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ADIEU BERLIN
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Livre électronique239 pages3 heures

ADIEU BERLIN

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À propos de ce livre électronique

Une famille allemande vivant à Berlin durant la montée du nazisme et dont les filles deviennent avec le temps, héritières d' un Stradivarius inestimable. Emportées par la tourmente des grands moments du siècle passé, de la chute du régime nazi, à la fin de la guerre et au mur de Berlin qui déchire des familles entières, elles sont séparées durant de longues années Bousculées par les mains invisibles du destin, entre fuites et retrouvailles et au terme d''un long parcours couvrant trois décennies, la vie les réunit à nouveau autour du Stradivarius… Un roman où l''auteur à travers son regard sur les évènements qui ont secoué le monde à cette période, transporte le lecteur à la suite de ses héroïnes et de l''étrange déroulement de leurs destinées
LangueFrançais
ÉditeurAldar Almasriah Allubnaniah
Date de sortie1 oct. 2024
ISBN9789777953092
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    Aperçu du livre

    ADIEU BERLIN - هشام الخشن

    Adieu berlin: Roman/ Hisham El- kheshen; Traduit de l’arabe (Egypte) par Randa Henri Barakat.- Cairo: AL-Dar AL-Masriah AL-Lubnaniah- 2021.

    p. 288 ; 20 cm.

    ISBN:9789777953092

    1- Arabic fiction translation into french.

    2- french fiction - translation from Arabic.

    813

    Dep. No.: 2195/ 2021

    Al-Dar Al-Masriah Al-Lubnaniah

    16 Abd-El-khalek Tharwat st.-Cairo.

    Tel. : +202 23910250

    Fax : +202 23909618 - P.O Box: 2022

    E-mail:info@almasriah. com

    www. almasriah. com

    All rights reserved

    First Edition: 2021.

    Hisham El Kheshen

    Adieu Berlin…

    Traduit de l’arabe (Egypte) par

    Randa Henri Barakat

    Dédicace

    A toi dont le sourire éclaira les jours et les nuits que j’ai passés à rédiger ce roman… Puisse ce sourire ne jamais s’éteindre et être toujours là pour m’accompagner tout au long du chemin …

    Hisham

    Si nous tendons attentivement l’oreille, nous percevrons venant de loin à travers l’Histoire, les sanglots sourds des victimes de l’humanité… Ils se lamentent et gémissent de douleur face aux atrocités commises par leurs semblables qui sous le couvert de la légitimité et du devoir, ont camouflé l’horreur de leurs monstruosités… Nous serons dérangés pendant un certain temps jusqu’à ce que ces plaintes s’évanouissent au loin en une triste complainte et que notre mémoire relègue ces victimes en numéros de série dans le grand livre de la vie.

    L’Histoire n’est que le long tissage de ceux qui l’ont forgée…

    Berlin – Allemagne

    8 janvier 1993

    Le brouhaha dans la salle des enchères s’était calmé cédant la place au silence. Le commissaire-priseur se dirigea vers l’estrade en bois à l’avant de la pièce. La salle était comble et le nombre des enchérisseurs dépassait de loin celui escompté ce qui retarda le début de la vente. La direction avait insisté à ce que les sièges avant soient réservés aux acquéreurs, tandis que la presse était reléguée à l’arrière.

    Du haut de son estrade, il se racla la gorge et s’adressa à l’assistance en ces termes:

    «Messieurs, bienvenue à vous. Avant d’ouvrir la séance, je voudrais vous communiquer quelques informations concernant le précieux joyau que nous mettons en vente aujourd’hui…

    Cette pièce exceptionnelle est l’œuvre d’Antonio Stradivari. Elle a été fabriquée durant la période d’or de sa production entre 1700 et 1725. Vous n’ignorez pas que Stradivari est l’un des luthiers les plus importants et les plus illustres de l’histoire. Ses instruments dans leur totalité sont reconnus pour la pureté, la puissance et la qualité de leur acoustique ce qui en font des pièces uniques.

    La partie supérieure de ce violon est en bois de pin doublée de bois de saule tandis que la face inférieure, communément appelée le dos du violon est en noyer. La boiserie a été entièrement traitée avec des mixtures dont lui seul détenait les secrets. Celles-ci étaient à base de borax et de sels de sodium et de potassium. Par la suite le violon était enduit d’un vernis, mélange de blanc d’œufs et de gomme arabique.

    Des experts spécialisés en la matière venant directement du Musée de Berlin, du Smithsonian Museum de Washington et du Musée d’Art Moderne de Chicago ont minutieusement examiné cet instrument et ont confirmé l’existence de ces composantes qui ajoutent à ses particularités et le rendent si parfait. Ils ont également certifié son authenticité et la période de sa fabrication. C’est pourquoi Messieurs, je peux vous garantir que vous avez ici devant vous une pièce rare, un vrai joyau, qui mérite toute l’attention des amoureux de l’art et des collectionneurs à la recherche d’œuvres sans pareilles.

    Notre Département Légal a revu et vérifié les documents relatifs à l’acte de propriété. En ligne avec la transparence totale dont notre institution a toujours fait preuve, ces documents sont mis à la disposition du public afin de permettre à tout acquéreur intéressé de les consulter. Ils se trouvent auprès de notre siège social.

    Messieurs, j’espère ne pas avoir trop abusé de votre temps mais cette introduction était nécessaire. Permettez-moi d’ajouter un dernier mot; au fil du temps, le nom du fabricant de cette pièce s’est associé à l’Excellence et un Stradivarius est une référence absolue et est synonyme de perfection et de prestige dans bon nombre d’institutions européennes.

    Nous avons parmi nous aujourd’hui de nombreux acheteurs venus des quatre coins du monde dans l’espoir de pouvoir acquérir ce violon. D’autres, n’ayant pu se déplacer, participeront à la vente par téléphone à partir de Tokyo, New York, Los Angeles, Rio de Janeiro et Sydney, en direct avec les employés de notre maison.

    Messieurs, la mise à prix est de cent mille dollars américains et nous procèderons par tranche de cent mille».

    Les enchères débutèrent:

    - Qui dit cent mille dollars?

    - Cent mille dollars pour le monsieur au fond de la salle.

    Il porta son regard vers les employés accrochés à leurs téléphones:

    - Trois cent mille de Tokyo.

    - Un demi-million de Sydney.

    Il fit une pause de quelques instants scrutant du regard un acquéreur assis au premier rang pour reprendre:

    - Sept cent mille dollars pour le monsieur en face de moi.

    Les signes imperceptibles des mains et les hochements de tête continuèrent à se manifester, enflammant les enchères qui atteignirent très vite deux millions de dollars. A ce moment, il cessa tout appel et s’adressa à l’assistance à nouveau:

    - Messieurs, nous prenons une pause de quelques minutes le temps de consulter la bénéficiaire ici présente.

    Il se dirigea accompagné de ses assistants vers le bureau attenant à la salle des enchères d’où la titulaire du violon et son avocat suivaient la vente à travers des écouteurs.

    - Madame, j’ai arrêté la vente car elle a dépassé de loin nos pronostics …

    - N’est-ce pas extraordinaire?

    - C’est excellent bien sûr mais par devoir professionnel, je dois revoir la situation avec vous avant de poursuivre.

    Il paraissait perturbé et de grosses gouttes de sueur perlaient sur son front malgré le froid qui régnait à Berlin.

    - Selon nos estimations les plus optimistes, nous avions convenu de faire monter les enchères à un million et d’adjuger. Vous avez pu voir par vous-même ce qui s’est passé, nous avons presque atteint le double du montant en un rien de temps. Il est clair que nous avons sous-estimé la valeur de cet instrument. Ce qui m’incite à partager avec vous la décision à prendre ; soit nous poursuivons la vente soit nous nous arrêtons.

    L’expert prit une pause puis reprit, la propriétaire et son avocat toujours à l’écoute:

    - La demande pour ce violon semble très élevée et dépasse de loin toutes nos prévisions. Vous avez donc le choix comme je viens de vous le dire, soit nous reprenons les enchères et dans ce cas nous pouvons obtenir un prix encore plus élevé soit nous nous arrêtons et nous le retirons de la vente. Ne vous étonnez pas de ce que j’avance mais c’est un pari qui pourrait faire doubler le montant atteint au préalable.

    Il se tut un moment comme s’il voulait intention-nellement éveiller la curiosité de ses interlocuteurs puis reprit:

    - Il semble qu’un nouveau prix se soit imposé pour ce Stradivarius. Par expérience, certains acquéreurs, en particulier ceux qui se trouvent à l’étranger, ne démordront pas et continueront à faire grimper les enchères. Ces clients possèdent des fortunes colossales et n’auront de cesse qu’une fois en possession de ce qu’ils désirent.

    Si nous arrêtons la vente maintenant, il y a de très fortes chances qu’ils se mettent directement en contact avec vous afin de conclure l’affaire. Vous serez alors en mesure de négocier et d’obtenir un prix très avantageux, à l’abri de tous les regards. Je vous laisse le temps de réfléchir ; je vous répète, ceci est une probabilité qui pourrait tout aussi bien ne pas se concrétiser. Si tel est le cas, vous remettrez le violon en vente. Mais dans des situations pareilles, autant vous le dire franchement, vous risquez de ne pas obtenir le prix faramineux atteint lors de l’adjudication initiale … c’est du moins ce qui se passe dans la majorité des cas.

    Une fois terminé, il se retira suivi de ses collaborateurs, laissant la propriétaire du Stradivarius délibérer avec son avocat.

    - Qu’en pensez-vous?

    L’avocat réfléchit un moment avant de répondre:

    - Tout ceci est vraiment déroutant… Peut-être vaudrait-il mieux envisager d’arrêter la vente et d’attendre les offres directes dont il parle.

    Elle garda le silence perdue dans ses pensées… Elle était pleinement consciente du grave impact que sa décision aurait sur sa partenaire dont la santé déclinante périclitait rapidement et dont les jours étaient comptés…Sans trop hésiter, elle rappela les responsables et leur demanda de poursuivre les enchères.

    Le commissaire-priseur regagna son estrade et reprit:

    - Je vous remercie messieurs pour votre patience… Nous poursuivons notre vente mais la tranche d’augmentation est maintenant d’un demi-million… Messieurs, deux millions et demi de dollars qui dit plus?

    La course effrénée reprit et les enchères grimpèrent très vite pour atteindre le prix record de cinq millions. L’adjudicateur s’imagina un instant être parvenu à un plafond et que bientôt il allait abattre son marteau et clore la vente, les hochements de têtes dans la salle ayant sensiblement diminués. La rivalité était maintenant centrée entre un enchérisseur assis au premier rang et un acheteur demeuré réveillé en pleine nuit à Tokyo, essayant par tous les moyens d’acquérir par téléphone le Stradivarius.

    A ce moment un homme en costume noir, l’air sévère, se dirigea droit vers l’estrade et fit signe au commissaire-priseur qu’il désirait lui parler. Il fut dérangé par cet intrus qui enfreignait le règlement mais vu sa détermination, il interrompit la séance, descendit du podium et lui tendit l’oreille.

    L’expression de son visage changea tandis qu’il parcourrait les documents remis par son interlocuteur. Il examina les papiers avec beaucoup d’attention au grand étonnement de l’assistance ébahie qui suivait la scène en silence. Il les relut deux et trois fois avant de revenir vers l’estrade et d’annoncer:

    - Messieurs, nous arrêtons la vente suite à la demande du Procureur Général; il semble qu’il y ait un différend concernant l’acte de propriété de ce violon.

    Berlin – Allemagne

    9 novembre 1938

    Un dernier regard au miroir pour m’assurer que mon allure est impeccable; jupe bleue, cravate du même ton et chemisier d’une blancheur immaculée. J’agrippe ma veste marron que j’endosse tandis que je contemple les deux nattes blondes or qui encadrent mon visage. Je souris à la vue des produits de beauté recouverts de poussière rangés sur la coiffeuse. Nous autres les aryennes, nous n’avons pas besoin de tous ces artifices destinés uniquement aux femmes de races inferieures. Un coup d’œil rapide me confirme que je suis fin prête pour rejoindre «La Ligue des Jeunes Filles Allemandes».

    J’attendais ces réunions hebdomadaires avec impatience et j’étais fière d’en faire partie. Fière surtout car elles nous formaient et nous préparaient tant mentalement que physiquement à la renaissance de la grandeur future de notre nation, la Grande Allemagne, grandeur récemment disparue des registres de notre histoire. C’était surtout le chemin du retour vers la maison qui me liait encore plus à ces réunions. Je le faisais en compagnie de Lucas Hartmann, mon voisin et un des chefs des «Jeunesses Hitlériennes», le Hitlerjugend (HJ) à Berlin.

    Je fus surprise de trouver mon père en compagnie de maman et de ma sœur Hilda, lui qui ne quittait jamais le commissariat avant minuit… Il ne m’accorda pas le temps de lui demander la raison de sa présence si tôt à la maison et m’aborda directement:

    - Liliane ce soir tu ne sors pas.

    Je n’avais pas l’habitude de discuter ses ordres. De par son rang de Général à la police, je savais très bien qu’il était inutile de discourir. Je le regardai sanglé dans son uniforme officiel, la poitrine décorée du dernier insigne que le Führer venait de lui remettre deux mois auparavant pour ses 18 ans de service… J’eus l’audace de vouloir discuter; après tout pourquoi pas? A la Ligue, ils nous avaient bien expliqués que nous avions tous les droits de contester ce qui pouvait s’opposer à notre patriotisme ou le limiter.

    - Mais aujourd’hui aura lieu notre réunion hebdomadaire

    - J’ai dit pas de sortie… les rues ne seront pas sûres.

    La fermeté et le ton autoritaire m’intimidèrent et me ramenèrent très vite dans les rangs de la discipline et de l’obéissance auxquelles j’avais été accoutumée lorsqu’il s’agissait d’ordres émis par mes parents. Je dirigeai mon regard vers ma mère à la recherche de son secours sans toutefois trop y compter car au fond de moi je savais bien qu’elle haïssait cette ligue et haïssait toutes ces réunions auxquelles je participais.

    Mais tout le problème provenait justement de la génération de mes parents. Cette génération ne saisissait pas encore que c’était nous les jeunes, qui allions ressusciter le « Vaterland », La Terre de nos Pères et rendre à l’Allemagne sa grandeur perdue.

    « Vaterland », La Patrie: quelle force et quelle puissance dans ces mots … C’est ça que mérite l’Allemagne, la force et la puissance. L’Allemagne n’est comparable à aucun autre pays, elle dépasse de loin ce concept de « Mère Patrie » qu’il ne sied qu’aux peuples des nations inferieures et faibles d’employer en se référant à leurs pays

    Je fis une dernière tentative dans l’espoir que mon père reviendrait sur sa décision:

    - Lucas sera avec moi papa, ne t’inquiète pas.

    - J’ai dit pas de sortie. C’est terminé.

    Nous demeurâmes assis dans un silence quasi total mes parents, ma sœur et moi. Maman avait entre les mains son évangile et son chapelet. En fait nous n’avions pas beaucoup de sujets de conversation elle et moi … Son mysticisme et sa piété avaient sensiblement augmenté ces dernières années et avec eux ce sentiment de rancœur à l’encontre de tout ce qui se passait dans le pays. Elle projetait sa colère sur moi et sur mon adhésion à la Ligue et au Parti.

    Hilda par contre lui était plus proche. Malgré mes tentatives acharnées de l’inciter à se joindre à nous, elle avait toujours opposé un refus catégorique. J’eus beau essayé de la séduire par tous les moyens, lui rappelant les moments agréables que nous passions ensemble durant les réunions et les excursions que nous organisions, sans compter les possibilités d’ouvertures que cela offrait de pouvoir rencontrer des jeunes gens intéressants, rien n’y fit.

    Quant au Général, son principal trait de caractère était la discipline, discipline dans son travail en tant qu’officier à la police, discipline dans son peu de communication avec nous et discipline dans l’accomplissement scrupuleux de tout ce qui avait trait à son devoir. Bien qu’en accord avec sa nature, ce jour-là son silence m’inquiéta. Je voyais à son regard qu’il était préoccupé. J’aurais juré qu’il nous cachait quelque chose et que ceci était la cause de son apparente perturbation

    Soudain le silence qui régnait dans la salle de séjour fut interrompu par un vacarme venant de la rue. Des voix clamaient des slogans en faveur de la Grande Allemagne, appelant les ennemis de la nation à quitter le pays. Nous nous précipitâmes vers la fenêtre, le regard rivé vers l’extérieur. Nous vîmes alors un groupe de jeunes du quartier, les traits tirés et les veines saillantes par l’exaltation et la fougue, qui sous la direction de Lucas, scandaient des cris de ralliement contre les adversaires de la patrie.

    Arrivés devant notre immeuble, ils s’arrêtèrent face au magasin de Mayer l’usurier et leurs cris hostiles s’élevèrent encore plus fort sous l’effet de l’excitation. J’aperçus notre voisin et sa famille, terrorisés, qui regardaient par la fenêtre de leur appartement surplombant le magasin. Arrivés face à la devanture, Lucas leva la main leur imposant le silence. Les jeunes se rassemblèrent derrière lui, menaçants. Il pointa le bras vers l’avant donnant ainsi le signal pour l’attaque. En quelques secondes, toutes les vitres du magasin volèrent en éclats donnant ainsi libre cours à la rage des jeunes qui envahirent l’endroit pour un saccage total.

    Lorsqu’ils abandonnèrent les lieux, la rue était entièrement recouverte de débris de vitres qui sous la lumière des réverbères scintillaient tels des

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