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Dilexit nos: Lettre encyclique sur l'amour humain et divin du cœur de Jésus-Christ
Dilexit nos: Lettre encyclique sur l'amour humain et divin du cœur de Jésus-Christ
Dilexit nos: Lettre encyclique sur l'amour humain et divin du cœur de Jésus-Christ
Livre électronique157 pages1 heure

Dilexit nos: Lettre encyclique sur l'amour humain et divin du cœur de Jésus-Christ

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À propos de ce livre électronique

Dans ce texte, le Pape François nous invite à méditer sur les aspects «de l'amour du Seigneur qui peuvent éclairer le chemin du renouveau ecclésial; mais aussi qu'il dise quelque chose de significatif à un monde qui semble avoir perdu son cœur». Le Pape a également expliqué que le document rassemble «les précieuses réflexions des textes magistériels précédents et une longue histoire qui remonte aux Saintes Écritures, afin de reproposer aujourd'hui, à toute l'Église, ce culte chargé de beauté spirituelle».
Comme l'a écrit le père Enrico Cattaneo, professeur émérite de patristique, dans La Civiltà Cattolica, «la spiritualité du Cœur du Christ a été une barrière contre la mentalité rationaliste répandue, qui a alimenté la culture athée et anticléricale», relancer le culte et inviter l'Église à mieux comprendre et mettre en œuvre les différentes formes de dévotion, «d'une grande utilité» pour les besoins de l'Église mais aussi «étendard du salut» pour le monde moderne.
En effet, son prédécesseur, Benoît XVI, soulignait que «ce mystère de l'amour de Dieu pour nous n'est pas seulement le contenu du culte et de la dévotion au Cœur de Jésus: il est aussi le contenu de toute véritable spiritualité et dévotion chrétienne. Il est donc important de souligner que le fondement de cette dévotion est aussi
ancien que le christianisme lui-même ».

À PROPOS DE L'AUTEUR 

Le Pape François, Jorge Mario Bergoglio, premier pape américain et jésuite argentin âgé de 76 ans, est un pasteur, reconnu pour sa simplicité et son engagement envers les pauvres. Né en 1936 à Buenos Aires, il suit une formation en chimie avant de se consacrer au sacerdoce. Ordonné en 1969, il occupe divers postes d’enseignement et de responsabilité, devenant archevêque de Buenos Aires en 1998 et cardinal en 2001. Il incarne une spiritualité humble, invitant à la justice sociale et à la réévangélisation.
LangueFrançais
ÉditeurSaint-Léger Editions
Date de sortie26 févr. 2025
ISBN9782385224127
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    Aperçu du livre

    Dilexit nos - Pape François

    Page de titre

    Introduction

    L’Église catholique a terminé en octobre 2024 un synode préconisé par le Pape François, il s’est déroulé sur plusieurs années et a suscité des élections locales, régionales et nationales. La presse s’en est emparée en mettant au premier plan des questions estimées « révolutionnaires » par des journalistes, telles que l’ordination diaconale de femmes, et les limites du pouvoir des clercs, surtout des évêques. Nous attendons les décisions terminales, dont le texte du Pape, qui aura une perspective normative.

    En fait, les débats y font apparaître les différences culturelles et morales, les attaches diversifiées à la tradition liturgique ou éthique des catholiques à travers l’histoire et la géographie des églises locales dans le monde. Même en ce qui concerne la référence commune au Concile Vatican II, il semble que les lectures divergent et que les interprétations pourraient conduire à de nouvelles ruptures. Durant ces semaines de rencontres et de célébrations il semble que le Pape a laissé les débats et surtout les commentaires des médias se dérouler au gré des désirs et des intérêts des uns et des autres.

    Mais il a vécu ces semaines en prenant de la hauteur autour de l’adoration et du rappel du culte traditionnel du Sacré-Cœur. Pour en saisir le sens, il faut que la synodalité, non sans quelque mémoire de la subsidiarité de la doctrine sociale catholique, soit riche d’une perspective personnaliste qui entend amender les dépendances administratives par des interdépendances de relations en vue d’un projet commun. Il s’agit de « marcher ensemble » vers un but qui appelle adhésion et affection plutôt que soumission et ordre objectif.

    La théologie baptismale du Concile Vatican II, au nom de la filiation chrétienne reçue gratuitement de Dieu comme Père commun, prenait déjà le contrepied d’une perspective administrative de l’appartenance à l’Église. Ce qui devait favoriser en priorité des relations d’interdépendance et d’affectivité, voire d’émotion fraternelle. Alors les raisons du cœur l’emportent sur des relations hiérarchiques et rationnelles. Il en est résulté des appels pour les ministères confiés à des laïcs et non à des clercs seulement, une protestation populaire pour favoriser une égalité de responsabilités entre hommes et femmes, mariés et célibataires, dans les fonctions sacramentelles dotées de pouvoirs religieux.

    Or la tradition de l’Église catholique et romaine n’est pas celle d’une organisation figée, rationnelle et fonctionnelle, mais celle d’un corps, à l’instar d’un organisme vivant, fondé sur la complémentarité des différences. Et parmi celles-ci il y a la primauté du cœur, de l’intériorité, d’une spiritualité issue de la rencontre personnelle. Ce qui conduira le Pape François à contourner les échanges de l’opinion publique en écrivant :

    « La dévotion au Cœur du Christ est essentielle à notre vie chrétienne car elle signifie notre ouverture, pleine de foi et d’adoration, au mystère de l’amour divin et humain du Seigneur, au point que nous pouvons affirmer une fois de plus que le Sacré-Cœur est une synthèse de l’Évangile. » (83).

    C’est ce qui évite au Pape François d’entrer dans une polémique de nature humaine et fonctionnelle en s’ouvrant sur la tradition spirituelle qui depuis les Lumières, mais aussi dès les Pères de l’Église a honoré le Christ dans son Incarnation très concrète et divine. François, le jésuite, présente ici de très belles et nombreuses pages qui rappellent combien les catholiques face aux jansénismes et autres durcissements de la mentalité religieuse ont tenu à honorer le « Cœur sacré » du Christ. N’écrit-il pas ? :

    « Le Cœur du Christ est extase, il est sortie, il est don, il est rencontre. En Lui, nous devenons capables de relations saines et heureuses les uns avec les autres et de construire le Royaume de l’amour et de la justice dans ce monde. Notre cœur uni à celui du Christ est capable de ce miracle social. » (28).

    Certes, l’évêque de Rome n’ignore pas les travestissements de l’image du Sacré-Cœur en certaines expressions des derniers siècles où l’on exaltait dans les églises et sur les drapeaux nationaux des rêves de puissance et de victoires militaires, mais, en revenant à cette expression personnelle et familiale il ose poser l’Église dans le sillage suprême du Cœur de Jésus. L’adoration, la contemplation et la responsabilité communes vont ainsi de pair pour témoigner de l’amour et de la justice en ce monde.

    C’est pourquoi, en marge des débats médiatiques de ces derniers mois, François observera lucidement :

    « Les réformes structurelles dépourvues d’Évangile, les organisations obsessionnelles, les projets mondains, les réflexions sécularisées, les propositions qui se présentent comme des prescriptions que l’on veut parfois imposer à tous. »

    Dans cette recherche séculière de vivre ou du refus de marcher en commun au nom de Christ, François remarquera : « Il en résulte souvent un christianisme qui oublie la tendresse de la foi, la joie du dévouement au service, la ferveur de la mission de personne à personne, la fascination pour la beauté du Christ. » (88).

    L’encyclique Dilexit nos met en relief la hauteur et la largeur de vue de la synodalité comme ouverture et renouveau intérieur du corps ecclésial, en partant non des idéaux du temps mais de l’expérience des siècles où les jésuites eux-mêmes ont apporté « un long courant de vie intérieure », mais aussi de Thérèse de l’Enfant Jésus ou du père Charles de Foucauld : ces chrétiens ont su incarner l’amour du Christ dans la tendresse du cœur des hommes.

    Monseigneur Gérard DEFOIS

    Archevêque-évêque émérite de Lille.

    Citation

    1. « 

    Il nous a aimés

     » dit saint Paul, en parlant du Christ (Rm 8, 37), nous faisant découvrir que rien « ne pourra nous séparer » (Rm 8, 39) de son amour. Il l’affirme avec certitude car le Christ l’a dit lui-même à ses disciples : « Je vous ai aimés » (Jn 15, 9.12). Il a dit aussi : « Je vous appelle amis » (Jn 15, 15). Son cœur ouvert nous précède et nous attend inconditionnellement, sans exiger de préalable pour nous aimer et nous offrir son amitié : « Il nous a aimés le premier » (1 Jn 4, 19). Grâce à Jésus, « nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous et nous y avons cru » (1 Jn 4, 16).

    I. L’IMPORTANCE DU CŒUR

    2. On utilise souvent le symbole du cœur pour parler de l’amour de Jésus-Christ. Certains se demandent si cela a encore un sens aujourd’hui. Or, lorsque nous sommes tentés de naviguer en surface, de vivre à la hâte sans savoir pourquoi, de nous transformer en consommateurs insatiables, asservis aux rouages d’un marché qui ne s’intéresse pas au sens de l’existence, nous devons redécouvrir l’importance du cœur¹.

    Quelle compréhension avons-nous du cœur ?

    3. Dans le grec classique profane, le terme kardia désigne le tréfonds des êtres humains, des animaux et des plantes. Il indique chez Homère, non seulement le centre corporel, mais aussi le centre émotionnel et spirituel de l’homme. Dans l’Iliade, la pensée et le sentiment relèvent du cœur et sont très proches l’un de l’autre.² Le cœur apparaît comme le centre du désir et le lieu où se prennent les décisions importantes de la personne.³ Le cœur acquiert chez Platon une fonction de synthèse du rationnel et des tendances de chacun, les passions et les requêtes des facultés supérieures se transmettant à travers les veines et confluant vers le cœur.⁴ C’est ainsi que nous voyons depuis l’antiquité l’importance de considérer l’être humain non pas comme une somme de diverses facultés, mais comme un ensemble âme-corps avec un centre unificateur qui donne à tout ce que vit la personne un sens et une orientation.

    4. La Bible affirme que « vivante, en effet, est la parole de Dieu, efficace […] elle peut juger les sentiments et les pensées du cœur » (He 4, 12). Elle nous parle ainsi d’un centre, le cœur, qui se trouve derrière toute apparence, même derrière les pensées superficielles qui nous trompent. Les disciples d’Emmaüs, dans leur marche mystérieuse avec le Christ ressuscité, ont vécu un moment d’angoisse, de confusion, de désespoir, de désillusion. Mais au-delà et malgré tout, quelque chose se passait au fond d’eux : « Notre cœur n’était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin ? » (Lc 24, 32).

    5. En même temps, le cœur est le lieu de la sincérité où l’on ne peut ni tromper ni dissimuler. Il renvoie généralement aux véritables intentions d’une personne, ce qu’elle pense, croit et veut vraiment, les secrets qu’elle ne dit à personne et, en fin de compte, sa vérité nue. Il s’agit de ce qui est authentique, réel, vraiment à soi, ce qui n’est ni apparence ni mensonge. C’est pourquoi Dalila déclarait à Samson qui ne lui révélait pas le secret de sa force : « Comment peux-tu dire que tu m’aimes, alors que ton cœur n’est pas avec moi ? » (Jg 16, 15). Ce n’est que lorsqu’il lui confia son secret, si caché, qu’elle « comprit qu’il lui avait ouvert tout son cœur » (Jg 16, 18).

    6. Cette vérité propre à toute personne est souvent cachée sous beaucoup de feuilles mortes, au point qu’il est difficile de se connaître soi-même et plus difficile encore de connaître l’autre : « Le cœur est rusé plus que tout, et pervers, qui peut le pénétrer ? » (Jr 17, 9). Nous comprenons ainsi pourquoi le livre des Proverbes nous interpelle : « Plus que sur toute chose, veille sur ton cœur, c’est de lui que jaillit la vie. Écarte loin de toi la bouche perverse » (4, 23-24). L’apparence, la dissimulation et la supercherie abîment et pervertissent le cœur. Nombreuses sont nos tentatives pour montrer ou exprimer ce que nous ne sommes pas ;

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