’y aurait plus personne pour célébrer avec moi ! Personne pour partager le triomphe de la journée !

    La foule autour de lui applaudit à tout rompre. Ensuite, lorsque l’enfant « César » s’emmêla terriblement dans les bandes de tissu bleu qui représentaient le Rubicon et tomba sur les fesses, César faillit presque tomber de son fauteuil de transport doré.

    — Je me suis mouillé, effectivement, dit-il en se levant et serrant ses côtes dans l’allégresse. Mais jamais autant !

    Pendant qu’elle éventait Varinia, le soleil la rendant légèrement nauséeuse, Pandie baissa les yeux sur le terrain ; oui, c’était amusant, mais elle savait qu’il lui fallait penser à autre chose. Cette perspective semblait cependant l’accabler ; éventer Varinia était une chose ennuyeuse, mais simple. De même que de frotter les planchers de la maison. De même que servir comme page et d’être responsable de l’eau à boire pour Lucius Valerius lorsque le Sénat siégeait. Devenait-elle paresseuse ? C’était impossible… il y avait déjà quel-ques semaines qu’elle avait déposé la Paresse dans la boîte des grands maux ! Il lui fallait maintenant trouver la Cupidité ! Pourquoi, au nom de tous les grands Olympiens, avait-elle tardé ?

    Elle redressa instinctivement les épaules. Puis, elle les laissa à nouveau s’affaisser, se souvenant…

    Comme s’il ne suffisait pas qu’elle n’ait pas pu parler à son père depuis des jours ; cela pouvait s’expliquer par la distance ou l’heure ou peu importe ce que son père ait pu faire aux moments exacts où elle l’avait appelé. Mais dès l’instant où Homère avait été séparé d’elles, elle et Alcie étaient devenues tellement déprimées qu’on aurait dit qu’une lampe avait été éteinte chez les deux filles. Il était là un moment, puis il avait disparu le lendemain. Où était-il allé ? Elle ne pouvait pas le demander à Lucius, Varinia ne faisait que secouer la tête si Pandie abordait le sujet, et Rufina se contentait de sourire. C’était bien trop injuste. Elle savait qu’elle avait foutu la pagaille plusieurs mois plus tôt alors qu’elle avait apporté la stupide boîte à l’école. D’accord, elle avait compris ! Mais elle travaillait comme Hercule pour tout réparer ; elle collaborait, mais il lui semblait simplement qu’il lui était impossible de prendre une pause… ou de reprendre son souffle. Elle était lasse de perdre les gens qu’elle aimait. Point à la ligne. Elle s’endormait en pleurant chaque nuit et elle se giflait pour se réveiller chaque jour. Elle n’avait aucun désir de rire devant la stupide fausse guerre enfantine tandis que sa quête était loin d’être complétée, et que cela ne l’intéressait presque plus.

    Mais Alcie se mit à rire avec le reste de la foule devant les pitreries qui se déroulaient en bas — le premier rire que Pandie avait entendu chez son amie depuis longtemps — et à cause de cette distraction, Alcie ralentit considérablement sa ventilation.

    — Éventez plus rapidement, esclave ! siffla Rufina à Alcie.

    — Oui, maîtresse, répondit Alcie.

    Et elle commença à l’éventer si vite qu’à une ou deux reprises, elle perdit la maîtrise de la lourde tige coiffée de plumes d’autruche et frappa légèrement Rufina sur le dessus de la tête. Pas tout à fait par hasard.

    — Papa ! cria Rufina.

    — Qu’est-ce qu’il y a ? demanda Lucius, ses yeux balayant la foule.

    — Elle me bat avec les plumes. Puis-je la faire exécuter, s’illlll te plaît ?

    — Nous verrons, dit Lucius, n’accordant aucune attention à sa fille.

    — Rufina, arrête, dit Varinia.

    Puis, elle tourna son attention vers son époux.

    — Lucius, que cherches-tu ?

    — Pas quoi, bonne épouse, répondit-il. Qui.

    À ce moment, des applaudissements s’élevèrent de la foule alors que « César » commençait son assaut final sur « Pompée ». Puis, devant la foule horrifiée, le pauvre petit garçon confus commit la grave erreur de se retourner et de s’enfuir en courant pendant que l’enfant « Pompée » arrivait à sa rencontre dans la bataille. Le petit César courut tout droit vers sa mère qui applaudissait depuis le côté du terrain. Un silence tomba sur la foule à la simple et involontaire allusion que le vrai César aurait pu avoir été lâche pendant le combat réel. La mère devint blême, et elle chassa son fils pour qu’il retourne sur le terrain, le frappant presque sur les oreilles, mais l’enfant en sanglots ne partait pas. Jules César était debout, aussi immobile que n’importe laquelle de ses nombreuses statues érigées à la hâte partout dans la ville, les yeux plissés alors qu’il observait… il s’arrêta de rire. Tous les rires s’étaient arrêtés. Quelques-uns des enfants cessèrent d’agiter leur épée et cherchèrent leurs familles dans la foule, certains assis sur le terrain, d’autres courant pour faire des culbutes avec les acrobates.

    — Jupiter, protège-nous tous, murmura Varinia.

    Soudain, la mère de « César » le prit dans ses bras et, saisissant son arme, fonça pour le ramener sur le terrain et tout droit vers l’enfant « Pompée ». Pompée jeta un coup d’œil vers la grande femme qui fonçait vers lui avec une courte épée de bois et il se mit à sprinter aussi rapidement que ses jambes pouvaient le porter, hurlant, jusqu’aux bras de sa propre mère.

    Personne, qu’on soit debout ou sur les centaines de sièges qui entouraient le champ, ne remua un muscle. Personne ne respirait. Assurément, l’enfant serait sévèrement puni, mais cet affront au nouveau dirigeant pourrait même être puni de mort. Tous les yeux étaient rivés sur César.

    Il demeura silencieux pendant un long moment, ses yeux gris plissés et concentrés sur quelque chose au loin. Puis, il baissa les yeux et un sourire se glissa lentement sur son visage. Lorsqu’il releva la tête, il leva également les bras et fit un signe qui embrassait toute la foule. Même les pensées errantes de Pandie furent prises de court alors qu’elle regardait le bel homme à la toge blanche immaculée et à la couronne de feuilles de laurier dorées, rivée sur ce qu’il allait faire ensuite.

    — J’ai toujours dit que c’est la mère qui fait vraiment l’homme, cria-t-il. Ma mère m’accompagnait en esprit en ce jour fatidique, me poussant vers la grandeur et la gloire que vous voyez ici devant vous ! C’est sa victoire autant que la mienne. Bravo, mon garçon !

    Tremblant de peur, claquant des dents, la mère de l’enfant souleva son enfant pour que César et la foule puissent le voir. Elle prit sa petite main et l’agita vers tous dans le Forum, puis elle s’inclina devant César. Serrant son enfant tout contre elle, le réconfortant pendant qu’il pleurait d’épuisement, elle quitta rapidement le Forum… au cas où César changerait d’avis.

    — Wow ! marmonna Alcie à Pandie.

    Pandie hocha la tête, les yeux écarquillés. Elle ne connaissait pas — ou elle ne pouvait pas s’en souvenir — quelqu’un à Athènes qui possédait le genre de pouvoir que Jules César possédait. Seuls Zeus — et peut-être Apollon — étaient dotés d’un ego aussi incroyable.

    On fit sortir le dernier des enfants guerriers du terrain alors que César demandait que l’on distribue du pain et du vin partout dans la foule. Des centaines d’esclaves apparurent avec des paniers et des cruches, nourrissant les Romains affamés.

    — Le grand César ne s’inquiète-t-il pas, cria Lucius de sa section vip au souverain, que les greniers se vident en fournissant gratuitement une telle quantité de pain aux masses impures ?

    — Mon peuple ne manquera de rien, répondit César. L’Empire sera fondé sur beaucoup de choses, l’une d’elles étant du pain et des jeux. Ventres pleins et esprits heureux, deux des briques de la fondation, Lucius.

    — Tu as une idée de ce qu’il vient de dire ? demanda Alcie à Pandie du coin des lèvres.

    — Quelque chose à propos d’aller aux jeux le ventre plein, murmura Pandie, baissant la tête vers Alcie.

    — Parlent-ils toujours de cette manière ? demanda Alcie. Même au Sénat ?

    — Surtout au Sénat, répondit Pandie. Ce sont des politiciens.

    — Vous deux ! Silence ! siffla Rufina.

    Une fois de plus depuis les dernières semaines, Varinia regarda son mari avec un mélange de dégoût et d’inquiétude.

    — Époux, dit-elle doucement, vous êtes connu pour être très généreux de nature. Pourquoi cela vous dérange-t-il que César donne du pain à la foule ?

    — Ce sont mes impôts qui ont payé pour ce grain. Je ne veux pas qu’il aille au peuple. Et si César est tellement généreux avec le grain, dit Lucius, assez bas pour ne pas être entendu, comment pourra-t-il remplir les silos quand ils seront vides ? Peut-être nous fera-t-il payer encore plus d’impôt ! Et comme il se permet de donner ainsi les choses, que prendra-t-il d’autre de la noble Rome pour l’offrir à quiconque en fait la demande !

    — Lucius, ce que vous dites est absolument insensé !

    — Je vous le dis maintenant, Varinia… que l’homme n’est pas le chef dont Rome a besoin.

    — Chut, dit Varinia, la panique dans sa voix.

    — Taisez-vous vous-même, dit Lucius, et cessez de me tracasser. J’essaie de trouver quelqu’un.

    Pandie avait entendu sa mère et son père se disputer de temps à autre, mais elle ne pouvait pas concevoir qu’un mari parle à son épouse avec un tel mépris… et certainement pas devant les autres.

    Soudain, elle prit conscience d’un faible bourdonnement autour d’elle alors que la foule commençait à s’exciter de nouveau. L’atmosphère était de plus en plus fébrile ; quelque chose allait se passer sur le terrain plus bas et elle ne captait que des bribes de conversations.

    — J’ai entendu dire que c’est tout un combattant… Je suppose que nous allons voir ce qui en est, n’est-ce pas ?

    — Il s’est magnifiquement comporté dans le ring de pratique, mais ce n’était pas un combat à la mort, n’est-ce pas ?

    — Il est un peu jeune pour être un champion, du moins c’est ce que disent les gens.

    — Contre qui se bat-il ? Vraiment ? Oh, tant pis pour le garçon.

    Tout à coup, Lucius se leva et désigna quelqu’un qui faisait les cent pas sur le côté du champ.

    — Maître de combat ! hurla-t-il de tous ses poumons.

    Un homme corpulent, vêtu de lourds tissus, avec de nombreuses manchettes de métal sur ses bras, se retourna pour regarder fixement Lucius, et lui fit un léger signe de tête. Pandie eut le souffle coupé ; même d’aussi loin, elle voyait que le visage de l’homme était strié de cicatrices roses et rouges et qu’il lui manquait un œil. Il n’avait même pas pris la peine de le couvrir. Elle se retourna pour partager cet horrible spectacle avec Alcie, mais Alcie regardait droit devant elle et Pandie pouvait dire que ses pensées étaient très loin.

    Pour sa part, Alcie était en train de penser à une assiette de cœurs de colombes grillés et elle se disait qu’elle donnerait n’importe quoi — peut-être même le fil de sa propre vie — si seulement elle pouvait passer une rotation du cadran solaire à en déposer dans la bouche d’Homère. Juste une rotation.

    — Oh, Homère, soupira doucement Alcie.

    — Je vous préviens maintenant, dit Lucius d’une voix forte, alors que Varinia essayait désespérément de le faire rasseoir sur son siège. Soit qu’il gagne et mes paris réussissent, ou bien vous vous retrouverez au bout de mon épée.

    — Lucius ! siffla Varinia. Êtes-vous devenu fou ? Qu’est-ce qui vous prend de menacer ainsi le maître de combat ?

    Le maître de combat baissa la tête, puis il regarda à nouveau Lucius sous des paupières lourdes. Il avait mieux à faire que de retourner la menace, même si en fait, il pourrait affronter Lucius dans un combat de n’importe quelle nature, sans ciller. Mais César était présent et on ne tolérerait pas qu’on réponde à la raillerie d’un stupide sénateur. Le maître de combat s’inclina et continua à marcher sur le côté du terrain.

    — Ne me tournez pas le dos ! commença Lucius.

    — Lucius Valerius ! cria quelqu’un.

    Lucius se retourna pour voir César en train de descendre de plusieurs sections jusqu’à ce qu’il ne soit plus qu’à quelques mètres.

    — Vous tueriez le pauvre maître de combat ? Celui qui a formé votre prétendu champion ?

    — Euhhhh…

    — Qu’arriverait-il si tout le monde agissait ainsi ? Nous n’aurions plus personne pour former nos gladiateurs.

    Pandie leva brusquement la tête. Depuis quelques instants, elle avait de nouveau cessé de prêter la moindre attention aux événements qui l’entouraient dans le Forum, ignorant le sénateur fanfaron, la chaleur du soleil… même l’imposant nouveau souverain ; en tant qu’esclave du Sénat de Lucius, elle aurait l’occasion de passer beaucoup de temps autour de lui. Elle avait tourné ses pensées vers l’intérieur, essayant de se concentrer sur la Cupidité. Elle se souvenait que pendant leurs premières journées à Rome, les trois — elle-même, Alcie, et Iole (quand elles pouvaient lui parler) — avaient passé chaque moment à essayer d’élucider le mystère de la cachette de ce mal. Pandie avait déterminé que le seul temps où elle, ou l’une d’elles, pourrait chercher serait la nuit ; elles allaient se glisser hors de la maison après que tout le monde soit allé dormir et couvrir chaque centimètre de la ville. Elle et Alcie avaient choisi la nuit suivante pour commencer, et ce jour-là, une jeune esclave avait été ramenée à la maison du sénateur et fut sévèrement punie pour s’être faufilée à l’extérieur et avoir essayé de s’échapper. Pandie n’avait pu voir la punition elle-même, mais les cris pitoyables de la jeune fille avaient été suffisants pour empêcher Pandie et Alcie de s’aventurer. Pandie éventait Varinia et réfléchissait à ce qu’elle pourrait faire d’autre.

    Puis, elle entendit le mot « gladiateur ».

    On aurait dit qu’une pierre avait frappé Pandie dans l’estomac. À ce seul mot, elle savait exactement où Homère avait passé les deux dernières semaines. Elle essaya d’attirer l’attention d’Alcie, mais Alcie était encore plongée dans sa rêverie.

    — Depuis que je vous connais, je ne vous ai jamais vu prendre un pari avec autant de sérieux, en particulier un pari sur une stupide vie humaine, continua César, et étant donné que je n’ai aucune idée de ce que vous pourriez faire aux autres si vous leur deviez de l’argent, et vous savez que je ne peux me permettre de vous laisser assassiner le Sénat tout entier pour le moment

    César jeta un coup d’œil vers la foule et attendit que le rire poli s’estompe devant sa blague.

    — … Et puisque César se trouve dans une humeur gracieuse et généreuse aujour­d’hui, j’assumerai la responsabilité de tous les paris que vous avez pris. Si votre combattant est victorieux, César lui-même vous paiera. Sinon César paiera vos dettes, et le maître de combat conservera sa tête. Est-ce acceptable pour tous ?

    Plusieurs voix, celles de ceux qui avaient pris des paris avec Lucius, se mirent toutes à crier pour signifier qu’ils étaient d’accord.

    — Oui, finit par dire Lucius en regar-dant Varinia qui, profondément humiliée, avait la tête dans ses mains. César est très généreux.

    — C’est ce que je suis, dit César, de retour à son siège.

    Puis, il se retourna vers le champ et fit signe au maître de combat.

    — Commencez !

    Du fond du Forum, une double rangée de soldats s’avança sur le terrain. Entre eux marchaient deux personnages en grande tenue de gladiateur. Un homme portait un fouet et un bouclier. L’autre, un garçon blond, avait un bouclier et une épée. Le cœur de Pandie bondit dans sa poitrine.

    Puis, tout à fait de l’autre côté du Forum, haut sur le toit de la Regia, le premier palais royal de Rome, un éclat de métal attira son attention.

    Et elle le vit une seconde fois.

    Faisait-on un signe à quelqu’un ? À elle ? À quelqu’un dans le Forum ? Elle regarda la foule. Tout le monde regardait le défilé des gardes et des combattants ; personne d’autre qu’elle, semblait-il, ne regardait en direction de la Regia.

    Juste à ce moment, sous forme de silhouette, Pandie aperçut deux personnes — des hommes, elle en était certaine — qui se tenaient sur le sommet du bâtiment. L’un avait les bras croisés, mais l’autre se déplaçait dans tous les sens avec un énorme bouclier, la lumière du soleil rebondissant sur le métal. Presque aussitôt, elle sentit que ces personnages lui étaient familiers ; Pandie était certaine de les connaître… mais comment ? Elle plissa les yeux ; parfois, les objets flous éloignés deviennent plus clairs quand on plisse les yeux. Au début, elle croyait que les hommes étaient chauves, mais elle se rendit alors compte que les deux portaient des cuirasses noires et des casques et qu’ils tenaient d’énormes boucliers. Ils paraissaient identiques dans tous les sens.

    — Casque ? Cuirasse noire ? murmura-t-elle. Arès ? Arès ? Et… ?

    Puis, de loin, elle entendit l’écho des deux hommes qui riaient en même temps, et elle vit que l’un claquait le dos de l’autre. Puis, celui qui venait de se faire claquer donna une claque à l’autre… encore plus fort. Le premier homme lança alors un coup de poing qui renversa le deuxième, et il disparut. Mais en un instant, il était de retour et décocha un coup sur l’abdomen de l’autre homme. Soudain, la lutte

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