Les Amuseurs de la rue: Essai historique
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Avis sur Les Amuseurs de la rue
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Aperçu du livre
Les Amuseurs de la rue - Ligaran
EAN : 9782335049671
©Ligaran 2015
Bobèche et Galimafrée
I
– Allons, voyons, Augustin, ne fais donc pas comme cela le Bobèche !
Telle fut l’apostrophe que ma bonne mère me lança, un jour que je me signalais, devant elle, par toutes sortes d’extravagances, en gestes et en paroles. J’étais niais au suprême degré.
J’avais alors onze ans, l’âge où l’on a déjà la prétention de se compter parmi les personnages.
– Bobèche ! bobèche ! qu’est-ce que cela veut dire ? me demandai-je, après avoir obéi aux injonctions maternelles.
Dès que je me trouvai seul, j’eus cette curiosité de chercher l’origine des choses, si naturelle à votre âge ; je courus à la bibliothèque de mon père, pour y prendre un dictionnaire français.
C’était le Dictionnaire de l’Académie française, celui qui a le monopole du langage, et qui fait loi dans les discussions grammaticales.
Au mot Bobèche, je ne trouvai qu’un substantif féminin, signifiant « une petite pièce cylindrique et à rebord, qu’on adapte aux chandeliers, aux lustres, aux girandoles, etc., et dans laquelle on met la bougie ou la chandelle. »
– Évidemment, ce n’est pas de cette bobèche qu’il s’agit, me dis-je aussitôt.
Bobèche
Je poursuivis ma recherche, et je lus :
« Bobèche se dit également de la partie supérieure d’un chandelier, lorsqu’elle a un rebord comme celui des bobèches mobiles. »
Impatienté, j’attendis quelques instants, et j’interrogeai ma mère :
– Vous m’avez dit, maman, que je faisais le bobèche… Je ne comprends pas ce que ce mot signifie.
– Ce mot signifie, mon cher enfant, que tu ressemblais, au moment où je t’ai réprimandé, au fameux Bobèche du boulevard du Temple…
– Est-ce qu’on peut le voir ?
– Plus maintenant ; il est mort depuis quelques années. Cet homme se distinguait par les naïvetés et les niaiseries. Il gesticulait très drôlement, et savait, par ses grimaces, exciter le fou rire parmi les passants. Je ne crois pas qu’il faille l’imiter ; aussi, je te défendais de faire le Bobèche.
II
En ma qualité d’historien, préoccupé surtout du tableau des mœurs françaises aux diverses époques, j’entreprends pour votre instruction, pour votre plaisir aussi, je l’espère, le portrait de l’illustre Bobèche, simple paradiste, qui florissait au boulevard du Temple, sous le premier Empire et au commencement de la Restauration.
J’y joins l’esquisse de Galimafrée, autre célébrité de même farine.
Vous ne pouvez guère vous figurer, mes enfants, ce coin de Paris, si bruyant, si gai, si populeux autrefois.
La patrie de Bobèche, le boulevard du Temple, était le rendez-vous de toutes les classes sociales, cherchant l’égalité du plaisir ! Tout le monde y venait s’oublier, faire bombance, entendre le bruit des crincrins et des chansons, visiter les mille curiosités d’une capitale en quête d’inventions.
Quelle variété ! des oiseaux faisaient l’exercice ; des lièvres battaient la caisse ; des puces traînaient des carrosses à six chevaux.
Ici, une femme, les pieds en haut, la tête en bas, se tenait en équilibre sur un chandelier ; là, une petite fille était mise à la crapaudine sur un plat d’argent ; plus loin, des nains, des géants, des hommes-squelettes, des luronnes pesant huit cents livres, des avaleurs de fourchettes, de sabres et de serpents, coudoyaient des enfants qui marchaient sur des barres de fer rouge.
Pourquoi donc cette foule ? que regardaient ces flâneurs des rues ?
Ils regardaient Bobèche, mes enfants. Ou bien, ils regardaient Galimafrée.
Bobèche avait paru d’abord sur les tréteaux de Versailles et de quelques fêtes publiques aux environs de Paris. Bobèche était une illustration populaire, possédant un masque précieux pour son emploi, ayant un jeu empreint de la plus naïve bêtise.
Il allait dire des niaiseries parfois fort amusantes chez les ministres, les grands seigneurs et les banquiers millionnaires. Il fallait à ces gens-là des amuseurs, comme aux badauds.
Bobèche portait une veste rouge, un tricorne gris, que surmontait un papillon, symbole de la légèreté de son esprit. Il lâchait de grosses vérités, parmi un déluge de phrases incohérentes ; il se permettait des allusions politiques et s’attirait souvent les avertissements de la police, ce dont il tirait vanité.
III
Un jour, trois cents personnes, environ, se tenaient droites devant son théâtre, ou plutôt devant sa tribune en plein air.
Bobèche se regardait complaisamment dans un miroir, en se tournant de manière à voir tous les assistants.
– Que fais-tu donc là ? demandait un compère.
Et Bobèche répondait, en riant à gorge déployée :
– Je regarde trois cents imbéciles.
La foule se fâcha, et notre impertinent dut rentrer sous sa tente.
Mais l’orage se dissipa vite. La foule ne sait pas bouder longtemps contre le rire.
Une autre fois, sous la Restauration, Bobèche s’avisa de dire, dans une de ses nombreuses improvisations :
– On prétend que le commerce ne va pas : j’avais trois chemises, j’en ai déjà vendu deux !
La police ne toléra pas de pareilles boutades, et Bobèche mit une sourdine à ses saillies. Il craignit de coucher en prison.
Son audace augmentait sa vogue. Ce niais comptait de vifs admirateurs, qu’il méritât ou non sa renommée. Il savait attiser la curiosité.
Dans quelques salons du faubourg Saint-Germain, on s’inquiétait parfois de ce que disait Bobèche, que tout le monde connaissait, depuis les plus hauts fonctionnaires jusqu’aux plus humbles employés.
Sous le premier Empire, un directeur général, dont un des rédacteurs arrivait fort tard au bureau, lui demanda la cause de son inexactitude.
– Monsieur le directeur, répondit l’employé, essayant de s’excuser, j’ai l’habitude, pour venir au ministère, de traverser le boulevard du Temple, et je m’arrête fréquemment, je l’avoue, à écouter les lazzi de Bobèche.
– Vous me trompez, monsieur, répliqua le directeur général. Je ne vous y ai jamais vu.
Sans doute Bobèche manquait de politesse à l’égard de ses auditeurs ; mais il faut convenir que ceux-ci ne commandaient guère le respect.
Pour beaucoup, le sel n’était jamais assez gros.
Figurez-vous, mes chers amis, les têtes les plus étranges, des provinciaux et des badauds de Paris riant des plaisanteries bonnes ou mauvaises, passant leur temps à voir la parade ; figurez-vous de sales gamins s’arrêtant toute la journée devant Bobèche et Galimafrée, au lieu d’aller à l’école ; figurez-vous des bourgeois et des freluquets oisifs, toujours satisfaits des plats épicés que ces deux paradistes leur servaient.
Les bravos de la foule encourageaient Bobèche, qui ne manquait pas d’esprit et gardait une certaine réserve, tandis que Galimafrée, son émule sur le boulevard du Temple, s’abaissait à dire des paroles ordurières.
C’était une variété du paillasse, qui avait transporté sur le boulevard les vieux tréteaux du Pont-Neuf.
IV
Bobèche avait, de plus que Galimafrée, un talent d’improvisateur comique. Il était à la fois acteur et auteur ; il composait lui-même ses rôles.
Telle farce de cet homme contenait plus de verve attique et plus de finesse de traits qu’on n’en rencontrait dans mainte pièce en cinq actes, jouée sur les grands théâtres de Paris.
Je vais vous en citer un exemple entre mille.
Le compère, remplissant le rôle du maître de Bobèche, s’en venait trouver celui-ci.
Ce compère avait une lettre à la main.
– Bobèche, disait-il, voici une lettre que t’envoie un de tes amis. Permets que je te la lise, attendu que tu as oublié d’apprendre à lire. Écoute.
Et le compère lisait :
« Mon cher ami,
Je dois vous annoncer que votre frère a, depuis votre départ, commis quelques inconséquences : il en est, depuis six mois, à sa douzième indélicatesse… »
– Ah ! le misérable ! interrompait Bobèche ; je pars sur-le-champ… Je veux le tuer, pour l’honneur de la famille, avant qu’il passe en justice.
– Attendez un instant, répondait le maître, qui continuait à lire :
Bobèche
« De la sorte, il possède une dizaine de mille
