Le Drageoir aux Épices
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À propos de ce livre électronique
D'une plume sensible, il met en lumière des portraits de femmes en proie à la misère, aspirant à la bourgeoisie, et rend hommage aux maîtres de la peinture au travers de natures mortes en mots. C'est là un carrefour des genres, des arts et de ses évolutions à venir.
Joris-Karl Huysmans
Joris-Karl Huysmans, nom de plume de Charles Marie Georges Huysmans, est un écrivain et critique d'art français, né le 5 février 1848 à Paris et mort dans la même ville le 12 mai 1907. Principales oeuvres Le Drageoir aux épices. (recueil de prose poétique, 1874). Marthe, histoire d'une fille (roman, 1876). Les Soeurs Vatard (roman, 1879). Sac au dos (nouvelle parue dans Les Soirées de Médan, 1880). Croquis parisiens (poèmes en prose, 1880). En ménage (roman, 1881). À vau-l'eau, (nouvelle, éditions Henry Kistemaeckers, Bruxelles, 1882), avec un portrait de l'auteur dessiné et gravé par Eugène Delatre. L'Art moderne (critique d'art, 1883). À rebours (roman, 1884). En rade (roman, 1887). Un dilemme (nouvelle, 1887). La Retraite de monsieur Bougran (nouvelle, 1888 ; pub. posthume 1964, réédition 2020). Certains (critique d'art, G. Moreau, Degas, Chéret, Whistler, Rops, etc., 1889). La Bièvre (monographie, 1890), Depeyrot, Le Bas du pavé, 2018. Là-bas (roman, 1891). En route (roman, 1895). La Cathédrale (roman, 1898). La Bièvre et Saint-Séverin (monographies, 1898)16. Les Gobelins ; Saint-Séverin (monographies, 1901). Sainte Lydwine de Schiedam (hagiographie, 1901). De tout (recueil d'articles, 1902). Dom Bosco (esquisse biographique, 1902). L'Oblat (roman, 1903). Trois Primitifs (critique d'art, 1905). Les Foules de Lourdes (essai, 1906). Trois Églises (monographie, pub. posthume 1908).
En savoir plus sur Joris Karl Huysmans
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Aperçu du livre
Le Drageoir aux Épices - Joris-Karl Huysmans
Joris-Karl Huysmans
Le Drageoir aux Épices
SAGA Egmont
Le Drageoir aux Épices
Image de couverture : Shutterstock
Copyright © 1874, 2021 SAGA Egmont
Tous droits réservés
ISBN : 9788726860559
1ère edition ebook
Format : EPUB 3.0
Aucune partie de cette publication ne peut être reproduite, stockée/archivée dans un système de récupération, ou transmise, sous quelque forme ou par quelque moyen que ce soit, sans l'accord écrit préalable de l'éditeur, ni être autrement diffusée sous une forme de reliure ou de couverture autre que dans laquelle il est publié et sans qu'une condition similaire ne soit imposée à l'acheteur ultérieur.
Cet ouvrage est republié en tant que document historique. Il contient une utilisation contemporaine de la langue.
www.sagaegmont.com
Saga Egmont - une partie d'Egmont, www.egmont.com
Sonnet liminaire
Des croquis de concert et de bals de barrière ;
La reine Marguerite, un camaïeu pourpré ;
Des naïades d’égout au sourire éploré,
Noyant leur long ennui dans des pintes de bière ;
Des cabarets brodés de pampres et de lierre ;
Le poète Villon, dans un cachot, prostré ; Ma
tant douce tourmente, un hareng mordoré,
L’amour d’un paysan et d’une maraîchère :
Tels sont les principaux sujets que j’ai traités :
Un choix de bric-à-brac, vieux médaillons sculptés,
Émaux, pastels pâlis, eau-forte, estampe rousse,
Idoles aux grands yeux, aux charmes décevants,
Paysans de Brauwer, buvant, faisant carrousse, Sont
là. Les prenez-vous ? À bas prix je les vends.
I
Rococo japonais
Ô toi dont l’œil est noir, les tresses noires, les chairs blondes, écoute-moi, ô ma folâtre louve !
J’aime tes yeux fantasques, tes yeux qui se retroussent sur les tempes ; j’aime ta bouche rouge comme une baie de sorbier, tes joues rondes et jaunes ; j’aime tes pieds tors, ta gorge roide, tes grands ongles lancéolés, brillants comme des valves de nacre.
J’aime, ô mignarde louve, ton énervant nonchaloir, ton sourire alangui, ton attitude indolente, tes gestes mièvres.
J’aime, ô louve câline, les miaulements de ta voix, j’aime ses tons ululants et rauques, mais j’aime par-dessus tout, j’aime à en mourir, ton nez, ton petit nez qui s’échappe des vagues de ta chevelure, comme une rose jaune éclose dans un feuillage noir.
II
Ritournelle
Défunt son homme la roua de coups, lui fit trois enfants, et mourut tout imprégné d’absinthe.
Depuis ce temps, elle patauge dans la boue, pousse la charrette, hurle à tue-tête : Il arrive ! il arrive !
Elle est ineffablement laide. C’est un monstre qui roule sur un cou de lutteur une tête rouge, grimaçante, trouée d’yeux sanglants, bossuée d’un nez dont les larges ailes, des soutes à tabac, pullulent de petits bulbes violacés.
Ils ont bon appétit, les trois enfants ; c’est pour eux qu’elle patauge dans la boue, pousse la charrette, hurle à tue-tête : Il arrive ! il arrive !
Sa voisine vient de mourir.
Défunt son homme la roua de coups, lui fit trois enfants, et mourut tout imprégné d’absinthe.
Le monstre n’a pas hésité à les recueillir.
Ils ont bon appétit, les six enfants ! À l’ouvrage ! à l’ouvrage ! Sans trêve, sans relâche, elle patauge dans la boue, pousse la charrette, hurle à tue-tête : Il arrive ! il arrive !
III
Camaïeu rouge
La chambre était tendue de satin rose broché de ramages cramoisis, les rideaux tombaient amplement des fenêtres, cassant sur un tapis à fleurs de pourpre leurs grands plis de velours grenat. Aux murs étaient appendus des sanguines de Boucher et des plats ronds en cuivre fleuronnés et niellés par un artiste de la Renaissance.
Le divan, les fauteuils, les chaises, étaient couverts d’étoffe pareille aux tentures, avec crépines incarnates, et sur la cheminée que surmontait une glace sans tain, découvrant un ciel d’automne tout empourpré par un soleil couchant et des forêts aux feuillages lie de vin, s’épanouissait, dans une vaste jardinière, un énorme bouquet d’azaléas carminées, de sauges, de digitales et d’amarantes.
La toute-puissante déesse était enfouie dans les coussins du divan, frottant ses tresses rousses sur le satin cerise, déployant ses jupes roses, faisant tournoyer au bout de son pied sa mignonne mule de maroquin. Elle soupira mignardement, se leva, étira ses bras, fit craquer ses jointures, saisit une bouteille à large ventre et se versa, dans un petit verre effilé de patte et tourné en vrille, un filet de porto mordoré.
À ce moment, le soleil inonda le boudoir de ses lueurs rouges, piqua de scintillantes bluettes les spirales du verre, fit étinceler, comme des topazes brûlées, l’ambrosiaque liqueur et, brisant ses rayons contre le cuivre des plats, y alluma de fulgurants incendies. Ce fut un rutilant fouillis de flammes sur lequel se découpa la figure de la buveuse, semblable à ces vierges du Cimabué et de l’Angelico, dont les têtes sont ceintes de nimbes d’or.
Cette fanfare de rouge m’étourdissait ; cette gamme d’une intensité furieuse, d’une violence inouïe, m’aveuglait ; je fermai les yeux et, quand je les rouvris, la teinte éblouissante s’était évanouie, le soleil s’était couché !
Depuis ce temps, le boudoir rouge et la buveuse ont disparu ; le magique flamboiement s’est éteint pour moi.
L’été, cependant, alors que la nostalgie du rouge m’oppresse plus lourdement, je lève la tête vers le soleil, et là, sous ses cuisantes piqûres, impassible, les yeux obstinément fermés, j’entrevois, sous le voile de mes paupières, une vapeur rouge ; je rappelle mes souvenirs et je revois, pour une minute, pour une seconde, l’inquiétante fascination, l’inoubliable enchantement.
Ⅳ
Déclaration d’amour
Je sens sourdre dans mon âme une indicible rage, quand je pense à toi, Ninon. Qu’une fille à qui sa mère a dit : Tu es jeune, tu es belle, tu es vierge, cela se vend ; que cette fille se livre à un libertin riche et tombe de degré en degré aux excès les plus dégradants, je l’excuse ; qu’une fille se donne par amour à un homme qui, après l’avoir mise enceinte, l’abandonne comme un lâche qu’il est ; que cette fille s’étale devant le premier venu pour nourrir son enfant, celle-là, je la plains ; mais qu’une fille bien élevée, qui est à même de gagner honnêtement sa vie, se roule, de propos délibéré, dans toutes les fanges et dans toutes les sanies, celle-là, je la hais et je la méprise.
Entends-tu, ribaude infâme, je te hais, je te méprise… et je t’aime !
V
La reine margot
J’avais
