Mon associé c'est l'univers
Par Daniel Sévigny
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À propos de ce livre électronique
Qui sont ces gens qui ressemblent à des humains sans en posséder les attributs? Que cherchent-ils? D'où viennent-ils? Quelles sont leurs intentions?
En informant ces êtres, pourront-ils mieux contrôler notre planète, la Terre?
A travers ce roman partiellement fictif, l'auteur vous fait découvrir la réalité du monde actuel. Il vous dévoile nombre d'informations inédites, de même que certaines vérités dissimulées par le monde médiatique. Etant reconnu pour ses écrits en gestion de la pensée. Daniel Sévigny a voulu intégrer celle-ci à l'intrigue. Ce faisant, en plus de vous plonger dans un suspense haletant, son histoire stimulera votre mécanisme pensant.
« Le monde de demain est présent, il nous appartient. »
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Aperçu du livre
Mon associé c'est l'univers - Daniel Sévigny
Du même auteur, chez le même éditeur
• Pensez-Gérez-Gagnez (1995)
• Délégué spécial (1999)
• L’amour au pluriel (1999)
• L’amour singulier (2000)
• Conversation entre hommes (2001)
• De l’ombre à la lumière (2006)
• Les clés du Secret (2007)
• L’autoguérison et ses secrets (2008)
• Pensez-Gérez-Gagnez, 2e édition (2009)
auteur.pngtitre.pnglogo_De_Mortagne.pngÉdition
Les Éditions de Mortagne
C.P. 116
Boucherville (Québec) J4B 5E6
Distribution
Tél. : 450 641-2387
Téléc. : 450 655-6092
info@editionsdemortagne.com
Tous droits réservés
Les Éditions de Mortagne
@ Ottawa 2011
Dépôt légal
Bibliothèque et Archives Canada
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Bibliothèque Nationale de France
3e trimestre 2011
Conversion au format ePub : Studio C1C4
Pour toute question technique au sujet de ce ePub :
service@studioc1c4.com
ISBN : 978-2-89074-562-9
ISBN : 978-2-89662-124-8 (ePub)
Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Programme d’aide au développement de l’industrie de l’édition (PADIÉ) et celle du gouvernement du Québec par l’entremise de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC.
anel.pngJe dédie ce livre à __________________________________.
L’Univers est votre associé, votre meilleur allié.
Restez confiant en l’avenir !
1
Il est dix-sept heures vingt-cinq, on frappe à la porte de la salle Grand Café de l’hôtel de Famille de Vevey où je dirige le stage de « l’Amour au pluriel ».
— Excusez-moi, monsieur, on vous demande à la réception.
— Je n’ai pas de rendez-vous prévu. Dites à ces personnes que j’irai les rencontrer dans une vingtaine de minutes.
— Je le leur ai dit, mais elles insistent. Elles semblent très impatientes.
— Hélas ! nous sommes à la fin du stage et je ne peux pas quitter le groupe comme ça parce que des personnes exigent de me rencontrer. Désolé.
Le préposé ferme la porte avec une expression déçue sur le visage, une sorte d’angoisse que je n’ai pas saisie sur le moment. Je termine le stage en lisant un texte qui clôture bien notre rencontre « La dernière chance ». Je remercie ma collaboratrice Hélène, les participants l’applaudissent et je les remercie de m’avoir fait confiance et je leur souhaite de vivre heureux.
Dans une ambiance chaleureuse, toutes les personnes se font la bise, se serrent dans les bras, certains échangent leurs coordonnées téléphoniques, les courriels de tous ayant été photocopiés et remis à chacun. Le taux vibratoire du groupe est si élevé que personne ne veut quitter ce moment magique. Les rires mélangés aux larmes alimentent les dernières conversations.
Pendant ce temps, je ramasse mes affaires, j’emballe le matériel, les livres, les DVD et aussi les CD, les mouchoirs de papier et les bouteilles d’eau.
— Excuse-moi, Hélène. Demande à Nicolas de t’aider à apporter le matos à la voiture, je vais aller rencontrer les personnes qui m’attendent à la réception. Je te retrouve dans quelques minutes à la voiture. Les clés de la voiture sont dans mon sac.
— Veux-tu que je vienne te rejoindre ?
— Si tu trouves que je m’attarde, alors viens me rappeler que j’ai un rendez-vous à dix-neuf heures à Genève, comme ça j’aurai l’excuse pour abréger l’entretien.
— OK.
Je salue une dernière fois les gens et je demande à Nicolas d’aider Hélène à apporter le matériel à la voiture et je quitte la salle.
En arrivant à la réception, je vois, à proximité du comptoir, un grand gaillard de noir vêtu avec des verres fumés sur la tête.
— Pardonnez-moi, monsieur, vous vouliez me rencontrer ? Excusez-moi, mais il m’était impossible de venir plus tôt.
— Suivez-moi !
Il se dirige vers la sortie.
— Où et pourquoi ?
Je ne le connais pas. Il est imposant et son ton est très autoritaire. Je n’aime pas son approche.
— Quel est le but de votre visite ? J’ai un agenda très chargé et je n’ai pas beaucoup de temps. Il serait préférable de s’installer dans le coin salon derrière moi et je pourrais répondre à toutes vos questions.
— Ce ne sont pas les ordres que j’ai reçus !
— De quels ordres parlez-vous ?
Au même moment, je sens une présence derrière moi. Je me retourne. Deux hommes, aussi vêtus de noir de la tête au pied, mais aux lunettes noires masquant leurs yeux, se tiennent côte à côte. Des costauds. Ils m’empoignent par les coudes et je me sens presque soulevé de terre. Tout se passe rapidement. En quelques secondes, je me retrouve de l’autre côté de la rue où un 4 x 4 blindé noir aux vitres teintées attend le retour du propriétaire.
Le chauffeur vêtu de noir attendait à l’extérieur. Il ouvre la porte de derrière, côté conducteur, pour nous laisser entrer. Un premier homme entre, on me pousse malgré moi et le second s’assoit et ferme la porte fermement. L’homme qui m’a abordé, lui, prend place à l’avant.
Je me sens comme la tranche de jambon entre deux tranches de pain. Je me sens coincé. Je ne pose pas de question, ma tête carbure à la vitesse du son, je ne comprends pas ce qui m’arrive.
— Enlève tes lunettes ! me dit mon voisin de gauche.
Il me tend des lunettes noires comme les siennes. Malgré que ce ne soit pas l’heure de porter de lunettes soleil, je ne m’obstine pas.
J’enlève mes lunettes et je les remplace par les noires. Surprise ! Leurs vitres sont opaques, donc je n’y vois rien. Je me rends compte que j’ai affaire à des loups ; je sens ma tension monter. Je n’ai rien à me reprocher, on verra bien.
Univers infini, je suis très calme immédiatement. Univers infini, je suis parfaitement protégé aujourd’hui. Univers infini, je réponds correctement à mes interlocuteurs et ils sont très satisfaits de mes réponses dans le plus bref délai. Je demande aussi à mes meilleurs Guides garde du corps de m’accompagner immédiatement et cela jusqu’à mon retour à Nyon.
Dans la voiture, personne ne parle. Silence absolu. Je sens la jambe droite de mon voisin de gauche trembler parce qu’il me touche fréquemment. Les jambes de mes ravisseurs sont écartées, ce qui me laisse peu de place.
Je demeure très calme et je me dis que d’ici peu je saurai ce qu’il en est. Compte tenu du silence, il est plus facile de réfléchir et je me rends compte que cet enlèvement pourrait bien être lié à toutes les expériences que j’ai vécues dans les années précédentes et qui, à mon avis, avaient pour but de me préparer à ce kidnapping.
J’aime le silence, mais celui-ci, imposé, est plus difficile à gérer. J’ai l’impression que le temps est au ralenti. Est-ce le fait d’avoir des lunettes noires ou la situation change-t-elle le rythme du temps ? Je n’en sais trop rien.
J’ai envie de faire accélérer le temps. Mais ça ne changerait rien à la situation et, si j’avais plus de temps, la situation pourrait tourner à mon avantage ou, du moins, être clarifiée et surtout je pourrais être libéré.
2
Comme on me faisait traverser la porte automatique de l’hôtel, Hélène, Nicolas et quelques participants arrivent. Tout le monde est pétrifié. Hélène échappe un sac, et Nicolas sent qu’elle va s’évanouir. Il dépose la boîte sur le comptoir de la réception pour la soutenir. Tous sortent en courant et crient. Le véhicule démarre en trombe.
Nicolas s’énerve et crie :
— Il faut les suivre !
— T’es fou, cette bagnole doit avoir un moteur très puissant. Et puis, que ferait-on si on les rejoignait ?
— Je ne sais pas. Écoute, Hélène, je pense que tu devrais rentrer chez toi et attendre des nouvelles de Daniel. Il prendra certainement contact avec toi dès qu’il en aura l’occasion.
— Bien sûr… Mais comment être certaine qu’ils ne le ramèneront pas ici dans quelques heures ? Tu ne penses pas que je devrais attendre un peu avant de partir comme ça aussi rapidement ? S’ils le ramènent d’ici une heure ou deux, on rentrera ensemble. Et si à vingt heures, il n’est pas revenu, alors je rentre.
— On va rester avec toi. Allons prendre un café ensemble, lance Béatrice.
— C’est gentil, les filles, mais je sais que vous êtes fatiguées et demain tout le monde travaille. Non, non, partez. Je vais aller me détendre dans le coin salon de l’hôtel en attendant vingt heures.
— Je reste quand même avec toi. Demain, mon premier rendez-vous n’est qu’à treize heures trente.
— Merci, Nicolas, mais ne te sens pas obligé, je suis une grande fille, non ? Que fais-tu comme travail ?
— Je suis ostéopathe à Lausanne.
— C’est génial ! En attendant, tu peux récupérer la caisse que tu as laissée sur le comptoir et on se retrouve à la voiture de Daniel pour y déposer ses affaires.
Dans le stationnement, elle ouvre le coffre de la voiture pour y déposer les deux sacs, elle ouvre la portière arrière, côté chauffeur, pour que Nicolas dépose la boîte de matériel et, en ouvrant la portière avant pour y laisser le sac de Daniel, elle remarque que son téléphone est sur le siège passager et qu’un papier a été déposé sur le pare-brise. Elle prend le papier de sa main gauche et commence à trembler…
— Ah non !
— Qu’est-ce qu’il y a ?
— Regarde ! Elle tend le papier à Nicolas. C’est griffonné : « Partez. »
— Qu’est-ce que ça signifie ?
— Il faut sans doute que je parte. Attends que je regarde les messages sur son téléphone. Après un court moment de silence… Non, rien. Bon, alors je rentre à la maison.
— Fais attention, sois prudente et dès que tu as des nouvelles, téléphone-moi, OK ?
— C’est sûrrrrrrrrrrrrrrr.
La circulation du dimanche soir est au ralenti sur l’autoroute. La tête dans le brouillard, Hélène n’arrive pas à se concentrer. Si c’est un kidnapping comme elle le croit, elle sait ce qu’elle doit faire. Daniel l’avait déjà prévenue. Il est vrai qu’avec tout ce qu’il a vécu, ce n’est pas surprenant. Il fallait s’y attendre.
Elle arrête la voiture dans le stationnement réservé aux visiteurs. Comme d’habitude, toutes les places dans le stationnement souterrain sont prises. Elle empoigne son sac et celui de Daniel puis monte l’escalier à pied. Elle ouvre la porte et entend le téléphone sonner. En se précipitant pour prendre la communication, elle se cogne la cheville sur le coin d’un meuble et hurle. Au moment d’attraper l’appareil, on raccroche.
Enfin, elle se laisse tomber sur le coin du lit, se frictionne et une jolie ecchymose commence à apparaître. La douleur impose une marche tranquille dans le corridor. Lorsqu’elle est énervée, elle parcourt de long en large le corridor en marchant du talon. Pour ne pas être incommodés par sa marche militaire, les locataires du dessous doivent être sourds. Elle mouille une compresse d’eau glacée, l’entortille autour de la cheville et la danse des talons commence.
Elle se souvient qu’un jour, Daniel lui avait remis le numéro de téléphone de deux personnes à joindre en cas de nécessité. Mais était-il trop tôt pour les aviser ?
Elle trouve le numéro d’une des amies de Daniel dans son agenda. Elles se sont rencontrées quelques fois, bien que la chimie n’ait pas vraiment passé entre elles. L’orgueil n’a pas sa place ici.
— Bonsoir, Betty, ici c’est Hélène.
— Bonsoir. Qu’est-ce qui me vaut l’honneur ?
— Il faut absolument que tu viennes à la maison immédiatement, j’ai besoin de toi et de tes conseils.
— Pourquoi ?
— On a kidnappé Daniel, j’ai tout vu ce qui s’est passé et j’ai besoin des conseils d’une autre personne avant d’entreprendre quoi que ce soit. Je suis énervée, j’ai peur, j’ai l’impression de perdre la tête. Tout a été tellement rapide que je ne sais plus où j’en suis. Comme tu es son amie, je me suis dit que tu connaissais son passé.
— C’est juste.
— Je pensais qu’à nous deux, on prendrait la ou les bonnes décisions.
— Je ne peux pas ce soir, mes enfants sont à la maison et nous sommes sur le point de passer à table.
— Je suis convaincue que tes enfants comprendront. Je suis certaine qu’ils seraient choqués d’apprendre que tu n’es pas venue au secours de Daniel.
— Hé ! attends ! De quel secours parles-tu ?
— Ton aide à y voir clair me serait d’un grand réconfort. Tu sais que je ne peux pas parler de certaines choses, on me prendrait pour une folle. Es-tu d’accord ?
— C’est juste.
— Ensemble, on étudiera la meilleure manière de lui venir en aide si c’était possible ou encore comment envisager la situation envers ceux qui ont aussi droit de savoir.
— Qu’entends-tu par là ?
— Je parle de sa famille pour commencer, ses attachés de presse et différents membres de son organisation et aussi peut-être les médias.
— Je ne crois pas que Daniel voudrait alerter les médias. Tenons-nous loin d’eux. Vaut mieux pour l’instant garder cette situation secrète.
— Tu as raison. Alors je peux compter sur toi, ce soir ?
— Donne-moi ton adresse et je viendrai dès que je pourrai. Ne parle de ça à personne. D’autres personnes sont-elles au courant de cette histoire ?
— Il y avait quatre personnes avec moi lors du kidnapping : un homme et trois femmes. On venait de terminer le stage et on se rendait au stationnement récupérer nos voitures.
— OK. À toute !
— Ciao !
3
Je croyais pouvoir suivre le parcours du camion par ses mouvements et avoir une petite idée de l’endroit de notre destination, car je connais très bien la région. Je sillonne la Suisse depuis dix-huit ans, et en plus, en occupant mes pensées, cela me permettrait de rester calme.
Au premier feu, on tourne à gauche qui est la direction de Montreux. Je suis perdu. J’imaginais qu’on se rendait à Genève. Mais non !
Personne ne parle, la radio est éteinte. Pour une fois, j’aurais apprécié entendre autre chose que le bruit du moteur. Je ne sais pas depuis combien de temps on roule, mais ça fait un certain temps. Une heure ou plus, je ne sais pas. Les mouvements de la voiture sont difficiles à définir, car elle tient bien la route. C’est une voiture de luxe.
Finalement, on ralentit. On arrête, une porte de garage électrique s’ouvre. Le déclic des ceintures de sécurité se fait entendre, je fais comme eux. J’imagine qu’ils ne me laisseront pas ici. Je m’apprête à enlever les lunettes.
— Gardez-les, mes hommes vous guideront.
— Je ne suis pas aveugle.
— On le sait. Ce n’est pas encore le temps de voir clair. Ça viendra.
On prend un ascenseur tout près du stationnement. On monte plusieurs étages. Combien ? Difficile de savoir. Le temps me paraît une éternité. Moi qui vis à la vitesse grand V en tout temps, ici je suis soumis à un régime dont je n’ai pas le contrôle. Je suis malgré tout assez calme.
Nous marchons ensuite des dizaines de mètres. Je me laisse guider. On arrête ! Une porte s’ouvre ! On marche encore un peu, mais cette fois je réalise que je suis seul avec un garde du corps. Il ouvre une porte. Un déclic se fait entendre. Je vois un faible rayon de lumière sur le contour des lunettes. Il y a de l’espoir. Tant mieux.
— Enlevez lunettes.
Je constate qu’ils n’ont pas tous la même élocution. Celui-ci a un accent de l’Europe de l’Est. Nous sommes dans une immense salle de bains ultramoderne. Douche vibro-masseur, bidet, bain tourbillon géant, comptoir à deux éviers en granit noir. Les murs sont couverts de miroir. L’effet miroir donne l’impression que nous sommes plusieurs.
— Toi prendre douche et mettre vêtements neufs.
Il ouvre la porte de la penderie d’environ dix centimètres et il sort.
Pourquoi des vêtements neufs ? J’ouvre la porte et je vois une housse et un sac Hugo Boss, de Genève, des chaussures neuves. Elles ont ma taille. J’ouvre le sac. Il contient un body à manches longues noir Dior. Dans la housse se trouve un complet anthracite de très bonne coupe. J’essaie la veste. Tout est parfait. Je me déshabille et je me glisse dans la douche. J’actionne les vibro-masseurs au maximum et je mets l’eau la plus chaude possible. J’en profite pour faire le plein d’énergie. J’actionne ensuite l’eau très froide pour me stimuler.
Dès que je sors de la douche et que je pose mes pieds sur le tapis, un tube en acrylique transparent descend du plafond, m’enveloppe et l’air chaud sous pression qu’il dégage me sèche en quelques secondes. C’est très agréable. C’est la première fois que je vois un tel système.
J’enfile les vêtements neufs. Sur le comptoir, il y a un flacon de mon eau de toilette préférée, Firenight de Dior. Bizarre, même mon parfum. Je n’ai pas le temps et je ne veux pas réfléchir.
La porte est verrouillée, pourtant elle s’ouvre et mon ange gardien est fidèle au poste. Devant moi, il m’empêche de voir l’autre pièce. Un peu plus grand que moi, quarante ans environ, le crâne rasé et un peu plus en chair quoique bien proportionné. Son regard est vide, sans expression. J’ai déjà eu des participants de ce genre à plusieurs reprises autant dans la formation « Gestion de la pensée » que dans le stage de « l’Amour au pluriel ».
Il m’invite à le suivre sur-le-champ.
— Toi venir avec moi.
— Où sont mes lunettes ?
— Pas besoin.
— C’est ma deuxième paire d’yeux et je les veux. Où est votre patron ? Celui qui m’a kidnappé !
Il me prend par le bras gauche. Il ouvre une porte d’une largeur inhabituelle et on se retrouve dans un corridor très large d’environ trois mètres et sans fin. Nous marchons, nous changeons de direction, parfois c’est vers la gauche et parfois nous tournons vers la droite. On prend un ascenseur, on monte cinq étages et on arrive à un vestibule d’environ quatre mètres carrés, plafond beige et murs noirs laqués. Une console noire laquée se fond dans le mur avec une sculpture de verre magnifique, éclairée par le dessous, ce qui donne un effet spectaculaire et disproportionné à l’œuvre.
Au milieu de la pièce, une lourde porte double s’ouvre lentement. Nous la traversons et nous voilà dans une immense salle. Plancher, mur et plafond, tout est noir. Au centre, ou du moins ce que je présume être le centre, un bureau présidentiel exempt de tout autre accessoire. Derrière, un fauteuil pivotant et un seul siège devant.
— Toi assis.
Je m’assieds puis reste seul. Je devrais déjà être en route pour Paris à cette heure-ci et je commence à avoir faim. Au lieu de subir la faim, je vais faire une affirmation.
Univers infini, rétrécis mon estomac immédiatement.
Un véritable coupe-faim. Cette sensation désagréable passe très rapidement. L’estomac calmé, je réfléchirai beaucoup mieux.
J’entends la porte s’ouvrir, un homme s’avance vers le centre et prend place derrière le bureau. Il me regarde, me sourit et s’assied.
— Bonsoir, monsieur Sévigny, je suis le chef de ce groupe et vous êtes notre invité.
— Bonsoir, monsieur, à qui ai-je l’honneur ?
— Excusez-moi, j’ai oublié de me présenter. Je suis Zolmann, responsable de la formation que je dirige depuis maintenant environ cent ans.
— En quoi consiste votre formation et qu’est-ce que je viens faire dans votre organisation ?
— Je ne peux vous donner des explications maintenant. Nous n’avons pas le temps et nous devons procéder par priorités. Je sais aussi que vous connaissez toutes les réponses aux questions que vous aimeriez me poser. La première chose que nous devons faire est de récupérer votre voiture et vos valises. Vous prenez l’avion demain de Charles de
